Récit Marathon de Paris 2017 par Casquette Verte – 03 h 09 min 28 sec.

Brel : « Il faut s’entendre sur le mot réussir. Moi je crois qu’on ne réussit qu’une seul chose. On réussit ses rêves. On a un rêve et on essaie de bâtir. De structurer ce rêve. Alors dans ce sens là, il est exact que j’ai travaillé pour réussir. « 

Ces quelques paroles ont résonné en moi tout le long de ce marathon. Je n’étais pas là pour faire une performance, j’étais là pour continuer à construire mon rêve. Sur le chemin qui doit me mener à la Diagonale des fous, il y avait ce marathon. 03 h 09 min et 28 secondes pour bâtir. Pour continuer à rêver. Pour bâtir mon rêve.

Samedi – 10 h du matin : 

Je commence à avoir mes petites habitudes. C’est dingue comme en 3 ans, je suis devenu un papi du running. Chaussette gauche. Chaussette droite. J’enfourche mon vélib pour rejoindre la porte de Versailles et récupérer mon dossard. 45 min de vélo pour faire tourner les jambes. Pour rentrer dans la course. Pédaler pour mieux courir.

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En arrivant au salon. Je ne ressens plus l’excitation de la première fois. Je n’ai plus l’envie de performer de la seconde. J’ai simplement le sentiment d’être à ma place. Il aura fallu 3 marathons pour me sentir parfaitement dans mon élément. Un runner parmi les runners. Un marathonien parmi les marathoniens.

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Le zig zag qui doit nous permettre d’entrer dans le salon me fait rire cette année. 42 km ne sont pas assez long, il faut transformer les 100 mètres qui nous séparent du hall en 800 mètres (ok. J’exagère). Au bout de ce zig zag, un écran géant sur la gauche montre des images de l’an passé. Une femme au bout d’elle même explique en anglais que c’est le plus beau jour de sa vie. Je me sens éloigné de tout cela. Mon coeur n’est plus perméable aux flots mielleux de sentiments d’accomplissement. C’est triste. Mais c’est comme ça.

Je fournis aux bénévoles (sympa) mon certificat médical et ma convocation. Il se tourne, part chercher mon droit à courir. Fouine. Trouve. Et revenant vers moi me lance un  » Casquette Verte » .. Je me demande pendant un instant s’il m’a reconnu. Je reviens à la raison rapidement en jetant un oeil à l’enveloppe qu’il me tend. J’avais complément oublié que j’avais mis mon pseudo sur le dossard. Mon ego redescend tranquillement.

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Je rentre dans le salon du running. J’ai prévu d’aller essayer des vestes Salomon pour la CCC et la Diagonale. Sur le stand, je rencontre un vendeur cool. Nous parlons Speedcross. Il me donne quelques bons conseils. C’est tout ce que je prendrai.

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Je traverse les autres stands à la recherche des stands de Trails. Ohhhh tiens les Templiers. Déjà fait. AAAAAh la SaintéLyon. Toi aussi. Hihiiiiii, l’Ardéchois Trail. On se voit dans 3 semaines toi ! Au détour d’une allée, je vois au loin ce beau logo bleu et jaune. Ce logo qui siffle à mes oreilles le son du Grand Raid de la Réunion. Je suis attiré. Comme aimanté. Je fonce vers le stand. J’entame la discussion avec les quelques bénévoles présents. Je leur explique mes problématiques logistiques. Ils me donnent des pistes. Je repars. Je pense que je suis amoureux.

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Tout le reste de mon samedi, ce fut Malto et Trail Magazine sur les quais de Seine. Je rentre à 17 h chez moi après m’être fait alpagué par les Marcheurs et la France Insoumise. 20 h, j’entame mon dernier plat de riz de la semaine. Je n’en peux plus. 21 h au dodo. De manière étonnante, pour la première fois, je suis fatigué. J’arrive à m’endormir rapidement. 02 h 42. C’est la troisième fois que je me réveille pour pisser. C’est normal. Alors je le prends avec le sourire. Pas de stress, tout va bien. Je peux continuer à dormir. 04 h 32. Je me réveille en sursaut. J’ai oublié de faire ma traditionnelle photo de mes affaires. C’est pas grave. Je la ferai demain.

06h30 – Jour de marathon. 

Je me réveille. Pour conjurer le sort et ne pas tenter la malchance, je file effectuer mon grigri.

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07 h. Je suis sous la douche. La pression ne monte toujours pas. Je grignote une barre CLIFF. Je me force à la manger. Clairement ces barres sont folles dingo. Mais à sept du mat’, c’est pas du tout mon kiff !

07 h 20. J’enfile mes affaires. Ma casquette est prête. J’accroche mon dossard. Il est de biais. Je détache l’épingle de gauche pour remettre le tout droit. Je regarde dans la glace. C’est maintenant en biais mais de l’autre côté. Je joue à ce petit jeu d’horizontalité pendant bien 10 minutes. Cela me crispe. Je me demande si tous les coureurs ont le même problème ce matin.

07 h 35. Je sors de chez moi. Les rues sont vides. Au loin, quelques coureurs se dépêchent de rejoindre le métro. J’en croise un. Nous nous regardons, les yeux dans les yeux. Il est prêt. Son regard sur moi, me fait dire que je dois avoir l’air trop détendu. Je fais donc semblant d’être concentré. Cela fonctionne.

Je tente par la suite pendant 5 minutes de me concentrer sur la course. J’ai trouvé une nouvelle astuce pas mal. Je ferme les yeux et respire du nez. Toute mon attention se porte alors sur mon entre-narine. L’air froid qui rentre rapidement à chaque inspiration. Puis l’air chaud qui ressort à chaque expiration. Ressentir des va et vient sur cette petite partie de mon corps me fait du bien. Lorsque je commence à me distraire avec les bruits ambiants, je réouvre les yeux. Ca y est. Je suis dans ma course.

07 h 45 – Métro Saint Mandé Tourelle. Ligne 1. 

Sur le quai, quelques coureurs. J’ai un peu froid. Je n’ai ni pull, ni sac poubelle pour me protéger. Je me cache dans un recoin. Le métro entre dans la station. J’avance assurément en jonglant avec ma bouteille d’eau. Les portes s’ouvrent. Une famille sud-africaine est assise, drapeaux et banderoles sur le dos. Ils accompagnent leur père. Nous entamons la conversation. C’est son premier marathon. Il a voulu absolument le faire à Paris et le partager avec sa famille. C’est génial je trouve. Nous parlons du parcours. Je leur dis que le plus dur risque d’être la température. Là, le fils me regarde en souriant. « Tu sais, pour nous, Sud-Africains, ce que tu appelles chaleur aujourd’hui à Paris, c’est limite froid pour nous… ». Nous rions un peu. Je blague en disant que c’est presque un Artic’ marathon pour eux. Nous nous souhaitons bonne chance.

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Plus le métro avance, plus il se remplit de coureurs station après station. J’en repère quelque uns inquiets. D’autres souriants. Et je repère quelques dossards préférentiels. J’ai pris le mauvais défaut de regarder les jambes des dossards préférentiels. La finesse des jambes de ces coureurs m’épate. Moi, plus je cours, plus mes cuisses grossissent. Comment font-ils ?

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Charles de Gaulle étoile. Le métro est plus rempli que quand je vais au boulot. Les quelques voyageurs « normaux » sont un peu déboussolés. C’est drôle. Je serais communicant à la RATP, je tournerais des spots pub les matins de marathon.

08 h 10. Place de l’étoile. 

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La circulation n’est pas fermée. C’est un bordel dingue. Tout le monde va dans tous les sens. Je passe un peu de temps à regarder les gens autour de moi. Beaucoup semblent sous tension. De mon côté, le stress n’est toujours pas monté. J’arrive sur les champs.

