Récit Ardéchois Trail 2017 (57 km / 2400 D+) – 06 h 14 min 41 sec – 26ème au général – 12ème Senior Homme – By Casquette Verte

Pour moi, cette course, c’était très particulier. Cette semaine, mon grand père, mon papi, nous a quitté. J’ai beaucoup hésité à venir. Et je sais que là où il est il me regarde et me dit « Axi.. vas-y. Fait cette course. Je suis derrière toi. Tu vas y arriver ». Cette course, c’était pour lui. C’était avec lui. Une aventure tous les deux. Ensemble. Papi j’espère que tu m’as vu. J’en suis sur. Tu étais là. Juste à côté de moi. On l’a fait ! Je t’aime Papi.

Vendredi 20 h. 

Je rentre du boulot. Je ne suis pas du tout dans un état d’esprit de course. Je prépare mes affaires comme traditionnellement.

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Samedi. 7 h 00. Réveil – douche. 

Pas d’objectif sportif particulier. Je n’ai pas l’impression que je vais courir 57 km demain. Je n’ai pas du tout, mais alors du tout, la sensation que j’ai habituellement. Cette sensation qui fait dire à mon corps « Demain.. tu vas te faire mal.. mais ça va être bien ». Dans ma tête, tout est normal. Je pense que je suis habitué.

Je prépare ma bouteille de Malto. Je n’en peux plus. J’ai déjà pissé 3 fois en 1 heure. Merci qui ? Merci la prépa trail !

08 h 45 : Départ de la maison. Direction Gare de Lyon. 

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J’ai rendez-vous avec mon collègue à 09 h 30 à gare de Lyon. Il est en retard. Cette fois-ci nous ne prendrons pas notre traditionnel thé d’avant course. Pour ce qui est du trajet, nous allons prendre le train jusqu’à Valence, où nous récupérerons une voiture pour rejoindre Désaignes. Son oncle, Roger, qu’il m’a décrit comme « un ermite vivant seul et déconnecté au fin fond de l’Ardèche », habite à 1.2 km du départ de la course. Pratique. Nous établirons notre camp Trail chez lui. Ca promet d’être folklorique.

09 h 45 : Le train part. Direction Valence. 

Nous buvons encore et toujours du Malto. Trublion que je suis, je provoque les voisins de wagon en faisant croire que c’est du Ricard. Les voyageurs sont un peu déboussolé. Il est 10 h du mat’, et il y a un jeunot qui picole du Ricard dans une bouteille en plastique à la vue de tous. Aaaaaah. La jeunesse de nos jours ^^.

Après de nombreux aller retour dans les toilettes du train, nous jetons un coup d’oeil au profil de la course.

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La verticalité de certaines pentes attise ma curiosité et me fait surtout dire que je ne pourrais pas toujours courir. Ce sont plus particulièrement les 10 premiers kilomètres qui me paraissent costaud ; et aussi l’éloignement des ravitos (1er au 24ème km et second au 44ème…). Moi, qui, généralement, ai des problèmes en terme de réserve de flotte. Cela ne va pas être pratique tout ça !

12 h 10 : Arrivée à la gare TGV de Valence. 

Nous récupérons la voiture. Un superbe Citroen Berlingo gris. La classe internationale. On ne pourrait pas faire plus trailer du dimanche 😀 Un Berlingo gris immatriculé dans la Drôme (26) avec un auto-collant ASSE (Club de foot de Saint Etienne) à l’avant. Je mets mon coeur de supporter du PSG de côté et grimpe dans la limousine.

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Nous traversons la ville de Valence, puis le Rhône et nous voilà dans les routes qui tournent, et qui tournent de l’Ardèche. A mon humble avis, avoir bu beaucoup de Malto et avoir mangé plus que de raison des pâtes lors des 3-4 derniers jours n’est pas très recommandé pour la route ardéchoise. J’ai un peu la gerbe. Mon collègue me montre les endroits où il s’arrête dans les virages d’habitude pour « que les enfants puissent vomir ». Merci de m’encourager Roni ! Ca m’aide ^^

Nous nous arrêtons manger dans le charmant village (apparemment, vu de là bas, c’est une ville.. je dirai village avec mon arrogance toute parisienne) de Lamastre. Entrecôte – Frites – Ketchup… Au TOP !

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Retour à notre limousine. Clic… Clic… Clic… A chaque tour de clés, rien ne se passe. Le Berlingo a décidé de faire des siennes. Nous sommes comme deux cons, un samedi de pont, au fin fond de l’Ardèche et la voiture ne démarre pas. Je m’imagine déjà devoir marcher 20/25 bornes, bagages sur le dos pour rejoindre le départ.

 

2 cliclic

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La décision de pousser la voiture est prise. Je ne sais pas si vous avez déjà poussé un berlingo.. mais clairement, cela pèse GRAVE !

Les « petits vieux » assis pas loin et les motards aux terrasses des restaurants assistent hilares à la scène. Voilà donc deux parisiens qui poussent un Berlingo sur la place du village. 3 … 2 … 1… HUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU. Tout à coup, la machine se lance dans un bruit indescriptible. En voiture Janine ! L’aventure continue !

15 h 00 : Arrivée à Désaignes. 

Nous posons nos affaires chez Roger. Je rencontre cette personne décrite comme un ermite, mais qui est en réalité une des personnes les plus accueillante que je n’ai jamais rencontrée. Bon en plus, un ermite, qui a un portable, une livebox et une voiture électrique de dernière génération, cela ne s’invente pas !

