Récit EcoTrail de Paris 2017 (80 km – 1500 m D+) par Casquette Verte. 7 h 44 min 36 sec / 91ème au général.

Ils ne savaient pas que c’était impossible… alors ils l’ont fait. J’adore cette citation de Mark Twain. Elle résume bien ma course. Ce n’était pas prévu dans mes plans. Ce n’était pas prévisible. Oui. Je connaissais mes capacités, mais je ne pensais pas pouvoir réussir à les mettre en application sur 80 km. Plus qu’une course pour moi. Une réalisation en soit. Je n’ai pas l’impression d’avoir réussi. J’ai simplement la sensation d’avoir réaliser ; et c’est bon. C’est si bon !

 

  • Vendredi 17 mars – Matin.

Je suis en congés. Je veux faire une grasse matinée jusqu’à 11 h / 12 h pour être au top demain. Malheureusement, mon cycle de sommeil professionnel m’ouvre les yeux  à 07 h 20. L’heure à laquelle mon réveil sonne habituellement. Je traine un peu dans mon lit.

11 h je sors du lit. Petite douche. Je pars prendre un vélib direction la porte de versailles. 45 minutes de vélib me feront tourner un peu les jambes. N’ayant pas couru depuis 3 jours, j’ai des fourmis dans les cuisses. J’ai la semelle qui titille. J’ai les mollets qui sonnent le tocsin. Je suis prêt.

unnamed.png

Arrivé au salon. Comme d’habitude, c’est blindé de fournisseurs de prospectus qui te sautent dessus. L’un me vante une randonnée dans le Berrichon, l’autre des coachs sportifs pour devenir « baraque » comme il dit.. super ciblage les gars.. vraiment..

unnamed-2.png

J’entre dans le salon. La moyenne d’âge ambiante me rappelle que retraité.. ça semble très très très chiant. Ca déambule dans les allées. Je souhaite essayer des vêtements de course en prévision de la CCC et de la diagonale. Contrairement à l’année dernière, malheureusement, il y a peu de stands de Running / Trail. C’est dommage. Je pense que cela n’a pas du très bien fonctionner l’an passé et que les exposants ont préféré ne pas revenir.

Je récupère mon dossard auprès d’un bénévole très sympa. Petit point bénévole sur les salons : Je ne sais pas qui sont ces personnes. Quelle est leur histoire. Quelle est leur vie. S’ils font ça pour s’occuper ou pour arrondir leur fin de mois (ce qui serait étrange pour des bénévoles). Mais par contre, ce que je sais, c’est que je n’ai jamais vu des personnes aussi souriantes et sympas dans un boulot aussi chiant et répétitif. Félicitations à eux.

unnamed-2

Je continue à flaner dans les allées du salon. Je repère au loin une grosse barde perchée à 1 m 80 du sol. Une casquette noire visée sur le crâne. Je l’ai reconnu. C’est bien Yoann Stuck (http://www.anotherlife.fr). Yoann est un vrai champion qui a fait 2ème l’an dernier sur l’EcoTrail. J’ai couru avec lui il y a quelques mois lors du Town To Trail parisien. J’avais un peu discuter avec lui. Je me demande s’il va me reconnaitre. Je l’aborde, et à priori, il ne me reconnait pas. Je me dis que c’est normal. Nous devons être des centaines chaque jour à lui échanger quelques banalités sur son état de forme. Yoann, très sympa comme à chaque fois, partage quelques mots avec moi. Je lui dis que c’est dommage qu’il ne puisse pas courir cette année. Il me souhaite bon courage pour la mienne. Pour lui c’est pas grand chose.. pour moi, je me sens adoubé. Cela me motive énormément. On fait un petit Boomerang Instagram et je repars du salon.

unnamed-4.png

L’après-midi, comme avant chaque course, je prépare mes petites affaires. Mieux que le carré Hermés. Mieux que la mosaïque. Mieux que le patchwork.. Voilà mon beau petit carré d’affaires de trail. Je me rends compte que course après course, je m’habille et m’alimente de manière légèrement différente. J’affine avec mes expériences de course. Bon.. je transporte encore ma maison à tous les trails, mais on est passé d’un 350 m2 à un grand loft de 70 m2. C’est pas encore le T2 ou le studio.. mais on y est presque.

unnamed-3.jpg

 

  • Samedi 18 mars – Matin de course. 

