25 H DES 25 BOSSES – 8 tours – 129 km – 7040 m D+ – 24 h 06 min.


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Vous retrouverez ci-dessous 7 petits textes que j’ai écrit pour parler de mes #25hdes25Bosses.

Une aventure comme je les aime. Pas de dossards. Simplement une idée fixe. Courir pendant 25 h sur le circuit des 25 bosses à Fontainebleau. Chaque tour représente 16 km et quelques 880 m D+. Départ un samedi matin à 10 h. Pour une journée entière de bonheur et de course. J’ai adoré. Totalement. Vraiment entièrement. C’était juste bien. Juste la sensation de profiter à fond. D’être à ma place. Dans une forêt. Parfois seul. Parfois accompagné. Mais au fond, ce qui compte. Ce qui compte vraiment. C’est simplement de l’avoir tenté.

1/7 • Prendre du plaisir. Etre apaisé. 

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Cela peut paraître abstrait ou complètement loufoque pour certains, mais j’ai réellement pris du plaisir à courir pendant plus de 24 h dans le circuit des 25 bosses. Je parlais de « défi » avant de me lancer dedans. Mais pendant, et surtout après je n’ai pas du tout ressenti cela comme un challenge. C’est comme si c’était normal en fait. Une sortie un peu plus longue que d’habitude certes. Mais je n’ai pas ressenti le poids de la performance à réaliser ou en réalisation. J’ai tout simplement profité du moment que je vivais. Sans chichi. Sans aucun stress. Assez primairement, je pense que cela vient du fait de ne pas porter de dossard. Mais en grattant plus loin, je me rends compte que c’est un ensemble. Un physique suffisant, une bonne gestion de l’alimentation sans trop se prendre la tête, une foulée rythmée mais pas non plus bourrine et des appuis à la recherche constante d’économie… bref, une bonne base pour poser l’équation du plaisir sur ce genre d’aventure. Il faudrait le refaire tous les weekends, que cela ne me lasserait pas. Ce n’est pas de la planitude. Ni la sensation d’apesanteur. J’étais très loin de cette ivresse que je peux avoir sur certaine course. Là, ça avait réellement un goût de vérité.. un goût de repas du Dimanche en famille.. une odeur de feu de cheminée à la campagne.. un plaisir vrai. Quelque chose de fondamentalement apaisant 😌.

 

2/7 • Un terrain technique. Courir avec ses yeux.

 

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Pour ceux qui connaissent le coin, je n’ai pas besoin d’utiliser de flopée de mots pour décrire ce que leurs genoux, cuisses, bras, épaules et mains ont déjà vécu sur ce circuit. Pour les autres, imaginez des séries de 25 côtes de 30 à 60 mètres de dénivelé.. séparées par des sentiers et des monotraces couverts d’épines de pins, de maquis et d’un peu de sable. Ajouter y un passage pas plus large que le périmètre de vos bras, zigzagant entre des rochers de bonnes tailles. Pour le revêtement, cailloux.. cailloux.. et recailloux. Certains aggripant, d’autres recouverts d’une poussière glissante et d’autres encore aussi polis que le parquet de la galerie des glaces. Vous y êtes ? Parfait. Ne manque plus que 2 ou 3 passages roulants pour se relancer.. et une ambiance escalade de temps en temps. On ne prépare pas un UTMB sur ce parcours. On ne prépare pas de courses en particulier d’ailleurs je pense. Il y a certes quelques 900 m de dénivelé par tour. Mais ce n’est pas tant le dénivelé que la technicité qui rend se parcours intéressant. Chaque minute, la concentration doit être pointue. Chaque seconde, les appuis doivent être calculés et calculés encore. Plus que les jambes, c’est le corps dans son ensemble qui doit se mouvoir sur ce circuit. Avant de courir avec ses pieds, il faut courir avec ses yeux 👀.

 

3/7 • Un tour seul dans la nuit. 

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Je me suis retrouvé seul. Dans mon petit short. Avec mes petites chaussures. Et ma petite PETZL. C’est très étonnant de se retrouver seul en forêt la nuit. Sans aucune lumière autre que la frontale. C’est très différent des nuits sur un ultra où l’on sait très bien qu’à moins de 10 km devant ou derrière il y a un ravitaillement avec du people. Une sensation réelle de solitude. Profonde. Ce genre de solitude qui pèse. Qu’il faut savoir gérer. Pour ne pas craindre du sombre. Pour ne pas avoir peur de ce que l’on ne peut pas voir, mais que l’on peut si facilement imaginer. C’est très angoissant de passer entre deux pans de rochers sombre et froid. De se sentir compressé par ces masses rocheuses inamicales. Cela fait réfléchir de sauter des crevasses en sachant que personne n’est à des kilomètres. Cela fait se sentir libre d’être emprisonné dehors. Il y a bien quelques animaux qui vous rappellent la vie. Les deux yeux de renards qui brillent dans le faisceau de la PETZL. Le bruit des chouettes qui décollent à votre passage. Mais c’est troublant. Comme c’est difficile de ne pas faire de crise d’anxiété. Comme c’est dur de ne pas s’imaginer ce qui pourrait se cacher dans la partie sombre. Hors de son champ de vision éclairé. J’avais peur de me confronter à cet aspect avant de me lancer ce Samedi. J’y ai pensé pendant plusieurs semaines avant. Je suis content d’avoir vécu cette expérience et d’avoir su garder le contrôle sur cette frayeur que je pensais me faire. Ne pas avoir sombré. De n’être pas partie dans une frénésie anxieuse. Être resté focus sans s’enfermer dans une sur-concentration. Bref, un beau voyage intérieur au bout de la nuit 🌚.