Nous faisons le tour du propriétaire et nous partons chercher nos dossards. Sur le chemin, nous repérons des balisages de course. Je rentre petit à petit dans l’ambiance. Enfin.

16 h 09 : Récupération des dossards. 

1 recup dossard

Nous nous dirigeons vers l’école. Les plus belles filles de Désaignes sont présentes. Les bénévoles sont super sympas. Je suis dossard 140. Cela me va. De toute façon, j’ai pas le choix.

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Nous récupérons ensuite nos jolis T-Shirts floqués aux couleurs de l’Ardéchois Trail. Un de plus. Youpi ! On fait le tour du village, puis nous repartons chez Roger. Il y a une drôle d’ambiance de veille de course. C’est super sympa. Cela prépare mentalement. Cela aide à bien rentrer dans la course.

1 place pour recup cadeau

1 recup cadeau

18 h 01 : Dernier Malto. 

Il fait beau. Même super beau. La météo annonce de la pluie pour demain. Fait chier. Pour l’instant on profite de la dernière soirée pour se reposer. C’est pas Ricard piscine, c’est Malto Terrasse. Mais ça nous va bien. Le Ricard, cela sera pour demain.

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Un puissance 16… (en gros c’est comme un puissance 4, mais en 3d. Franchement, je vous le conseille ce jeu. C’est à essayer absolument !) et puis à table…

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Et puis pour finir, c’est le repas. Pour ce dernier repas d’avant course, ce sera pâtes et lapin de l’Ardèche. Je sais pas si cela aide à courir plus vite; mais en tout qu’à c’est très bon !

Je finis la soirée en préparant mon sac pour demain. Je le fais rapidement maintenant. Avant je passais une heure à le faire. Je sais ce dont j’ai réellement besoin et ce qu’il ne faut pas prendre. (Cela ne m’a pas empêché de prendre 10 bâtonnets de Justin Bridou, qui ont fait les 57 km avec moi…).

21h30. Extinction des feux. Je ne me suis jamais couché aussi tôt une veille de course.

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06 h 30.  Réveil – Jour de course. 

Je sors voir le temps. Il fait plutôt beau. Le fond de l’air est frais, mais le soleil chauffe bien. D’après la météo agricole, il ne devrait pas pleuvoir avant 14 h. Logiquement, cela veut dire que je vais un peu me tremper sur la fin.

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Il y a un peu de vent. Cela m’inquiète un peu. Je ne suis pas équipé pour des conditions climatiques moyennes. Bref.. je verrai bien.

Au pied : Salomon SpeedCross 4 & Chaussettes Nike renforcées.

En bas : Un short Nike avec caleçon de compression intégré & un caleçon Nike Pro Combat.

En haut : Mon T-shirt Finisher EcoTrail 80 2017 et un léger-coupe vent Nike.

Sur le dos : Mon sac Salomon s-lab advanced skin 3 12l

Et dedans : Une couverture de survie – 2 cachets de Nureflex – 1 petite boite de mouchoir – Mon iPhone – 6 gels Gü – 2 gels coup de fouet – 10 bonbons Krema – Deux gourdes molles (500 ml) – Mon réservoir dorsal 1.5 L à 2/3 rempli et 10 bâtonnets de saucisson (les fameux…).

07 h 25 : Nous partons de la maison. 

20 minutes de marche pour rejoindre le départ. Cela va nous mettre en jambe. Parfait. Sur le chemin, j’avale une barre CLIFF (Macadamia Nuts & White Chocolate). Avec une barre comme ça (promis ce n’est pas un placement de produit. Je l’aime vraiment !), je tiendrai la journée A L’AISE !

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Petit selfi. Mon collègue ressemble plus à une majorette qu’à un trailer. Cela me fait rire. On commence à parler de la course, des favoris, etc. Je lui dis vouloir partir fort et voir si je tiens après les 10 premiers kilomètres. Il me conseille de ne pas me cramer bêtement. Son conseil rentre.. fait le tour.. et ressort aussi vite.

07 h 46 : Désaignes juste avant le départ. 

Il rôde une ambiance de fête de village. Les fanions sont de sortie, les fanfares brésiliennes aussi. De partout des trailers avancent dans la même direction : la place de la mairie.

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A 10 minutes du départ. Nous sommes en place. Je me faufile dans les 200 premiers coureurs. Je ne veux pas piétiner dans les premiers kilomètres.

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Le président de la course et le maire de la commune prennent la parole. Les trailers indisciplinés font plus de bruit que la sono. Faudra penser à des sonos plus fortes l’an prochain (où à museler les trailers… à voir).

08 h 00. Le départ fictif est donné. 

Deux lignes devant moi, je repère Emmanuel Gault et Sylvaine Cussot. Je les admire. Un couple de champion du Trail. Je sais que je ne les reverrai pas lors de la course. Bonne course Manu.. Bonne course Sisi.

Nous faisons un tour du village pour atteindre l’arche de départ réel. Je cours avec mon collègue. C’est rare que cela nous arrive en course officielle. La horde de Trailers qui traversent le village ressemble à un troupeau de taureaux lors de férias urbaines. Pas de matador à l’horizon. Juste 57 km. Olééééééé !