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Je commence à avoir très froid. C’est dans ces moments là que j’aimerais avoir des accompagnateurs qui pourraient me prendre mes affaires au moment du départ. Je passe à côté du SAS 04H30. Cela me rappelle des souvenirs. Mon SAS est maintenant 300 mètres plus bas sur les champs. Ca doit être ça, de s’améliorer. 300 mètres sur les champs.

08 H 20. 

J’entre dans mon SAS (03h45). J’ai décidé d’être malin cette année. Je me faufile à l’avant sur le côté gauche. Je sais que les organisateurs vont lancer ce côté avant le côté droit. J’aurai moins à attendre. Petit défaut du côté gauche, les immeubles cachent les rayons du soleil. Je suis à l’ombre. Je me pèle carrément. Heureusement, de la densité des coureurs émane une chaleur. J’en profite.

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08 H 45. 

J’ai fini ma bouteille d’eau. Je me force à prendre ma deuxième barre CLIFF et un premier gel. Le speaker annonce le départ dans 5 minutes. Je ne suis toujours pas stressé. Dans ma tête, je n’ai aucun objectif. Je me dis que je vais envoyé comme à l’entrainement et voir si cela tient.

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08 H 50. Le départ est donné. 

Je pars à mon rythme. A un bon rythme. En 200 mètres, j’ai presque dépassé tous les premiers coureurs de mon SAS. L’avenue des Champs Elysées est drôlement vide devant moi.

En bas des champs, je rattrape un coureur parti en sprint. Il se tourne vers moi et me dit  » Plus que 41 km ». Nous échangeons quelques politesses. Je le sens déjà fatigué. Ca va être difficile pour lui.

Arrivé à la concorde, une dizaine de coureurs me devancent encore. Je pense que j’ai du partir vraiment vite. Ma respiration est calme. Je regarde ma montre. Allure : 04 min 04 sec du km. A l’entrainement, à cette allure, je commence à respirer comme un boeuf. Là, tout va bien.

Je vire à droite sur l’avenue de Rivoli. Au loin, PERSONNE. Un seul coureur 50 mètres devant moi. Je le rattrape rapidement. En passant à sa gauche, je lui lance un  » C’est sympa d’avoir privatiser le marathon pour nous… ». Il ne rit pas. Je le sème. Me voilà donc seul. Complètement seul sur l’avenue de Rivoli. Je ressens ce que les leaders doivent ressentir. Le vide sidéral devant moi m’attire. J’avale le bitume. Je suis bien. Très à l’aise. Au bout d’un moment, vers Châtelet, je trouve que c’est vraiment moins sympa tout seul. Les supporters applaudissent moins. Je me dis qu’à cette vitesse je rattraperai vite le SAS 03 H 30 et que cela redeviendra sympa.

Assez bêtement, je me retourne deux fois sur l’avenue pour voir si je me fais rattraper. Comme si c’était important de rester devant. C’est très con. Il y a 15.000 coureurs qui sont partis avant moi. Toutefois, me retourner m’a permis de voir que j’ai fait un trou conséquent et que personne ne me rattrape. J’ai du partir vraiment fort.

Le bitume me fait mal. Je frappe le sol. Le silence autour de moi, fait résonner le bruit de mes chaussures qui claquent sur l’asphalte. J’aimerais bien voir les Kenyans une fois. Ca doit être un sacré concert de batterie rythmique !

Les pompiers de Saint Paul n’ont pas sorti la grande échelle cette année. C’est dommage. Un peu plus loin sur la droite, je vois des militaires aux aguets en armes. Pour ne rien vous cacher, avant le départ, j’ai crains un attentat sur le marathon. Toute cette foule. Tout ce monde. Je pense que les images de Boston et les événements en France et en Europe ces dernières années m’ont profondément marqués. J’applaudis les militaires.

Bastille en vue, je suis juste derrière les derniers du SAS 03H30. La petite montée vers la place me permet de les rattraper. Je fonce vers les bouteilles d’eau du ravitaillement qui se trouve sur la gauche. J’en prends une et me décale tout de suite à droite de la place. Mon rythme est toujours aussi bon.

Sur le Faubourg Saint Antoine, je commence à entendre des « Oh, les 03h45 sont déjà là ». Je suis assez fier. Je suis le premier de mon SAS. J’ai du mal à y croire. Je m’asperge d’eau la nuque et la face. Je double énormément de monde. Je les largue littéralement. Je cours 75 à 100 % plus vite que les personnes qui m’entourent. C’est assez agréable pour moi, surtout que la route est encore assez large pour ne pas avoir à slalomer.

A la fin du Faubourg, la route tourne sur la droite. Je sais que cela va monter un peu. Vais-je tenir l’allure ? Je vois au loin un jet d’eau qui passe au dessus de la rue. Je commençais à avoir chaud, cela tombe parfaitement. A 15 mètres, le jet s’arrête. Je suis dégouté. J’en rêvais de cette petite douche.

Un peu avant la Caserne de Reuilly, je repère 5 immenses ballons argentés gonflés à l’hélium tenus par une famille. Ils forment ensemble les 5 lettres du prénom MARIE. Elle va kiffer. C’est sur.

Dans la montée, j’enchaine bien. Les coureurs ne marchent pas, mais cela ralentit pas mal. Je commence à devoir zigzaguer. C’est le début de 35 km de slalom entre les coureurs. HiiiiiiiHaaaaa. J’ai l’impression d’être la Tessa Worley du marathon.

Arrivée en haut, je traverse la place à fond. Je sais que cela redescend juste derrière. Personne ne m’encourage par mon Pseudo marqué sur mon dossard, j’entends simplement des « Il y a un 3:45.. » c’est moins sympa. Flattant pour l’ego mais moins sympa.

Dans la descente de l’avenue Daumesnil, sont placés de grands cracheurs de fumée sponsorisés par Asics. Je crois que ce sont des enfants qui pédalent qui les font marcher. C’est innovant. Je traverse la fumée. Elle n’a pas d’odeur.

Porte D’orée. J’ai bien rattrapé les 3H30. Je continue à avoir une allure bien supérieure. Devoir slalomer et faire attention aux autres coureurs commence à me taper sur le système. Je me promets de me mettre dans mon vrai SAS si je reviens sur le marathon de Paris.

Au niveau du ZOO de Vincennes. Je repère les meneurs d’allures du SAS 3H30. Je commence à faire des calculs dans ma tête. Etant donné, qu’ils ont du partir 10 minutes avant moi. Ils font faire 3H30. Alors ça veut dire que je suis entrain de faire du 03H20. C’est dingue. J’ai du mal à y croire. Je ne suis pas fatigué. Ma respiration est tout à fait normal. C’est étrange cette sensation d’aller bien.

A la sortie de Saint Mandé, je sais que mon père doit m’attendre. J’espère qu’il est déjà là. Au loin, je le repère. Je fais des grands signes. Il ne me voit pas. Il doit penser que je vais arriver d’ici 15 minutes. Je siffle. Il me repère. Petite photo. Je lui cris un  » Je crois que je suis premier de mon SAS… ». Il n’a pas entendu. Je continue.

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Nous entrons dans le bois. Dans mon bois. Je connais chaque centimètre de ce poumon parisien. Connaissant bien le lieu, j’accélère.

Devant le château de Vincennes, je vais taper quelques mains d’enfants sur le bord de la route. J’adore ça. C’est tellement génial comme sensation.

Sur la route qui longe le parc floral, j’ai du mal à doubler. Je me retrouve souvent bloqué, pris en sandwich entre plusieurs coureurs. Je suis alors obligé de freiner, de changer de file et de ré-accélérer. Je ne suis pas grognon. Je sais que c’est moi qui ne suit pas à ma place.