 

4/7 • Un peu de logistique. 

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Je n’aurai pu faire ce délire des 25hDes25Bosses sans un minimum de logistique. Rien de fantastique hein. Mais voilà les quelques appuis sans lesquels je n’aurais pu y arriver. Tout d’abord :

(1) Mon coffre de ravito. J’ai placé au début de ma boucle une box (1m^3) de rangement. Dans laquelle se trouver : 18 L d’eau, 3 L de coca, des gels, du saucisson, des pistaches, du comté, des affaires de rechange, des batteries, une PETZL de rechange et un peu de matos médical. Ma plus grande crainte : Que des sangliers alléchés par l’odeur décident de se faire ma box’ en mon absence. Merci les gars de ne pas être passés 🐗.

(2) Du balisage pour la nuit. Si vous avez déjà fait les 25 bosses de jour, vous savez à quel point il est déjà facile de se perdre en suivant le marquage léger Rouge. Alors de nuit, je ne vous raconte pas. Merci à l’UT4M pour le prêt des balises (x160) ! Et surtout merci à Ronald, Claude et son acolyte pour le balisage – débalisage. À charge de revanche 😉 (3) D’un point de vu sécurité, je suis resté léger sans toutefois me mettre en danger. Pour le froid de la nuit, j’avais en permanence ma Salomon Bonatti   sur moi ainsi qu’un t-shirt manche longue et une couverture de survie dans mon sac. En cas de pépin, mon portable – son chargeur et une batterie portable afin de prévenir les secours. Enfin, merci à Guillaume pour le prêt de sa balise GPS qui en plus de permettre (presque facilement 😂) de me retrouver pour courir, m’aurait permis de balancer un signal SOS en cas de gros pépin. Je n’ai pas fait la traversée d’un 7000 au fin fond d’un territoire inconnu et hostile certes. J’étais à Fontainebleau.. on va se calmer ^^. Mais la sécurité était tout de même un facteur à prendre en compte pour se lancer dans ce genre de délire sans trop se mettre en danger.

 

5/7 • L’ambiance et le partage. 

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9 h 25. Mon père me dépose gentillement en voiture. Nous sommes sur l’A6. Et là, je me dis « Et si personne ne vient. Ça va être long 25 h tout seul ». Heureusement, dans la réalité, beaucoup sont venus m’accompagner. Je l’ai déjà beaucoup dit, je n’apprécie que peu le fait de courir en groupe. J’aime la solitude du coureur. Et j’ai cette satané tendance à faire le fanfaron quand je cours en groupe. Bref. C’est pas mon truc. Mais quand on se lance sur ce genre de délire, être accompagné, c’est franchement agréable. Au final, je pense que 25 personnes différentes m’ont accompagné. Nous n’étions jamais plus de 5 ou 6. Et la plus part du temps 3 ou 4. Parfois, je me mettais devant. Parfois je restais un peu derrière. Il n’y avait pas de règles. C’était au Feeling. Comme souvent. Certains se sont vu rapidement distancés (désolé) et d’autres ont dû baisser leur rythme pour traîner le zombie sur les dernières heures. Parfois, nous ne parlions plus. Pendant des dizaines de minutes. Ce genre de silence qui dit « Pas besoin de parler. On sait ce que l’on est en train de faire là. Ensemble. » D’autres fois nous nous échappions autour de sujets très trail. Et puis on se racontait nos vies. Nos souvenirs. Du partage à l’état brut. Il y a eu peu de chanson.. mais je me rappelle d’une bosse montée au lever du soleil orange brûlant. Me voilà chantant « Ingonyama bagithi baba – Sithi uhhmm ingonyama – Au matin de ta vie sur la planète – Ébloui par le dieu soleil – À l’infini, tu t’éveilles aux merveilles – De la terre, qui t’attend et t’appelle… » Et quelques bosses plus loin « Putin.. tu m’as foutu le roi lion dans la tête ». C’est ce genre de petits trucs qui était Cool. Et il y en a eu pleins.. Se retrouver dans la nuit.. Avec deux personnes qui ne se connaissent pas. Et qui ont tous deux leur femme enceinte de 8 mois et une / trois semaines qui les attend à la maison. Situation étonnante. Je suis dans la Forêt de Fontainebleau. Il est 4 h du matin. La fraîcheur de la nuit est bien là. Mais ces deux personnes ont décidé de m’accompagner alors qu’à tout moment ils peuvent être appelés pour leur grand moment à eux. Et après on dit que c’est moi le taré.. au final, j’aurai pleins de choses à raconter sur l’aspect aventure humaine. Sur la bienveillance qui m’a été portée et sur celle que j’ai aussi tenté d’avoir avec mes accompagnateurs. Une chose est certaine. Je les remercie. Seul. Je serai aller au bout. C’est certain. Mais seul je n’aurai pas pris autant de plaisir. Ça me donnerait presque envie de recommencer juste pour cela. Et ça c’est Top.