Quelques mètres avant l’arche de départ, je tape la main de mon collègue et lui souhaite Bonne course. Il fait de même.

D’un coup, d’un seul, je mets le turbo. C’est parti. Mes jambes sont dynamiques. Je double à fond dans les ruelles du village.

Tournant sur la boite, et … BIM…. direct dans la côte. C’est parti pour 10 km de montée. On ne peut pas rêver mieux à 8 du mat’ ; n’est ce pas ?

Le premier kilomètre se passe bien. Cela monte pas mal, mais j’arrive à courir à fond. C’est dur, mais je sais qu’il faut absolument faire monter mon corps en chaleur. Personne ne marche. Autour de moi, beaucoup de dossards bleus. Ce sont les participants du 37 km qui vont nous accompagner sur les 31 premiers. Cela risque d’être trompeur si je juge mon état de forme par rapport aux leurs. Je me reconcentre sur la course.

Les premiers kilomètres suivants, sont infernaux pour moi. J’ai mal au dessous des côtes. J’ai trop chaud. Mon souffle est coupé. Je suis obligé plusieurs fois de me mettre à marcher. Je me dis que ça commence mal. Je me fais pas mal doubler. Ce ne sont pas que des dossards rouges, alors ça va.

Km 3. 

J’enlève mon coupe vent pour me refroidir un peu. Je suis trop monté en chaleur, entre la course, la côte et le soleil qui brille fort. Avec le zeff’ qu’on se tape, cela va me refroidir direct. Je suis trempé de sueur. Le vent m’apporte pas mal de fraicheur. Cela ne va pas tellement mieux, mais au moins je ne crève pas de chaud. J’avale le km en 6 min 21 sec. Pas terrible.

Km 4 & 5.

Un petit répit dans la montée. C’est un peu plus plat sur quelques centaines de mètres. Avoir pris de l’altitude me permet de contempler le paysage. La région est magnifique vu de là haut.

  • Toutes les photos que vous verrez ci-dessous, ont été prises par mon collégue. Après sa carrière de majorette, il a décidé de se reconvertir en grand reporter du trail. Habile !

Maison de pierre premier montee

Km 6. 

C’est reparti pour un peu de montée. Je me force à courir, mais j’ai beaucoup de mal. Un trailer qui me follow sur Instagram m’a dit de penser à mon grand père. De me dire qu’il m’attend en haut des côtes. C’est un peu glauque. Je préfère continuer simplement à penser à lui. Il m’accompagne dans cette difficulté. Il m’aide. Je continue. Je cours pour lui. Avec lui.

Km 7. 

Première descente sèche. Comme d’habitude, je ne suis pas à l’aise. Je me fais pas mal doubler. Je sais pas quoi faire pour m’améliorer sur cette partie. A par beaucoup m’entrainer, je ne vois pas. Mais, là, clairement, c’est pas ça ! Je ne suis pas smouffe, pas fluide du tout. Je pense qu’à regarder de derrière cela doit être limite « Est-ce qu’il court ? Est-ce qu’il crapahute ? Qu’est ce qu’il fout ? Il va se vautrer dans pas longtemps, c’est sur.. ». Ca tape déjà dans les cuisses. Qu’est ce que cela va être dans 30 ou 40 bornes ^^.

Km 8 & 9. 

Cela remonte. Je suis beaucoup plus dans mon élément. Je redouble pas mal de coureurs et les laissent complètement sur place. Ca me fait du bien. Les montées sont assez raides. Trop pour courir vraiment tout le temps.. Pas assez pour marcher tout le long. La végétation est belle, bien qu’elle n’ai pas encore explosé littéralement. Les chemins sont parsemés de rochers et de racines. Il faut être très attentif.

1ere montée costaud

Dans un tournant à 180°, en pleine montée, perdu au milieu de nul part, une fanfare aux rythmes caliente ! Je ne peux m’empêcher d’aller faire l’idiot à côté. Les autres coureurs restent majoritairement sérieux. Tant pis, je profite égoïstement.

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Km 10. 

Ayéééééééééé ! Le gros bout du début est passé. Ca a été vraiment dur. Je n’étais pas physiquement prêt à me prendre ça dans les jambes directement, de bon matin. J’ai limité la casse, mais j’ai perdu un peu de temps. Ce n’est pas bien grave. Je ne suis pas encore vraiment chaud. Il va me falloir encore 5 ou 6 bons kilomètres pour être bien. La bulle d’air habituelle vient me démonter le haut du ventre, juste en dessous des cotes. L’enfer ! Nous traversons nos premiers ruisseaux, l’eau n’est pas bien haute. Cela me rassure pour après.

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Le temps est toujours (presque) parfait. Un beau soleil. Quelques nuages… mais ce satané vent commence déjà à me taper sur le système. Je remets mon coupe vent pour ne pas avoir froid.

Paysage premiere montée

Km 11 & 12 : Le Château. 

Je regarde beaucoup le paysage pour m’occuper. Le peloton commence à être bien décimé, beaucoup moins dense. Je me retrouve plutôt dans des groupes de 4 à 6 coureurs.

En descente, ils me doublent. En montée, je les double. Et sur le plat, nous gardons nos espaces de sécurité.

Après avoir descendu un petit sentier, nous nous retrouvons nez à nez avec un superbe château (Bon ok… les ruines d’un superbe château.. ou bien les superbes ruines d’un château.. mais quand même !). Ici, plus tellement de végétation.. que du bon gros rocher !