Virage sur la droite. Nous longeons maintenant l’hippodrome de Vincennes. Je continue à bien tourner. Mes kilomètres se font entre 04 min 10 et 4 min 30. Je suis assez assidu. Ce sont les petits dénivelés et les routes plus étroites qui me font freiner.

Au niveau du lac de Gravelle, je sens qu’un coureur s’est mis dans ma foulée. C’est une drôle de sensation. Il me tient depuis 3 – 4 minutes. Je ne l’avais pas repéré avant. Je pense qu’il se met en sur-régime. Sur la grande route qui surplombe mon terrain d’entrainement Trail habituel (Sentier Laurent Fignon), je tiens un très bon rythme. Je pense que mon poursuivant a détaché.

KM 18. Le collègue qui m’a mis à la course doit m’attendre à un passage piéton. Je me suis fixé ce moment comme un objectif depuis une grosse demi heure. Il doit me faire le lièvre et m’accompagner quelques temps. Je regarde sur ma gauche. Il n’est pas là. Je pense que j’ai du passé plus tôt que prévu…

Porte de Charenton. La rue qui descend dans le 12eme arrondissement permet à pas mal de coureur de reprendre leur souffle. Je me fais doubler par un coureur pour la première fois du marathon. Ce n’est pas très agréable quand ça fait 20 bornes que vous doublez tout le monde. J’accélère et laisse le doubleur à la Mairie du 12eme.

L’Avenue Daumesnil est longue. Je la connais bien. C’est large, mais pourtant j’ai du mal à me faufiler. J’ai rattrapé le coeur du SAS 3H30. Je prends la piste cyclable qui se trouve sur la gauche de la route. C’est plus simple pour avancer. Je passe le semi marathon. Je viens de le faire en 1 h 30. Joli score. J’ai peur de le payer sur les quais.

Arrivé à la bastille. Clairement c’est la guerre. Beaucoup trop de monde. Impossible d’avancer. Sur la route qui longe le port de l’arsenal, je me retrouve bloqué plusieurs fois. J’opte pour l’option trottoir. Cela fonctionne bien. J’entends un supporter dire « Ah, il y en a qui prennent des raccourcis.. » Ca doit être au moins ça.

Ravitaillement de Sully Morland. J’opte pour la stratégie : 2 bouteilles d’eau et une gros tiers d’orange. L’acidulé de l’orange coule en moi avec bonheur. Je mords dans la pulpe. C’est agréable. Elle me redonne de la force. La première bouteille d’eau me sert à prendre une petite douche. Je suis complètement trempé. C’est génial. Je n’ai jamais pris autant de plaisir sur un marathon.

En arrivant sur les quais de Seine, je fais une « pause pipi ». Désolé Anne Hidalgo. Promis, j’adore ce que vous avez fait des quais. Mais là, j’en pouvais plus. Cette pause de 30 secondes, m’a fait du bien. Le redémarrage est difficile, les jambes commencent à être douloureuse. C’est ça que c’est bon ^^

J’entre dans le tunnel de la Concorde. Il y a peu de lumière. Des coureurs crient, cela résonne. L’ambiance ne résonne plus en moi. Le manque de lumière me met dedans. Je suis dans le soucis. Mes jambes avancent, mais ma tête n’y est plus. Je sors de mon corps pendant deux bonnes minutes. Je pense que je n’étais plus conscient. Juste assez pour doubler les autres coureurs sans prendre de risque. Ce tunnel est long. Trop long. Je vois la lumière au loin. Ca va aller mieux. Je grimpe rapidement la petite montée pour sortir. De la lumière. Des supporters. Je renais !

Sur la droite, juste en dessous du jardin des Tuileries, c’est le retour des ballons MARIE. Coucou toi 🙂

Le soleil commence à taper dure. J’ai sué beaucoup de sel. Ma peau commence à piquer sur mon visage. Une goutte de sueur salée glisse sur mon front et se loge dans mon oeil. Ca pique BORDEL ! J’ai l’impression d’être une huitre dans laquelle on asperge des pincements de citron. Je vous laisse imaginer à quel point c’est agréable.

Nous passons les différents ponts. Cela va mieux. Je commence à croiser des coureurs qui  marchent, des coureurs crampés. Je pris pour que cela ne m’arrive pas. J’ai de mauvais souvenirs de l’EcoTrail. Je bois l’eau qu’il me reste. Avant de passer sous le pont de l’Iéna, je tape des mains sur la gauche. Sans trop m’en rendre compte, je tape de plus en plus fort. J’arrache la main d’un Rugbyman qui n’en est pas à sa première bière. Je n’ai rien senti. Lui non plus.

C’est la cohue au ravitaillement du Trocadéro. Je me fais bousculer par des coureurs pressés. Aller.. c’est pas grave. On n’y pense pas. On continue. J’ai mes deux bouteilles d’eau. Je m’asperge lentement la nuque. Que c’est bon. Il commence à faire particulièrement chaud sur cette partie non abrité du parcours.

J’arrive au Pont de Bir-Hakeim. L’équipe AR locale a pris l’espace. Ils sont au taquet. Un AR Batignoles passe au même moment que moi. Ils l’acclament. Ils sont sympas c’est AR quand même !

Je suis un peu déstabilisé. Les kilomètres ne sont plus au même endroit que la dernière fois. L’an dernier le mur des trente c’était à ce moment là. Non pas que je fatigue.. mais je serai bien content d’arriver vite maintenant. Je continue à un bon rythme.

En bas de la maison de la radio, je croise un camarade d’école. Il a l’air dans le soucis TOTAL ! Je cours beaucoup plus vite que lui. J’aurai bien aimé l’accrocher mais l’écart d’allure est trop grand. Je me sens mal vis à vis de lui. Je lui avais dit que j’y allais molo cette année… que j’allais faire 3h45 tranquillou… et là je le dépasse et le sème en quelques dizaines de secondes. Un peu dur.

Le nouveau tracé de la course dans le 16ième arrondissement est plutôt roulant. Le boulevard Exelmans est sympa à traverser. Il y a beaucoup de supporters sur le bord de la route. Cela change de la montée de Molitor et du tour de Roland Garros complètement vide. Bon, plutôt roulant.. jusqu’au boulevard Suchet. Je ne m’attendais pas à une belle montée à ce moment là. Belle surprise. Les coureurs calent. Moi je file. Je suis vraiment à l’aise. Je regarde ma montre. Il reste 9 km. C’est pas fini ! Je dois tenir.

Gros virage sur la gauche. On rentre dans le bois de Boulogne. Avec l’expérience de mes deux dernières participations, c’est les 4 pires kilomètres du marathon. Cette année, j’ai limite apprécié ce passage. Des supporters sympa, de l’espace pour doubler. C’était parfait. Je commence à faire le point sur mon état physique. La nuque ok. Le dos ok. Les fesses ok. L’arrière de la cuisse gauche commence à être attaqué par les rebonds sur le bitume. Genoux droit pas de problème, genoux gauche « Au rapport chef ». Deuxième petite alerte au niveau de l’avant de mon mollet droit, je mets cette douleur au casier judiciaire de ce satané bitume. Pas d’ampoules. Le souffle ok. On peut continuer.

Virage à droite sur la ligne de droite du bois de boulogne. S’il fallait que je définisse une droite, comme dans mes cours de maths du collège, je montrerai une photo de cette avenue. Heureusement, j’ai rattrapé un groupe de coureurs qui lance son accélération finale. Ils sont dans mon rythme. C’est les premiers que je trouve depuis le début. C’est top. Cela me permet de me reposer un peu. Je n’ai qu’à les suivre. Je prends quelques relais. Nous avançons bien tous les trois !