7 h. Le réveil sonne. Je n’ai aucun mal à me lever. Je file dans la cuisine. Non, je ne me prépare pas un bol de kellogs.. Non, je ne me sers pas un grand verre de jus d’orange.. Non, je ne sors pas la confiture et les tartines.. Ce matin c’est grosse assiette de riz. YOU -PI. Bon entre nous, c’est spécial à 7 h du matin. Ca réveille. Mais ça reste spécial.

unnamed-5

Je finis de rassembler mes affaires. Je vérifie que je n’ai pas oublié l’essentiel. Caleçon de course. Chaussettes. Chaussures. Sac de course. Le plus important y est. Je m’imagine pendant une seconde avoir oublié mon short. Je serai obligé de courir en caleçon. Et bien franchement. Je le ferai s’il le fallait.

unnamed-6.png

J’ai rendez-vous avec un collègue à Reuilly Diderot pour 9h. J’ai 15 minutes d’avance en arrivant. Mon train arrivant sur le quai, je le repère assis. Il est en avance lui aussi. Serions-nous un peu stressé et impatient ? Oui. Clairement. Mais nous faisons comme si tout est normal. Nous sortons à Gare de Lyon et traversons la Seine pour rejoindre la Gare d’Austerlitz. Au loin sur la droite, la tour Eiffel. A tout à l’heure ma belle.

En attendant le RER. Nous entamons notre traditionnel thé d’avant course. Cela devient presque un grigri. Si on ne le faisait pas, je pense que je ne serais pas totalement rassuré dans l’avant course.

unnamed-4.jpg

Nous montons dans le RER C. Un message de la SCNF souhaite « Bon courage aux coureurs de l’EcoTrail de Paris ».. c’est sympa. Ca change du « Le traffic est interrompu sur la ligne.. » (c’est facile).

Pour ceux qui ne l’ont jamais vécu, l’EcoTrail commence réellement dans le wagon du RER C. Imaginez un RER remplis de trailers qui partent pour l’échafaud. C’est une ambiance très étrange. Chacun s’observe. Tout le monde regarde sur les affaires des autres s’il n’a rien oublié. « Oh, regarde. Il a réussi à accrocher son porte-déchet sur son sac. Pas mal sa méthode. Je vais l’imiter ».

unnamed-6

Je prends mes aises. Mes petits pieds ont bien le droit de respirer vu ce que je vais leur mettre aujourd’hui.

unnamed-5.jpg

 

Depuis 3 jours, je pisse a peu près toutes les 5 minutes (ok.. j’exagère un chouilla). C’est ça de boire des litres et des litres de flottes ainsi que du malto en quantité industrielle.

Mon collègue et moi n’en pouvant plus dans le RER. Tous les stratagèmes sont bons pour oublier nos envies pressantes. Trop tard. Nous sommes dans un cas de force majeure là.  Nous envisageons de descendre sur le quai rapidement à une prochaine station. Un CHI FU MI en un point gagnant s’organise entre nous deux pour savoir qui aura le droit de se libérer en premier et qui devra tenir la porte. CHI FU MI … Lui : Feuille .. Moi : Feuille .. L’envie de pisser s’accentue. La tension monte. L’importance d’un CHI FU MI n’a jamais été aussi forte dans l’histoire de ce jeu. CHI FU MI… Lui : Feuile .. Moi : Ciseau.. C’est quiiiiiiii le PATRON ?! Il hurle de désespoir. Nooooooooooooooon. Son cri est terrible. Surtout terriblement drôle. Je lui cède la place le voyant désespéré.

 

  • Saint Quentin en Yvelines. Tout le monde descend.

C’est un vrai raz de marée de trailers qui s’échoue dans cette gare. Du fluo.. de la veste technique.. de la casquette.. des sacs de trail..des shorts et des dossards en veux-tu en voilà !

unnamed-7.jpg

Les rares voyageurs « normaux » sont quelque peu désorientés. J’hésite à m’arrêter pour leur expliquer le pourquoi du comment. Je compatis avec leur curiosité. Ce n’est pas tous les jours qu’on croise une transhumance citadine !

unnamed-9

unnamed-8

 

  • Nous montons dans les bus.