Chateau vu de haut

Avouez que cela a de la gueule quand même. On se croirait dans le château de Montmirail. Un jacouille la fripouille prêt à surgir des oubliettes. Trêve de plaisanterie, on est là pour courir.

Passage dans le chateau

Après avoir traverser la chambre, la cuisine et la terrasse du château, on plonge directement dans la pente. Droit dedans. C’est très technique. Nous descendons à trois. Celui de devant a un bon rythme, j’accélère un peu le mien pour le suivre. Celui derrière moi a fait de même. Nous avançons dans la même foulée.

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De temps en temps, une fusée, un Youri Gagarine de la descente déboule à fond. Nous nous poussons pour le laisser passer. Dans ma tête je me dis :  » Toi, mon coco, dans la prochaine montée, tu vas voir .. je serai Neil Armstrong découvrant la lune.. Cela va fuser ! ».

Je croise l’organisateur de l’Ardéchois Trail venu observer le bon déroulement de la course dans ce passage très critique. Je le salue et le félicite pour l’organisation. Il me remercie en retour.

Mon devoir de politesse accompli, je retourne dans ma course. Trop tard, je me suis trop longtemps déconcentré. Il suffit d’une seconde à peine. C’est dingue. Dans un virage relevé sur la gauche, mon pied droit glisse dans le précipice. Je ne sais pas trop comment, mais dans l’élan j’ai réussi à me rattraper à une prise sur le flanc supérieur. Coup de bol. C’est reparti.

En bas de la pente du château, des pompiers. Logique. Un peu effrayant, mais logique. Comme d’habitude, je fais le rigolo en leur souhaitant  » Bon dimanche » avec la voix du mec que tu croises à la boulangerie pantoufles aux pieds. Ils sont étonnés, cela les fait marrer. J’ai gagné. Je continue.

En levant le nez, je reconnais le passage que je craignais. Le passage d’un ruisseau. Dans une vidéo d’Intérieur Sport sur l’Ardéchois Trail en 2012, j’avais vu des images de ce passage. Il y avait beaucoup d’eau.

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Je n’avais pas du tout, mais alors, pas DU TOUT envie de prendre un bain. Me retrouver avec les chaussures complètement trempées et avec les chaussettes qui font « Sploooochkle… Splooooooochkle… ». Ca tombe bien, cette année, c’est tranquille, ils ont même installé un semblant de pont. C’est royal au bar !

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Km 13 & 14. 

C’est plat. C’est roulant. Je me force à garder un bon rythme. C’est toujours pas ça au niveau des sensations. Je vois le bout du tunnel arrivé. Je cours de plus en plus souvent seul. Il n’y a plus de petits groupes. Que des unités. Séparées de 50 / 100 mètres. C’est parti pour encore un marathon de solitude.

Km 15 à 20. 

De la pente douce pendant cinq kilomètres, ponctuée de descentes plus techniques. Je n’ai plus trop de souvenirs de cette partie. Tout ce que je sais, c’est qu’il y avait du vent comme jamais et qu’il fallait se forcer pour bien avancer. Je prends un deuxième gel. Cela va m’aider.

Km 21 à 23. 

J’ai la pêche. La machine est enfin lancée. HiiiiiiiiiiiiiiiHa. ON THE ROAD AGAIN ! Je commence à bien envoyer. Les trois km qui précédent le ravito sont en montée, une toute petite bosse à passer. Je l’avale.. que dis-je.. je la gobe ! C’est appréciable d’être bien.

Les quelques trailers avec qui j’ai partagé les 10 derniers km sont moins frais. Je commence à me retourner de temps en temps. Personne ne me rattrape. Je rattrape les coureurs les uns après les autres. Lorsque j’en dépasse un, j’en vois un autre au loin (200/300 mètres) et je me le fais. Au suivant !

1 km avant le ravito, je croise une jeune femme blonde (Full stuff Salomon). Elle a un bon rythme. J’hésite à rester un peu avec elle. Je lui lance un « Aller » et comme tous les autres, je la laisse derrière et m’en vais. Je pense qu’elle doit être 3ème ou 4ème féminine à ce moment de la course. En tout cas, une chose est sûre. Elle est super mignonne. (OUI.. je perds pas le nord).

 

700 mètres avant le ravitaillement, cela remonte un peu. Il y a quelques supporters au bord de la route. C’est presque les premiers depuis le départ. Cela fait du bien d’être un peu encouragé. Je relance fort dans la montée. J’aperçois à quelques centaines de mètres le village où se trouve le ravitaillement. Il y a une fanfare. Comme à mon habitude, je commence à danser avec eux sans trop perdre de temps.

fanfare premier ravito

Ravito N°1 : Saint Jean Roure – Km 23.7 – 02 h 35 min 41 sec – 41ème au général. 

Le ravito est plutôt simple mais efficace. Deux tables pour les boissons. Quatre tables pour la bouffe. Pour changer, je demande aux bénévoles s’ils n’ont pas une bière ou un whisky. Ils le prennent au premier degré et me répondent que non… T’inquiète pas bonhomme, j’en aurai pas pris 😉

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Niveau liquide, je recharge ma gourde 500 ml que j’ai vidée. Je décide de ne pas remplir mon réservoir dorsal pour gagner un peu de poids et ne pas perdre trop de temps. Niveau bouffe, je choppe trois tranches d’orange et je repars un verre de boisson énergisante à la main. Je mange mes oranges tranquillement et bois mon verre en quittant le village.