Denier ravitaillement. AVIS A L’ORGANISATION = C’est une TRES MAUVAISE IDEE de mettre uniquement des gobelets à ce ravitaillement. Il fait super chaud. Tout le monde est à bout. On rêve juste de prendre des petites bouteilles et de pouvoir partir avec. Là avec des gobelets en carton remplis à raz bord, c’est folklorique ! Sur ma première approche je saisis un gobelet. Je cours encore. J’essaie de boire. Tout me tombe sur les chaussures. Pratique… je bois pas par les pieds normalement. Deuxième approche. Je saisis deux gobelets avec la dextérité d’un serveur de pintes. J’arrive à boire la moitié d’un verre. L’autre verre passe dans ma nuque. Je me dis TANT PIS et je repars encore plus vite.

Nouveau parcours cette année, une petite boucle pour passer voir la fondation LVMH. Je vois surtout quelques coureurs décédés sur le bord de la route. Allongés par terre, secourus par la sécurité civile. Courage à eux. Je me demande comment on peut en arriver à ce point là. Je suis un peu à bout, mais franchement ça va encore.

Deux virages sur la droite, et on repart dans le sens inverse. Je passe sur le trottoir. Le monotrace en terre me fait du bien. J’ai l’impression d’être plus sur mon terrain que sur le bitume. Je regarde ma montre. Cela fait moins de 3 h que je cours. Je vois la flamme du kilomètre 40 à 200 mètres. Je fais rapidement le calcul, mais ça devrait dire 3 h 10 à l’arrivée. Je suis très content. Je continue sur mon petit chemin de terre. Mes chaussures trempées récupèrent les poussières. C’est presque du Trail ce marathon :p

Dernier kilomètre. Je ne lance pas tout de suite mon sprint. J’attends de voir la place Dauphine. Bon, je lance pas mon sprint mais je tourne en 4 min du kilomètre. Ca avance bien.

Place Dauphine en vue. J’ai préparé mon coup. Je lance mon sprint. Et comme l’an dernier, je me sépare de la course pour aller voir la foule masser sur la droite à distance des coureurs. Je lance des grands cris. La foule répond. J’adore ça. Mettre l’ambiance sur ce tournant, c’est ma façon de dire merci. Je finis la place en sprint total (j’ai regardé sur ma montre, je monte à 21 km/h ^^).

Dernière ligne droite, le sprint total de la place ma mis dedans. Je tiens bon. J’atteins le tapis vert. Ma casquette verte est bien en place. Je file vers l’arrivée. M’y voilà. M’y voici. Et comme à chaque fois.. 1 … 2 … 3 … VLAAAAAAAN 360 d’arrivée. C’est fait ! J’arrête ma montre.

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Record personnel sur le marathon : 03 h 09 min 28 secondes. 

Allure moyenne : 4 min 27 secondes du kilomètre. 

Vitesse moyenne : 13,5 Km/h. 

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Je n’étais pas venu faire un temps. J’étais venu pour continuer à rêver. Je suis très fier c’est clair. Mais je reste calme. Beaucoup de gros défis sont à venir. (Ok. J’avoue, j’aurais fait 9 minutes de moins, j’aurais officiellement demandé la nationalité Kényane). Maintenant, rendez-vous dans 3 semaines pour l’Ardéchois Trail. Ca va être autre chose ^^.

Merci à l’organisation pour ce super marathon. Merci aux supporters pour l’ambiance toute particulière qu’ils savent mettre et qui fait tellement de bien. Et enfin BRAVO à tous les participants !

« Il faut s’entendre sur le mot réussir. Moi je crois qu’on ne réussit qu’une seul chose. On réussit ses rêves. On a un rêve et on essaie de bâtir. De structurer ce rêve. Alors dans ce sens là, il est exact que j’ai travaillé pour réussir.  » Casquette Brel ! 

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Casquettement Verte. Bise !

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Inscription au Marathon de Paris 2017 : La course avant la course. 

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7 h 29 ce mercredi 6 avril. Jour d’inscription au marathon de Paris 2017. Une amie se lance dans l’aventure marathon. Je suis sûr qu’elle a passé la nuit à y penser. Au réveil, elle m’envoie :

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Je trouve ça mignon. Cela me rappelle ma propre inscription l’an passé.

Il est alors 03 h du matin, lorsque je rentre de soirée. Cela fait maintenant deux semaines que j’hésite entre relever le challenge et attendre un an de plus.

Seul, devant mon ordinateur je regarde une vidéo embarquée d’un participant. Je suis très étonné. Celui ci ne ressemble pas du tout au stéréotype du marathonien que je me suis toujours imaginé. D’ailleurs, il me ressemble.

Je traine sur le site officiel du marathon.. La course.. Présentation.. Chiffre clés.. Le salon.. Certificat médical.. S’inscrire.. Infos pratiques.. Vidéos.. S’inscrire.. Galerie.. S’inscrire.. Je crois avoir passé 45 minutes à lire chaque page du site avant de me lancer :

Étape 1 : Créer un compte A.S.O Challenges tu devras !

Petit tour sur leur site. Il y a beaucoup de courses. Plusieurs disciplines. Plusieurs villes. Je me dis que tout cela est vachement bien marketé.

Étape 2 : Tes informations personnelles tu saisiras !

J’ai l’étrange impression que la moindre erreur peut être éliminatoire. De toute manière, il est déjà trop tard. La maladie running m’a envahi. … Je dois choisir mon SAS de départ. Je sais avoir couru dernièrement mon record de distance : 20 km en 2h.. Je tente une règle de trois.. Rajoute 30 minutes histoire d’être sûr.. Mon choix est fait : SAS 04h30.

Étape 3 : Le prix .. tu paieras !

Bon que l’on soit bien clair. Le marathon de Paris, rapporté au kilomètre c’est pas donné. Mais ce jour là, au moment de cliquer sur Valider, je ne prends plus en compte le prix. Mon excitation est en train d’atteindre un pic. Je suis sur le point de m’inscrire à un marathon. Je pourrais dire plus tard  « Papi est marathonien ». Bon d’accord, je risque de passer pour un taré auprès de mes proches. Mais on s’en fout ! On n’a qu’une vie ! Osef ! Je valide.

7 h 55 ce mercredi 6 avril. Jour d’inscription au marathon de Paris 2017. Mon amie semble connaître elle aussi cet état d’excitation totale. Je sens que la pression monte. Elle me renvoie un sms.Capture d’écran 2016-04-06 à 20.57.04

8 h. Je suis dans la salle de bain. Je regarde mon portable. Pas d’autres messages. Serait-elle déjà inscrite ? Dites-moi ; n’y serait-elle point encore ? Nenni. L’y voici donc ? Point du tout.

 

8 h 05. L’y voilà ? Elle n’en approche point. Mon amie partage avec moi son désespoir.. Elle attend. Je sais qu’énormément de personnes, tout comme elle, sont actuellement en train d’attendre sur cette fichue waiting page. Pour faire passer plus vite le temps qui passe, nous partageons quelques sabliers.

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08 h 08. Son impatience est contagieuse. Moi qui n’avait rien demandé. Je me retrouve à enfler, à enfler.. si bien que j’en crève… D’un coup d’un seul, je me dis « Bon, aller, pourquoi pas, pourquoi pas moi l’an prochain ». Je cours dans ma chambre. J’allume mon mac. Je fonce sur le site d’A.S.O Challenges. Pas le temps pour faire de la lecture. Ni une, ni deux, je bondis sur l’espace d’inscription. Étape 1.. Connexion.. Étape 2.. Informations.. je connais ! Et…….Bordel, moi aussi je me retrouve bloqué sur la waiting page.

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8 h 15. Je rafraîchis la page. Rien ne se passe. Je reçois un dernier sms de mon amie :

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.. Bien vu Sherlock Holmes !