 

6/7 • Statistiques & perf’. 

 

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Je déteste la fausse modestie. J’ai pour exemple Dutronc (Jacques) en la matière. Ce petit bout d’homme définit merveilleusement bien ce qu’est la modestie : « C’est l’art de se faire louer une seconde fois ». J’aime ce panache qu’il y a dans la vanité. La vanité a été mise au pilori par la bien-pensance (Bordel.. fait avoir de sacré bollocks pour sortir cette phrase 😂). C’est à vomir pour moi. Je n’aime pas en faire des caisses. Et j’essaie de garder les pieds sur terre. Mais quand j’estime que je fais un truc bien, que pour moi, selon mes critères, c’est « Quand meme pas mal ». J’aime bien pouvoir le dire. Alors Bon.. 24h06 minutes – 8 tours des 25 Bosses – C’est quand même pas mal.. c’est pas ouf non plus hein.. mais c’est pas mal ». Trêve de blabla.. On passe aux chiffres : Mes temps au tour : Tour 1 = 2h20 / Tour 2 = 2h10 / Tour 3 = 2h33 / Tour 4 = 2h43 / Tour 5 = 3h09 / Tour 6 = 3h16 / Tour 7 = 3h14 / Tour 8 = 3h01 – Bref, cela fait une moyenne de 3h au tour. On est bien loin du record officieux (apparemment autour de 1h30). Mais c’est assez dur de trouver des statistiques officielles et d’être sur que le parcours a été parfaitement respecté. En tout cas, je crois que je prends les 3 records suivants (si vous avez des infos de meilleurs performances, je suis preneur 🙂) : Record du nombre de tours (x8) – Record du nombre de tours en 24 h (x8) – Et record de temps sur 8 tours (24h06). Cela ne sert pas à grand chose. Mais au mieux ça a le mérite d’exister. Et puis surtout ça donnera peut être envie à d’autres de péter les scores. Ce qui est selon moi complètement faisable. Je suis presque impatient que cela arrive d’ailleurs 🙂

 

7/7 • Et puis quoi maintenant ? 

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Dimanche 31 avril. 12h06. Je viens de finir mes 25hdes25bosses. Deux questions se posent maintenant. Je me les pose d’ailleurs naturellement. (1) Quel avenir pour les 25hdes25bosses ? (2) Et maintenant je fais quoi moi ?

[1] À la première question, je n’ai pas encore de réponses. Pourquoi pas proposer à quelques tarés de tenter à nouveau le truc à plusieurs l’an prochain mais en version un peu plus officielle. Ça serait sympa de voir plusieurs personnes le tenter. Et je suis sûr que cela pourrait aller au bout. Cela pose pas mal de questions de logistiques – D’autorisations – D’assurances – etc. Et tout cela me fait un peu suer (chier.. utilisons les mots). Donc, vers une officialisation de ce format ?! Je ne sais pas. Enfin, je n’y suis pas encore prêt. Et si je me chauffe il va falloir une bonne équipe bien motivée (Et folle). Bref, je vais regarder ça.

[2] À la seconde question.. Ben.. à vrai dire.. ça m’a beaucoup plu ce délire. Je continue à en chercher d’autres. Sur d’autres terrains et sur d’autres formats. Je pense faire un format un peu plus court sur mes terres du Bois De Vincennes fin Juillet pour préparer l’UTMB. Mais il y a tout de même quelque chose qui me titille très très fort. J’étais encore en forme à la fin des 8 tours. J’aurai bien aimé continuer. Je n’ai pas pris longtemps pour me décider d’ailleurs. Ça a commencé à me trotter dans la tête en buvant ma Goudale de fin de course. J’ai déjà trop envie de le tenter = Les 10 tours des 25 Bosses. Ça me donne beaucoup trop envie. 160 Km – 9000 m de dénivelé. Un bon format selon moi. Bref, vous l’aurez compris. On peut déjà se donner rendez-vous en 2020 pour que j’aille chercher cela 🙊

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