Petite pause pipi. Je me retourne et vois au loin la superbe traileuse. Je suis assez pudique. Je me dépêche de finir et je m’en vais d’aussi belle.

Km 24 -25. 

Cela remonte doucement. Je me sens très frais. Je n’ai pas du tout l’impression de courir depuis plus de 2h30. Mes jambes répondent présentes. C’est très agréable. Une belle montée au kilomètre 25 me remet dans la course. Je double un ou deux trailers à ce moment là. Je suis vraiment à l’aise en montée. Dans chaque côte, j’ouvre en grand mon coupe vent pour rafraichir mon corps. Dès que cela s’aplanit et que je peux courir à nouveau, je ferme la veste afin d’être protégé du vent. Bref, c’était la fête de la fermeture éclair cette course.

Km 26 – 27. 

C’est tout plat. Je prends de la vitesse, je tourne en 5,15 min du kilomètre. Cela déroule pas mal. Les trailers du 37 (dossards bleus) sont encore avec nous. Ils se lancent dans leurs 10 derniers. Ils ont presque fini dans leur tête. Leur détermination me motive. Je suis pendant 2 km un coureur très rapide et très constant. Il est à 200 mètres de moi. Impossible de le rattraper. Je me dis qu’en restant toujours à la même distance que lui ça doit être bon pour mon temps. Je le vois encore. C’est bon. Il y a un virage, je ne le vois plus.. Aller relance Casquette Verte, tu vas le perdre. Ah, le revoilà. Vous l’aurez compris, on s’occupe comme on peut.

Km 28 – 29. 

Nous longeons un parc d’éolienne. Le vent est fort. Je suis trempé de sueur. Le vent rafraichi mon corps. J’ai même un peu froid. Si je m’arrête, ou si je marche, je vais me peler alors je continue à courir à un bon rythme. Le bruit des éoliennes est impressionnant. Pour moi, les éoliennes, c’est cool. C’est peace. Cela protège la nature. Cela ne pollue pas. Mon cul sur la commode ouais ! Et la pollution sonore alors ? Hein ?! Ce boucan que cela fait. J’aimerais pas avoir une maison dans le coin. Pire que le périphérique.

eolienne

Regarder les pales tourner me fait du bien. Cette force. Cyclique. Sans à-coup. Presque infini. J’applique à mes jambes les mêmes règles. Du cyclique. Sans à-coup. Presque infini.

Km 30 – 31. 

Aller. Bim. C’est reparti pour de la descente. Dans ma tête, je me dis que plus de la moitié est passée. Il n’en reste que 27. Facile. Ca devrait le faire. Et puis je me reconcentre à fond. Je n’ai pas peur de tomber, mais je ne suis pas à l’aise. A chaque pas, je regarde deux mètres devant moi pour savoir quel est le meilleur tracé à prendre. Je calcule. Recalcule. C’est une vrai tour IBM la haut. Je commence à voir de moins en moins bien. D’ici quelque temps, je pense que je prendrai des lunettes de vue pour finir mes courses. Cela sera plus agréable. Moins intellectuellement crevant.

Pointage – Séparation du 37 et du 57 – 31.8 km – 03 h 22 min 52 sec – 37ème au général.

Je suis avec un coureur depuis 300 mètres. Un autre coureur nous précède de 150 mètres. Au loin, je vois un fléchage qui indique la séparation du tracé entre les deux courses. A gauche, c’est le 57. A droite, c’est le 37. Le coureur avec moi prend sur la droite. Dommage, il avait un bon rythme, j’étais bien avec lui. En me quittant, il crie au coureur qui nous précédait « ALLER TIENS BON. DEFONCE TOUT ». A priori, ils se connaissent. Ces encouragements qui ne me sont pas adressés. Et bien je les prends pour moi. C’est un peu un esprit de sangsue. Ok. Mais moi, mon collègue, il doit être à bien 1 h derrière. J’ai pas prévu de l’attendre. Alors je prends. Je me répète dans la tête. ALLER TIENS BON. DEFONCE TOUT. Cela me motive.

Pointage effectué. Je relance. Et là, ça descend. Mais quand je dis ça descend, c’est un super %. J’essaie d’optimiser mes pas pour ne pas trop taper dans les genoux et dans les cuisses. Ca commence à faire mal. Heureusement, il n’y a pas trop de cailloux dans cette partie. Nous sommes dans les bois. Enfin dans les pins. Le sol est presque agréable. C’est mou. En évitant les grosses racines, cela passe comme dans du beurre.

Km 32. 

Je sors du bois. Nous prenons un chemin sur lequel des 4×4 peuvent passer sans problème. Je n’aime pas trop ces chemins de traverse, mais j’avance bien dessus. Derrière moi, personne à l’horizon. Devant, un coureur à 50 mètres.

Soudainement, je ne vois plus le coureur. Et je vois un fléchage sur la gauche. Directement dans le ravin. Un tout droit dans la pente. Clairement, ça c’est pas un chemin. C’est une piste noire de VTT, c’est un trou, c’est un puit, c’est tout ce que vous voulez, mais PUTIN que c’est pentu. Le bon terme serait ravine je crois.