J’imagine déjà la communication sur Twitter et Facebook de @ParisMarathon : « Déjà plus de 5000 personnes se sont lancées le défi du marathon de Paris 2017.. Pourquoi pas vous ? ».

8 h 20. Rien ne se passe. Mon SAS de départ pour le boulot va bientôt fermer. Je dois le rejoindre. J’enfile une écharpe. Me tourne une dernière fois vers mon mac. Tant pis pour ce matin. Je tenterai ma chance tout à l’heure en arrivant au boulot.

Arrivé au boulot. Je m’empresse d’allumer mon PC. « Mise à jour de votre session – Elément 1 sur 77 – Veuillez patienter.. » Je me disais aussi, cela aurait trop simple !

09 h 57. Je tente ma chance. Je transperce l’étape 1. Je triomphe de l’étape 2. Me voilà à nouveau en face de la Waiting page.. Une minute passe.. Puis deux.. Je commence à me demander si je ne ferais pas mieux d’actualiser la page ?! « Mais si j’actualise cela risque de me ramener à l’étape 1. » Tant pis.. je prends mon courage à deux doigts.. « Clic .. clic.. ». La page disparaît. Devant moi que du blanc. Les secondes deviennent des heures. Lorsque tout à coup. Délivrance. Le prix s’affiche. Je n’ai jamais été aussi heureux de choisir entre Visa et MasterCard. Numéro de carte. Date d’expiration. Crypto. Je paie le prix de ma délivrance. 99 €..

Putin.. 99 €. 650 francs. À ce prix là, quelques années auparavant j’obtenais ma Game Boy Color 499frcs et mon jeu Pokémon en sus. Maintenant pour ce prix je me libère de la souffrance d’être runner.

10 h 06. Ma montée d’adrénaline se termine. L’excitation de la première fois n’est plus là. Elle me manque. Je ne ressens que la fierté d’un devoir accompli. Comme si j’avais simplement tenu ma parole. Le marathon de Paris est devenu un rendez-vous annuel auquel je ne peux pas posé de lapin.. Auquel je ne peux pas dire « Non, pas ce soir ». C’est ancré dans mon ADN : le premier dimanche d’Avril c’est Marathon de Paris.

10 h 50. Mon amie a réussi à s’inscrire. Objectif SAS 4h30. Je suis heureux pour elle. Elle va enfin vivre tous ces fabuleux moments de doute.. Toutes ces merveilleuses hésitations.. Tous ces instants d’amertume qui l’ont poussé à avoir un but !

Elle se demande #DansQuoiJeMeLance. Ben je vais te dire dans quoi tu te lances. (Je sais qu’elle lit ce post). Tu te lances dans un long fleuve pas tranquille.. Dans la peau d’un coureur de fond.. Un long dimanche d’avril.
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Je crois en toi ! Tu vas le faire petite dame💪

Pour moi ça sera SAS 03h45. 5 minutes de moins que mon temps cette année. Je ne pense pas pouvoir descendre en dessous. D’autant plus que je sais que l’EcoTrail de Paris aura encore lieu deux semaines avant. Tiens l’EcoTrail 2017.. Les inscriptions ne commencerait-elle pas bientôt ? J’ai une matinée à gâcher..

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Récit : Mon marathon de Paris 2016 – La course.

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Dimanche 4 avril. Il est 7 h. Je me lève et fonce à la cuisine chercher une bouteille d’eau.

J’enchaine avec une grosse douche bouillante. Dans deux heures, je devrai avoir rejoint mon SAS (objectif 4h). Départ prévu pour 09 h 40. Je n’ai aucune pression aujourd’hui. Il faut dire que ce n’est pas mon premier marathon.

Le jour vient de se lever. Je finis de m’habiller. Il fait un peu froid dehors. J’hésite à prendre un vieux pull que je jetterai au moment du départ.

Finalement, je pars sans pull. Au bout de la rue, je me rends compte que j’ai oublié ma montre. Petit A/R chez moi. Cela me permet de courir 20 secondes. J’ai vraiment mal au péroné. Je me demande si cela va tenir !

Arrivé au métro, je vois au loin quelques collègues stabilos. Plus le métro avance, plus le nombre de stabilos augmente. Les discussions entre les coureurs s’engagent. A Bastille, deux mecs qui finissent leur soirée montent dans la rame quelque peu hallucinés par la faune locale. Je les rassure : « Les gars .. vous êtes pas complètement défoncés. S’il y a vraiment beaucoup de stabilos dans le métro c’est par ce qu’aujourd’hui c’est le Marathon de Paris ».  En descendant à Concorde l’un des deux me lance « Bon courage mec.. nous on va se coucher ». Sympa les fêtards parisiens !

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Charles De Gaulle Etoile tout le monde descend. La place est envahie par des milliers de runners qui veulent se faire un selfie avec l’arche. La police est là mais la circulation n’est pas coupée. On frôle l’accident plus d’une fois.

Je rejoins mon SAS de départ. Beaucoup de policiers et de militaires sur les champs. Je suis rassuré. Je sais que j’ai quelques collègues dans mon SAS. Je tente de les chercher cinq minutes puis j’abandonne.

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25 minutes avant le départ, on entend au loin les 10.. 9.. 8.. 7.. des autres SAS. Je sais que les coureurs qui partent à ce moment là sont des vrais warriors surhumains !

Le SAS commence à être bien rempli. La population est assez mixte et très hétérogène au niveau de l’âge. Devant moi, trois brésilliennes de Rio de Janeiro venues entre copines participer au Marathon de Paris. Elles ont l’air ultra entrainées. Je les encourage avec un magnifique « Let’s Go Brazil ». Elles se retournent vers moi avec un grand sourire l’air de dire « Merci gros beauf ! ». Derrière moi, papi runner rassure sa petite fille qui fait son premier marathon « Tu vas y arriver, il y a pas de raison ». Cette course est vraiment humainement belle.

5 min avant le départ, j’avale un gel et une pâte de fruits. Mon SAS avance pour prendre place dans l’espace de départ. Je n’essaie pas de me faufiler cette année. Je sais que cela ne sert à rien. A la place, je surveille mes pieds pour ne pas glisser sur un gel, une bouteille ou un sac poubelle abandonné. Je passe au toilette et tente de revenir vers le milieu de l’avenue.

09 h 40. Départ de la partie gauche de mon SAS. Je suis dans la partie droite (pour changer). Commencent alors les 10 minutes les plus longues du marathon. Toute la partie gauche de l’avenue s’élance alors que nous, nous restons planter là. Les gens s’énervent un peu. Une sensation d’injustice commence à se faire sentir. Heureusement l’animatrice à l’accent brézilien annonce notre départ dans 30 secondes.

  • 10 .. J’enfile mes écouteurs
  • 9.. Je lance la musique (Celine Dion – Pour que tu m’aimes encore ..) j’aurais du préparer une playlist bordel !
  • 8.. Je regarde sur la gauche, il y a une caméra de TF1. Je lance un gros ALLER LA en espérant passer à la télé et que mes grands parents me voient.
  • 7.. La nana à droite me bouscule.. T’inquiète pas cocotte on va tous partir 😉
  • 6.. Allez là, lâchez les fauves j’en peux plus.
  • 5.. J’ai oublié d’allumer ma montre. Décidément, elle m’aura fait chié celle là.
  • 4.. J’allume ma montre et lance une course.
  • 3.. Le message « GPS prêt » s’affiche directement. D’habitude il faut 15 minutes au minimum. Je me demande si GARMIN s’arrange pour placer les satellites au dessus des grandes courses comme le marathon de Paris.
  • 2.. Bon, il faut pas abandonner.
  • 1.. Je m’amène jusqu’au kilomètre 30 et après ma course commence.
  • GO.. c’est parti pour 42,195 km de bonheur.

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Il m’aura fallu deux marathons pour passer au 13 h de Jean-Pierre Pernaut.

Cela fait cent mètres que je cours sur la plus belle avenue du monde. Il fait un grand soleil. Que Paris est belle en ce jour de marathon. Tout est parfait. Enfin tout est presque parfait. Je me rends compte que le short que je porte habituellement tombe à cause du poids des gels. Je cours sur les champs et j’ai le futal qui tombe bordel ! Je me tripote les cordons et réussi à le serrer assez pour ne pas qu’il tombe.

« .. Fallait pas commencer, m’attirer, me toucher. Fallait pas tant donner, moi je sais pas jouer ». Après 1 min 43, Celine m’a soulé. Je me dis que l’ambiance du marathon est trop cool pour écouter de la musique. J’enroule les écouteurs dans mon buff autour de mon cou. Cela me dérange un peu mais au moins je profite de l’ambiance du bord de course.

Après 1 km, il fait vraiment super chaud. J’ai bien fait de prendre un simple T-shirt / Short. Les immeubles qui surplombent les Tuileries font de l’ombre sur  cinq mètres à gauche de l’avenue. Beaucoup de coureurs s’y réfugient. Je fais de même.

J’étais parti 1 minute après le troisième meneur d’allure. Je le rattrape et le dépasse. A partir de maintenant je suis serein. Tant que lui est derrière et qu’il le reste je serai sous les quatre heures à l’arrivée.

En participant à la SaintéLyon et l’EcoTrail j’ai pris l’habitude de remercier et d’applaudir les bénévoles sur le bord de la route. Me voilà donc lançant des « Merci, bonne journée » à chaque croisement de rue gardée par des bénévoles. Certains, un peu étonnés me répondent « Euuh .. Ah vous aussi ?! ». Arrivée à Palais Royal, je vois au loin trois militaires en armes. Je repense à ce qui s’est passé le 13 Novembre dernier. Je les applaudis en passant. Un hochement de tête en réaction. L’esprit du 11 Janvier est toujours dans les rues de Paris.

Kilomètre 3 : Un supporter du bord de route lance un « Plus que 39 kilomètres, vous y êtes presque ». Cela me fait rire. Cela pourrait être moi. Abruti va !

Je commence à faire ma course dans ma tête. « Ralenti.. va pas trop vite.. l’an dernier tu t’es écroulé au trentième.. ». Je commence à me fixer la stratégie suivante : Je cours au dessous de mon 100 % jusqu’au kilomètre 30, je tiens jusqu’à la fin de la montée de Molitor et celle qui longe Rolland Garros & l’hippodrome de Longchamp puis au tournant dans le bois de Boulogne je tente d’accélérer. En gros, dans ma tête ma course commence au kilomètre 30.

Kilomètre 4 : Je traverse Saint Paul. Les pompiers ont installé la grande grue au dessus de la route. C’est super sympa. Je me dis qu’il y a encore beaucoup de monde sur la route cette année. Heureusement l’avenue est large et les SAS sont partis en décalé. Je vois le ravitaillement au loin. Je fonce attraper une petite bouteille d’eau et me dégage le plus vite possible de cet enfer.

Kilomètre 5 : A la sortie du ravito, l’avenue se rétrécie de moitié. Il y a énormément de supporters sur les côtés. Je me passionne alors dans la lecture des panneaux « Allez Paul ! » « Vas-y Papa » « GO Maman » « Bravo les champions » « Paul, on est tous avec toi ».. Paul a apparement beaucoup de supporters !

Kilomètre 7 : Sur la montée jusqu’à la place Daumesnil je cours pendant deux minutes à côté d’une banane. Le mec est super courageux. Courir un marathon c’est dur… mais alors courir un marathon sous un soleil de plomb déguisé en banane c’est très courageux. En plus, les supporters voyant une banane lancent tous des « Vas-y la banane ! ». Cela devient lassant. Avant de larguer ce fruit courant, je me rapproche de lui et lui demande son prénom. La banane s’appelle Damien. J’entends à nouveau un supporter crier « Bravo la banane ! », je rétorque « Il a un prénom.. Allez Damien ! ».

Kilomètre 9 : Nous sommes dans la descente de l’avenue Daumesnil. Je connais par coeur ce passage. Je cours toujours ici lors de mes sorties. Je sais qu’il est possible d’accélérer sur la première partie, mais qu’il ne faut pas s’emballer car cela remonte directement après en direction du Zoo. Tout à coup, une odeur de poulet rôti émane du marché sur la droite du parcours. Si seulement je connaissais le nom de la personne qui a autorisé le marché ce jour de marathon…

Kilomètre 10 : Faisons un point sur les ravitos. Même si cette année encore ce fut l’enfer, j’ai l’impression qu’il y avait du mieux. Plus long.. Plus de débit.. Je n’ai pas trop eu de mal à récupérer une bouteille à chaque ravitaillement. En plus, j’adore le bruit des bouchons qui tombent sur l’asphalte durant les 100 mètres qui suivent. J’aime aussi beaucoup le fameux jeu du panier, où tous les coureurs tentent de lancer leurs bouteilles dans les grosses poubelles vertes. D’ailleurs un conseil à ceux qui ne veulent pas se prendre un headshot par une bouteille lancée : Ne pas courir à proximité des poubelles vertes. J’ai vu un coureur s’en prendre une pleine tête. Il avait pas l’air super ravi.

Kilomètre 11 : Je sais que mon père m’attend sur le bord de la route au bout de Saint Mandé. Je vais enfin pouvoir abandonner mes écouteurs et mon bluff (dans ma main gauche ci-dessous). Je ne m’arrête pas pour discuter. Je me sens bien cette année, je n’ai pas envie qu’un arrêt un peu trop long m’empêche de repartir à la même allure.

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Kilomètre 12 : Sur l’esplanade devant le château de Vincennes beaucoup d’enfants tendent la main. Je ne peux plus me lancer dans un marathon sans l’objectif de taper dans la main de tous les enfants que je croise. J’adore ! Cela me donne l’impression d’être un héros. Pour continuer dans ma façon d’être un peu fantasque, à chaque tape dans la main je crie « Aller champion ! » et je m’imagine dire « Tu sais petit, dans quelques années tu seras surement à ma place.. tu vas voir c’est génial ! ». Petite anecdote, vers le parc floral j’ai tapé dans la main d’un petit garçon, qui s’est de suite retourné et a essuyé la sueur des trois dernières tapes dans la robe de sa maman.

Kilomètre 14 : Je vais toujours aussi bien. Je prends du plaisir à courir. Je n’ai pas lancé ma bouteille, je bois une dernière gorgée. Le plastique qui entoure la bouteille se barre. C’est chiant. Est-ce que c’est vraiment utile d’un point de vue de la marque que toutes les bouteilles aient encore le packaging. Je me pose la question. Est-ce que la marque ne gagnerait pas plus à enlever le packaging en plastique et à communiquer sur son engagement environnemental ?

Kilomètre 16 : Les associations qui animent le bord de route sont vraiment au top. L’ambiance est vraiment super. Cela fait passer les kilomètres plus vite. Et mon association préférée c’est l’association gay que l’on retrouve dans le bois de Vincennes au kilomètre 16 (et dans le bois de Boulogne aussi je crois). Un bon gros Y..M..C..A.. chorégraphié par des mecs d’1m80 vêtus de cuir et de boas roses. Cela fait oublier la douleur  du bitume et la chaleur qui pique la peau.

Kilomètre 19 : Je rattrape le deuxième meneur d’allure du SAS 4h. Il est parti à peu près cinq minutes avant moi. Je commence à croire au fait que mon objectif moins de quatre est possible. Je remarque que beaucoup de coureurs suivent vraiment le meneur d’allure. Je me dis que cela doit être une bonne technique quand tu cours vraiment à 100 % pour tenir ton objectif. Personnellement, je ne me vois pas courir dans cette meute. J’accélère.