Panneau descente HARD

La première partie de cette FAT descente est en sous bois. C’est assez sympa. Technique, mais sympa. On peut envoyer un peu sans trop de risque. Les racines sont bien visibles. Il n’y a pas trop de risques.

descente HARD

La deuxième partie, c’est plus folklorique. Que des éboulis de cailloux. A chaque pas, on déclenche des petites avalanches. Le coureur devant moi se ramasse sur le cul cul. Ca doit faire mal. Je lui demande si ça va. Il se relève est me fait un OK d’un signe de la main. Je ralentie un peu. Une grosse pierre que j’ai soulevée quelques mètres plus tôt a décidé de faire la course avec moi. J’accélère pour ne pas me la prendre dans les chevilles. J’imagine déjà la douleur. Plus que quelques mètres et ce passage se termine. Je n’en peux plus. C’est tellement difficile de se concentrer à 200 % pendant de longs moments. Je finis la descente. Je me retourne. J’ai fait ça moi. Et beeeeeeen ! Allez, on lache rien. C’est reparti.

Km 35. (enfin je pense, je me rappelle plus bien).

Dans ma tête le prochain ravitaillement était au km 44. C’est pas grave. Je prends. Je n’ai plus beaucoup d’eau. Ca tombe même bien. Le vent souffle fort. Les bénévoles sont motivés. Nous, on court. On a chaud. Eux ils doivent se peler. Bon, je pense qu’ils ont trouvé d’autres moyens (alcoolisés) pour rester au chaud. Je redemande, un whisky coca. A priori, cette fois, il y en a. Je discute 20 secondes avec les bénévoles. Ils m’encouragent. Je repars motivé.

ravito alcoolisé

Km 37.

Je suis dans une descente. Mes jambes tirent pas mal. Il reste 20 kilomètres. Je sais que cela va être de plus en plus long. Mais cela ne m’effraie pas.

descente apres ravito

Il y a un coureur à 50 mètres devant moi. Je le vois disparaitre sur la droite. J’aperçois alors un panneau très voyant. Le message qui est écrit m’intrigue « ATTENTION TETE ».

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Je lève les yeux. Je recherche un arbre ou une branche qui serait genante. Rien. Il n’y a rien de dangereux pour un trailer de ma taille (1m75). Mon regard tourne en direction du chemin qui descend sur la droite. Et là. Là. Je comprends. Un petit tunnel sous une départementale. Tout de suite, j’ai les images de la Barclay dans la tête. Un regard vers l’arrière. Oui, c’est bien un tunnel qui est traversé par un ruisseau. Un ruisseau qui coule. Bordel.

ambiance barclay

En entrant dans le tunnel, j’entends le coureur qui me précède en sortir. « MEEEEEEEERDE ». Ahah. Le con. Il a du foutre ces pieds dans l’eau. Je fais attention. C’est sombre. On ne voit rien. Je ne veux pas trop touché les murs sur les côtés. Je visualise un trou vers le milieu. Je ralentie. J’essaie de regarder. Je ne vois rien. J’avance. PLOUUUUUUF. Un pied dans l’eau jusqu’au mollet. Et MEEEEEEEEERDE ^^. Deuxième pied.. re-plouf… aller.. c’est bon. Ce que je redoutais depuis des semaines. Devoir courir avec les chaussures et les chaussettes trempées. J’y suis. M’y voilà. Je ressors du tunnel. Mes pieds pèsent un bon kilo de plus. C’est pas super agréable. Chaque pas font Glooookche Glooookche. Très sympathique. Bon tant pis. Si je cours ça devrait rapidement sécher. C’est reparti.

Km 38. 

En bas d’une petite montée, je rattrape un coureur avec une casquette salomon blanche. Dès les premiers mètres, je me sens plus rapide. Je le double par la gauche. ERREUR. En passant sur le bord du chemin, je lève une grosse branche de ronces qui vient me cisailler sec l’arrière du pied juste au dessus de la chaussette. Je continue mon dépassement. Nous échangeons quelques mots. Quelques mètres plus haut, je regarde mon pied en courant. Ca commence à saigner. Puis de plus en plus. J’espère que ce n’est pas trop profond. Je passe à autre chose et je continue.

Ame sensible. SCROOOOOOOOOLEZ !

1 ecorchure

Km 39. 

Fin de la montée, j’ai bien mis 30 secondes au coureur que j’ai croisé. Il y a un village sur la gauche, je me focalise dessus. Je prends la petite route qui passe au dessus. Je ne vois pas de balisage. Je cherche autour de moi. Pas de points oranges au sol. Pas de fanion blanc et rouge. Je commence à m’énerver. Je cris « C’est par ou ? C’est par ou bordel ? » espérant avoir une réponse d’un habitant local. Pas de réponse. Il n’y a qu’un chien assis au milieu de la route qui me regarde. Je pense que je le dérange. Je continue encore un peu sur cette route. Je commence à me rendre compte que je me suis perdu.

AVIS AUX ORGANISATEURS : Ok. Je suis pas super lucide sur les courses au bout d’un certain moment ; mais à plusieurs moments de la course, je me suis vraiment demandé si j’étais toujours sur le bon chemin. Globalement, le balisage est bon. Mais à certain moment, il en manque un peu pour ne pas être complètement déstabilisé. Il n’y a rien de plus énervant que de courir en se disant que potentiellement, on va devoir faire demi tour et retrouver son chemin.