Kilomètre 20 : Enormément de supporters Rue de Charenton. J’entends beaucoup de « Bravo Alexandre » « Allez Alexandre ». C’est définitif, je déteste mon prénom !

Kilomètre 22 : Je remercie les quatre mecs avec des grandes pintes de bières sortis du bar juste à la fin de l’avenue Daumesnil et plus particulièrement à celui qui m’a lancé un « Aller dans vingt bornes grosse pinte ! ». Toi, tu sais comment me motiver 😉

Kilomètre 23 : Depuis la Bastille je profite à fond des supporters. Je vais taper des mains au bord de la route, je lance des « Po.. Po.. Po.. Po.. Po.. Po.. Polala.. Olé ! » cela fonctionne. J’oublie petit à petit que je cours. Vers le fond du port de la Bastille je vois au loin un drapeau du PSG. Je me rapproche et lance un gros « Aaaaaaaaallez Paris ! ». Le petit groupe me répond « Paaaaaaaaris est Magique ! ». En tournant sur la droite, je commence à me dire qu’il faut que je me concentre pour ne pas sortir de ma course. Dommage, un drapeau suédois est là .. je suis obligé .. « Alleeeeeëeêz ZLATAN ! ».

Kilomètre 24 : Sur les quais, le soleil tape fort. Je commence à souffrir de la chaleur. Comme tous les 10 km je prends un gel et une pâte de fruits pour passer le temps. Cela fait longtemps que je ne me suis pas fait doubler. Je regarde sur ma gauche, sur ma droite. Je cours plus vite que les autres. Sur ma droite, un homme qui doit avoir autour de 55 ans a une petite pancarte dans le dos « 112ème marathon ». Je le félicite et le double.

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Kilomètre 24.5 : Petite dédicace à des potes. IZI !

 

 

Kilomètre 28 : Je commence à être dans le dur. Les ponts qui longent la seine sont vraiment très casses-pâttes. Chaque descente et chaque montée tapent dans les genoux. La dureté du bitume commence à remonter dans l’arrière des cuisses. Ca sent la fin. Heureusement, il y a les supporters à chaque entrée et sortie de tunnels. Leurs « C’est génial ce que vous faites » « Bravo les champions » « Vous y êtes presque » me motivent à rester sur le même rythme.

Kilomètre 30 : Je me rappelle de l’animation du mur des 30 de l’an dernier. Deux pancartes géantes ressemblant à … des murs. L’an dernier à ce moment là, je marchais déjà, j’avais mal et je commençais à sentir les crampes venir. Cette année, tout va bien. Il n’y a que les pancartes qui n’aient pas changées.

Kilomètre 30.5 : Le fameux stand Isostar. Alors bon, outre éviter d’en boire, cette année j’ai aussi évité de marcher dedans. Et oui, c’est certainement très efficace mais bordel cela colle sur les 300 mètres suivants. Echec de l’esquive. Mes chaussures vont « Scrooochp Scroooochp ». C’est très chiant.

Kilomètre 31 : Juste avant d’attaquer la montée de Molitor, un groupe chante Wonderwall d’Oasis. Je chante avec eux « Because maybe.. You’re gonna be the one that sales me ». Dans la montée je croise un type avec une philosophie de course à part. Il disait « Là tu vois ça descend doucement sur 150 mètres puis ça va descendre encore plus après sur 200 mètres ». J’aime cette philosophie de certains coureurs qui savent donner à la difficulté un goût un peu moins acidulé. Après l’avoir répété à haute voix trois fois, une nana lui répond « Ta gueule, ça monte putin ! ».

Kilomètre 33 : Fin de la montée de Molitor. Je crève de chaud. Je n’ai plus d’eau. Le prochain ravito est loin. Mes yeux tombent au loin sur un arc en ciel formé par le soleil sur le jet d’eau des pompiers. Je fonce jusqu’au jet, ralenti pour le traverser et profite de l’humidité sur les 200 mètres suivants. Quel soulagement. A droite, Rolland Garros. Cette année encore j’ai oublié de prendre des places. Je regarderai le tournoi à la télé. Tant pis pour moi.

Miles 21 : Dans le tournant avant la montée de l’avenue de la porte d’Auteuil  un groupe de musique chante Time is Running Out de Muse.. Je fonce prêt d’eux l’index et l’auriculaire dressé pour former les cornes du diable et je reprends le début du refrain « Bury it. I won’t let you bure it ». Quel kiff ce son.

Kilomètre 35 : Dernière montée avant de rentrer dans le bois de Boulogne. C’est dur. Ca tire. Mais c’est bientôt la fin. Je le sais car il y a de plus en plus de personnes qui marchent, qui s’étirent et qui se motivent à haute voix. Une ambulance crie « Garder votre droite, ceci est un véhicule de secours ». C’est la troisième en cinq minutes.

Kilomètre 37 : Plus personnes ne parlent. Il y a peu de supporter à cet endroit. Ce kilomètre est vraiment difficile moralement. Mais le suivant est encore pire : une longue ligne droite d’un kilomètre cinq débouchant sur le dernier ravitaillement. J’y prend une dernière bouteille, j’avale un dernier gel et une dernière pâte de fruits.

Kilomètre 41 : Le bord de route crie. L’ambiance galvanise le corps et stimule les jambes. J’accélère. J’ai oublié la souffrance du bitume. Je lève la tête. Je jette un oeil à ma montre. L’objectif va être rempli.

Kilomètre 41.8 : Je lance mon sprint. Je dépasse tout le monde. Quelle sensation de puissance ! Arrivé sur la place Dauphine, je fais exprès de passer au bord de la foule quitte à me rallonger pour récupérer la force de leurs acclamations. Dernier virage à droite avant la dernière ligne droite. J’hurle sur la foule qui me répond en hurlant encore plus fort, c’est le meilleur moment de mon marathon.

Kilomètre 42 : Je déboule sur la dernière ligne droite. Tout à coup mes jambes n’y arrivent plus. Je sens que je vais tomber dans les pommes. Je me parle à moi même « tu vas quand même pas faire un malaise maintenant ? ». Je faillis de vomir deux fois. Je me dis que cela aurait été classe sur la vidéo. Je regarde ma montre, 3 h 49 min 50 secondes. Je sprinte pour arriver avant les 3 h 50 min.. Je passe la ligne. J’essaie de ne pas craquer car je sais que les caméras tournent. Petite dédicasse à des potes. J’arrete ma Garmin. J’ai fini mon deuxième marathon en moins de 4 h. Je suis très fier. Maintenant, j’ai mal !

Kilomètre 42.2 : Mes jambes tremblent. Je m’arrête plusieurs fois pour m’accroupir. Je refais dix mètres, je m’arrête à nouveau. Cela fait dix bornes que je rêve de m’arrêter pour pisser. J’ai hésité quelques fois à m’arrêter dans le bois de Boulogne mais j’avais trop peur de la relance. Je repère des toilettes dans l’espace sécurité. Je demande à un mec de la sécurité si je peux y aller. Il me répond « Il y a des toilettes au fond juste après les médailles ».. Je le hais, mais n’insiste pas.

Kilomètre 42.4 :  Je récupère mon T-shirt de finisher. Je récupère la médaille. J’adore ce moment où un inconnu te passe autour du cou le bandeau de la médaille et te dit bravo. Je me mets à sa place, cela doit être chiant au bout de dix minutes quand même.