 

Je reviens sur mes pas. Je vois un coureur tourner à droite. Et pas gauche… C’est reparti. Je suis un peu frustré. Mais au moins, je ne suis pas perdu.

Un kilomètre plus loin, je revois le coureur à la casquette blanche que j’avais doublé. Il fait demi tour. Il s’est planté lui aussi. Nous traversons un champ ensemble. On parle un peu. C’est super sympa.

Km 40 – 41

Dans une toute petite montée, en courant, j’ai ressenti venir un début de crampe. Une légère décharge électrique dans le mollet gauche. J’ai de trop mauvais souvenirs de l’EcoTrail. Je bois pas mal d’eau. Je vais arrêter d’accélérer. De toute façon, le terrain ne s’y prête pas trop. Le décor est vraiment super. Et traverser des petits ruisseaux, c’est toujours une belle originalité. Je les traverse calmement. Je n’ai plus envie de me tremper les pieds.

ruisseau apres barclays.jpg

ruisseau apres barclays 2.jpg

Sur les trois kilomètres avant le dernier ravitaillement, j’envoie bien. Je suis définitivement tout seul. Plus personne derrière.. plus personne devant.. Je n’ai aucune idée de mon classement. Je suis étrangement seul, c’est tout.

Ravito N°2 : Labatie D’Andaure – Km 44.3 – 04 h 41 min 29 sec – 31ème au général. 

Le ravito tombe bien. Je n’ai plus d’eau, et j’ai peur d’avoir des crampes. Je me fais pointer, je discute un peu avec les bénévoles. Ils m’indiquent que là c’est 500 mètres tranquilles puis 3.7 km de montée dure. Youpi. Trois oranges, un gel Isostar et c’est reparti. En traversant le pont au dessus de Le Doux, je me tourne en direction du ravitaillement. Pas de trailer en vu sous le préau. J’ai fait un bel écart. Je suis content.

ravito 2

Au loin, je vois un trailer assis sur la route. Il se tient les chevilles. En arrivant à sa hauteur, il repart. Il est dans le dur. Il a des crampes. Je le plains. J’espère qu’il va réussir à bien terminer.

Km 45.

Ca monte HARD ! Un tout droit dans la pente. La végétation et le monotrace pas très usé me rappelle énormément Le Cade sur Les Templiers. Cette fois ci, pas de panne, pas de KO. J’ai la pêche. J’envoie comme une brute dans cette montée. Sur un kilomètre, ma montre annonce +170 mètres. tout va bien !

montée le cade .jpg

Sur la photo de mon collègue, il fait gris. Moi, quand je suis passé c’était les derniers rayons de soleil qui n’étaient pas cachés par les nuages. Cela tapait pas mal. C’était vraiment agréable. Un peu plus haut, je repère un trailer en PLS.. plus précisément en position foetus. Il est complétement KO. Je lui demande si ça va, s’il veut que j’alerte les prochains bénévoles croisés. Il me répond d’un voix plutôt en forme : « Ca va Ca va. Je me pose juste quelques minutes ». Je continue. J’espère que pour lui cela va aller.

Km 46. 

La montée continue dans un sous-bois. Il y a beaucoup de feuilles par terre. Il y a pas mal de bogues de châtaigniers aussi. On se croirait en octobre. Le temps se couvre. Le vent s’intensifie. Il commence à bruiner. Des vrais conditions de trail.

Montée hard Sous bois

Km 47.

Je sors du sous-bois. Et la face à moi. Du maquis.. que du maquis.. Le balisage accroché à celui-ci dépasse légèrement. Il n’y a plus vraiment de chemin. c’est à travers le maquis. Tout droit. En montée. Belle originalité. Le vent souffle à fond. C’est assourdissant. Mon coupe vent n’est plus étanche. Je commence à être trempé. Je lève les yeux. Entre deux nuages qui passent par là, je distingue des ruines, sur lesquelles il y a un balisage. D’accord. Ok. C’est là qu’il faut aller.

montée maquis

Les derniers mètres de cette montée sont très difficiles. C’est plus de l’escalade que de la course. Pour la première fois, j’ai besoin de l’aide de mes mains pour grimper. Et quand tu utilises tes mains, il y a que deux possibilités : soit t’es au bout de ta life. Soit c’est que le % est élevé. Là, heureusement pour moi, c’est juste le % qui est élevé.

En haut, je m’arrête 5 secondes, je regarde derrière mois. Un trailer est entrain de se bouffer la montée. Autour de moins un paysage sensationnel. Je respire et je repars. Ca c’est fait. Maintenant, il reste 10 km et presque sans aucune montée. Il va falloir courir. Ca va être de plus en plus compliqué.

reste 10 km

(Désolé pour le doigt. Le reporter trailer devait être fatigué). 

Km 48 – 50. 

Je suis tout seul. Je galère un peu à suivre les points oranges sur la route. Je cours. Je ne fais plus que ça. Je sais que si je veux que ça s’arrête, je ferai mieux de me dépêcher. Les crampes ne sont pas loin. Je sens des petites décharges se déclencher. Ca picote. Je suis alerté.

A un moment, le tracé quitte la route pour couper dans un champ. Je me demande quel est mon classement. Je pense être dans les 70 / 80 premiers. En regardant l’herbe devant moi, je vois que peu de coureurs sont passés. Elle est encore assez droite. Pas de chemin totalement tracé. Je commence à être conscient que je dois être pas trop mal classé.

 

Ravito N°3 : Nozière – Km 51 – Pas de pointage. 

Décidément, je suis complètement largué. Pour moi, c’était fini. Plus de ravitaillement avant la fin. Tant mieux. Un peu d’eau je prends. Et c’est reparti.

Km 52.

Je commence à divaguer un peu. J’ai l’impression de me perdre tout le temps. Je cherche les points oranges et les rubans. Plus que 4 kilomètres. Je tourne en 6 min du kilomètre. Petit calcul.. d’ici 25 minutes. C’est fini.

Je pense à mon papi. Je lui parle à haute voix. Je me sens bien. J’ai l’impression qu’il est là. Je lui parle. Il m’encourage. Je tiens bon. Sans cette discussion, je pense que j’aurai fini tranquillement en marchant.

Km 53.

Le coureur qui avait des crampes à la sortie du deuxième ravitaillement me dépassent comme une fusée. Je lui dis « Second souffle ? ». Il me répond « En descente ça va ». Costaud le mec !

J’entends au loin la sono de l’arrivée. Ca sent la fin. C’est bon ça.

Km 55.

J’ai mal. J’ai un peu ralenti. Je tiens au mental. Les jambes n’y sont plus. Je continue à courir car je sais que c’est bientôt terminé. Un coureur me rattrape dans une petite montée. Il me dit : « Aller. Viens. Accroche toi ! ». Son allure est bien meilleure que la mienne. Je m’accroche 500 mètres. Je le lâche dans un descente. Il envoie dur pour un 56ème kilomètre.

Un peu plus loin, je vois ce même coureur se planter de chemin. Je l’appelle. Il fait demi-tour. Dernière petite descente. On rejoins la route. Un bénévole nous annonce 600 mètres pour finir. Nous traversons le pont en parlant. Il a fait cette course il y a onze ans. Il est un peu déçu de son temps. (LOL).

Nous remontons dans Désaignes. Les passants applaudissent. C’est bon ! Je reconnais au loin la place. Je relance avec mon compagnon de fin de course. Dernier tournant vers la droite. 50 mètres avant l’arrivée j’accélère. Aller. Pim Pam Pouuuuum. Je balance un « tout-petit » 3 6 d’arrivée !

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Distance : 56.9 km

Dénivelé : 2400 m D+

Temps de course : 06 h 14 min 41 sec. 

Allure moyenne : 8.16 km/h.

Classement général : 26ème. 

Classement dans ma catégorie (Senior Homme) : 12ème.

Pas plus de fatigue que ça à l’arrivée. Je fonce vers le PC de course pour demander mon classement. Le temps réel n’est pas encore prêt mais le mec me dit que je dois être 26 / 27 ème. Je n’arrive pas à y croire. C’est incroyable pour moi. J’ai toujours imaginé les gens qui finissent dans les 60 premiers comme des GRANDS TARES. Est-ce que je suis un GRAND TARE ?! Je crois bien.

Je dois attendre mon collégue maintenant. D’après mes calculs, j’ai 2h30 ou 3h à attendre. Je vais m’occuper. Je pars dans l’école. Un bénévole me prête un chargeur. Cela me permet de recharger mon téléphone. Après un peu de partage Facebook, sms, Instagram je commence à avoir ultra faim. Je pars dans le coin repas. Il pleut. J’ai froid ! Sous la tente il fait bon. Je récupère deux patates chaudes et du boeuf à la broche. Je m’installe dans la grande salle.

1 espace repas.jpg

J’aurai bien aimé vous partager la photo de mon repas, mais mon appétit a été plus rapide.

1 repas vite avalé

J’attends au chaud encore une heure. 30 minutes avant l’arrivée probable de mon collègue, je repars vers l’arrivée. Je m’installe, bière à la main et j’applaudis les coureurs qui arrivent. Au bout d’un moment, j’ai froid. Je pars faire la course en sens inverse pour le trouver. Je l’attends en bas de la dernière descente avant l’entrée de Desaignes. Le voilà… Hiiiiiiha ! On finit ensemble. A la cool. Il est bien cassé. Mais il l’a fait. Passage par l’arche. Une petite photo de la feuille de résultat (incroyable… je suis sur la première feuille… c’est dingue !).

1 page de resultat

En repartant, nous croisons Emmanuel Gault et Sylvaine Cussot, respectivement 3ème homme et 2ème femme. Nous les félicitons. Ils nous remercient. Sylvaine nous demande si pour nous cela s’est bien passé. Je réponds  » Je termine 12 minutes derrière toi.. donc pas trop mal 😉 « . J’aurais bien aimé courir avec elle, cela m’aurait beaucoup motivé. A l’EcoTrail, elle était 30 minutes devant. Cette fois 12 minutes. Dans ma tête, lors de la prochaine course, forcément, je vais la croiser.

Maintenant, RDV en juin au Trail du Mont d’Or (@Métabief) – En septembre, la CCC – En octobre, la Diagonale des fous et en décembre pour bien terminer la SaintéLyon. Mais bon, tout ça cela ne sera pas avec mes petites Salomon SpeedCross 4… Elles ont comment dire… pris cher !!

1 chaussure morte

En attendant. C’est recup. Et ça commence par un gros DO MAC !!

1 gros do mac.jpg

Casquettement Verte, la bise !

 

 

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