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Kilomètre 42.5 : Je m’assis sur le bord d’un trottoir pour reprendre mes esprits. J’enlève le mode avion de mon iPhone. Je l’avais mis à 08 h en partant de chez moi. Je reçois pleins de SMS d’encouragements. Je réponds d’un simple « C’est bon. Autour 03h50″ à tous mes proches. A ma droite un papi téléphone à sa femme. Il lui dit qu’il est bien arrivé, mais qu’il a énormément souffert à partir du kilomètre 20. Je suppose que sa femme lui a dit « mais en soit ça va ? » car il a répondu « Tu te rappelles quand tu m’as dit oui ? Et bien ce jour tu as dit oui à un bonhomme ! Je prends le bus, je suis là dans 15 minutes » #CEstQuiLePatron.

L’After Marathon : Après 10-15 min de repos, une pote m’appelle pour les rejoindre sur une péniche du bord de Seine vers le pont Alexandre III (@Rosa Bonheur Sur Seine). Ca me tente. Je descends l’avenue Foch les yeux dans mon téléphone en Instagramant – facebookant et Twittant. Arrivé à la place Dauphine je lance un regard vers les coureurs. Je repense à ce très bon moment juste avant l’arrivée. Bravo les champions. Je prends le RER, une jeune femme de 24 ans marathonienne elle aussi s’installe en face de moi. On refait la course. On partage nos impressions. Elle, c’est une coureuse de semi et de 20 km. Moi, je suis plutôt un marathonien/trailer. Nous ne parlons pas tout à fait le même langage, mais nous avons le même ressenti positif sur cette édition 2016 du marathon de Paris. Je descends à Invalides. Je rejoins mes amis dossard et médaille de finisher au vent fier comme un coq. Quelques pintes auront raison de moi.

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Marathon de Paris 2017 à nos deux. RDV mercredi 6 avril pour les inscriptions.

 

Récit : Mon marathon 2016 – L’ avant course.

 

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Nous sommes le samedi 19 mars. Je suis au premier étage de la Tour Eiffel. Je viens de terminer l’EcoTrail 80 km en 10 h 18 min. Je me dis « PLUS JAMAIS CA » .. Et pourtant, je le sais, dans deux semaines je cours le Marathon de Paris.

Dans ma tête, cela fait un an, depuis mon premier marathon (en 2015) que je m’entraine pour descendre sous la barre fatidique des 4h.

Il me reste donc deux semaines, pour récupérer de mon 80 km et pour finir de préparer le marathon. En prévision :

  • Une sortie dans la semaine qui vient (mercredi ou jeudi)
  • Une sortie longue le dimanche qui vient
  • Une dernière sortie 4 – 5 jours avant la course.

Mercredi 23 mars, comme prévu je fais une petite sortie après le boulot. 10 km, moitié bois de Vincennes, moitié Paris 12ème. Les sensations sont bonnes malgré les quelques douleurs qui me restent de l’EcoTrail.

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Dimanche 27 mars. Le temps n’est pas terrible aujourd’hui. Le ciel alterne entre très beau soleil et tempête de grêle. Il est 16 h. Je n’ai plus le choix. J’enfile les affaires que j’ai prévu de mettre pour le marathon et je sors. Je n’ai pas fait 250 mètres quand une averse de grêles me tombe dessus. Je m’abrite dans un abris-bus le temps que l’ondée passe. Arrivé au bout du bois de Vincennes je décide de partir vers les bords de Seine. Et là en traversant les rails du tramway je me vautre comme une m…. sur le tranchant du trottoir.

Ma jambe est bien égratignée mais j’ai surtout très mal au niveau du péroné et dans le genou. Je crains de m’être cassé quelque chose. Je m’insulte « Quel con ! » – « Il y a que toi pour te viander une semaine avant le marathon ». Je rentre chez moi.

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Et c’est parti pour quelques jours de massages à base de Voltarène. Les jours passent, le mal reste. Pour ne rien arranger, ma famille et mes amis ont tous décidé de me dire le désormais fameux « Tu devrais peu être pas le courir ce marathon.. » – « T’es sur que ça va le faire ? »… Bien sur que non je ne sais pas si ça va le faire, mais j’espère. J’en viens à hésiter. Etre prudent, ce n’est pas trop mon genre d’habitude. Il faut que je me teste, vite.

Mercredi 30 mars, bon j’ai mal. C’est peu être une connerie mais il faut que je me teste. Il faut que je vérifie si cela va être difficile ou très difficile ce dimanche. Petite sortie de 10 km, le soir après le boulot. Les trois premiers kilomètres, c’est l’enfer ! Au bout du 5 – 6 kilomètres les articulations ont travaillé, les douleurs disparaissent. Je remarque qu’en faisant des plus petites foulées j’ai moins mal. Moins je rebondis, moins les douleurs se font sentir. J’ai un peu un look de marcheur en courant ainsi mais au moins ça « marche ».

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Jeudi soir je passe à Planet Jogging @ Porte Maillot pour effectuer quelques emplettes. J’ai pris l’habitude avant chaque course de boire 1,5 L de Malto (un pot). Cela me met en condition. Je ne suis pas sûr que cela ait un effet réel sur mon organisme, mais en tout cas dans la tête cela me met bien en condition de fin de prépa. Malheureusement, nous sommes 3 jours avant le marathon, il ne reste plus qu’un goût : Cola. Comment vous dire ? Imaginez une pastille effervescente avec le goût de cola que l’on mélangerait dans une eau tiède.. c’est très beurk !

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Avant, les vendredi soirs c’était Before dans un Pub – Soirée dans un bar dansant puis boite de nuit jusqu’à 05 h du mat’. Maintenant avec le marathon c’est apéro léger, plat de pâtes devant Koh-Lhanta et dodo à 00 h 30. Qu’on se le dise les fins de prépa c’est chiant !

Samedi, veille de course. Réveil à 10 h et départ pour la Salon du Running afin de récupérer mon dossard. Le salon est vraiment super bien organisé. Entre mon arrivée et l’obtention de mon dossard j’ai du passer moins de 60 secondes.

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Capture d’écran 2016-04-04 à 17.35.34.pngAyant déjà tout mon stuff et plus trop de budget, j’évite les stands des partenaires officiels car je connais ma faiblesse vis à vis des achats compulsifs. Dans la seconde partie du salon, je passe un peu de temps dans la zone Trail. Je discute avec quelques exposants (Diagonale des fous, grand trail de saint jacques, …) et m’inscrit à un jeu concours pour la SaintéLyon.

En rentrant chez moi, je prépare mon petit rituel d’avant course : Mettre toutes mes affaires sur le sol et prendre une belle photo pour Instagram – Twitter – Facebook.

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En regardant le résultat je me rends compte que je deviens un vrai marathonien. Mon équipement est bien mieux adapté à la course que celui utilisé l’année précédente. Et en regardant de plus près.. comme à chaque fois.. je me rends compte que j’ai oublié de mettre un élément. Et cette fois-ci, l’élément oublié n’est pas des moindre : Mes pompes !

Stuff : 

  • Short Nike.
  • T-shirt Nike.
  • Caleçon Nike Combat.
  • Chaussettes renforcées Nike.
  • Buff Endurance Shop.
  • Porte Iphone Kalenji
  • Montre Garmin Forerunner 235
  • Gel Gu (Chocolat – Caramel beurre salé – Orange)
  • Pâtes de fruits Punch Power
  • Barre chocolatée Cliff (White chocolate Macadamia nuts)

Samedi 21 h, je lance un film : Chariots of Fire de Hugh Hudson. Si vous courrez un marathon  demain, je vous le conseille. Une belle source de motivation à quelques heures d’un défi sportif !

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Demain réveil 07 h pour rejoindre mon SAS (objectif 4h). Par rapport à l’an dernier je n’ai plus aucun stress. Ma seule crainte est que ma jambe blessée me lâche. Je sais que le parcours est totalement bitumé et qu’il y a quelque passage pavé.

Demain.. je vais avoir mal. Mais jusqu’à quel point ?