Ca y est. Nous y sommes. Ca sent le trailer encore propre. Les regards se croisent. Le rire est là.. toujours présent. Quelques avis sur la météo et sur le terrain s’échangent. Un trailer s’assoie à côté de moi : « Casquette Verte ? ». C’est la première fois que quelqu’un me reconnait IRL (In Real Life). C’est super sympa. On parle sur le trajet. Il me demande des nouvelles de mon genou. Je lui en donne. On parle ensuite de mon expérience sur cette course l’an passé (c’est son premier ecotrail). Nous nous séparons en descendant du bus. Je lui souhaite bonne course. J’espère que cela va bien se passer pour lui.

 

  • Arrivée à la base de loisirs de Saint Quentin en Yvelines. 

Comme l’an dernier, je suis mort de rire en voyant le spectacle des trailers-pisseurs. Chacun son arbre. Pas de jaloux. Une vrai forêt de mecs debout, les jambes légèrement écartées visant le tronc en face d’eux. C’est presque de l’art contemporain quant on regarde de loin. Ok c’est pas super Iso.. ok c’est pas super Eco.. mais qu’est ce que c’est drôle.

unnamed-10

Nous nous installons sur l’herbe pas loin du sas de départ. Je suis encore en « civil ». Je n’aime pas arriver sur un trail déjà prêt. Un bon style de Jacquie. Jogging.. Sweat.. Basket.. Casquette. Ma chérie tu es MA GNI FAI QUE !

unnamed-11.jpg

Nous nous changeons. Je suis mieux organisé que l’an dernier. Une petite bruine et un léger vent souffle. J’aurais peu être du prendre ma veste Gore ou une épaisseur de plus. Tant pis. En courant j’aurais chaud de toute manière. Et si c’est pas le cas, je n’aurais qu’à courir plus vite me dis-je.

Au niveau de mes affaires, je pars avec : (Pour le haut) Triple épaisseur de T shirt. Un manche courte agréable sur la peau en dessous. Un t-shirt manche longue avec des trous pour les pouces au milieu et un t-shirt manche longue classique au dessus. Une veste lègère coupe-vent recouvre le tout. (Pour le bas) Un caleçon Nike Pro Combat et un short avec tissu de compression intégré. Je trouve ça assez agréable en montée quand j’ai les mains sur les cuisses. (Niveau pied) J’ai des chaussettes renforcées et mes Salomon SpeedCross 4. En gros, des cousins dans une pantoufle d’extérieur. (Niveau sac) J’ai mon Salomon S-Lab avec uniquement mes trois gourdes 500 ml, des gels, de la bouffe et le reste du matos obligatoire. Deux buffs au cou et ma casquette verte viennent complétés mon équipement.

unnamed-12

 

  • Dans le SAS de départ. 

Je me dépêche de déposer mon sac. Je veux absolument être dans les 300 / 400 premiers sur la ligne de départ pour éviter les bouchons. Nous discutons avec les trailers autour de nous. C’est la première fois pour vous ? D’autres courses de prévues dans l’année ? C’est quoi ton objectif ? Mais, en fait tu as quel âge ? .. Cette question sur mon âge revient à chaque fois. Je sais que je fais jeune. Mais j’ai l’impression que cela ne passe pas inaperçu dans le milieu du trail. A chaque fois que je parle avec un trailer dans la moyenne d’âge classique (40 / 50 ans), il me dit que  » cela fait jeune quand même » ..  » Comme le trail change avec les années.. il y a de plus en plus de jeunes ».. Et à chaque fois, je ressens une crainte, presque un dégout d’être remplacer petit à petit par la génération qui arrive.. qui pousse.. qui prend un plus de place de jour en jour. Qui, en réalité, prend sa place ! Vous inquiétiez pas. Nous les jeunes.. nous sommes les vieux de demain 😉

Sur les objectifs, j’explique vouloir faire simplement moins de 10 h pour être content. J’ai peur que mon genou droit me lache. D’où cette retenue dans mon objectif.

unnamed-13

Je vise les temps de passage suivants aux ravitos :

  • Ravito 1 : Km 22 – Buc = 2 h 20 min
  • Ravito 2 : Km 45 – Meudon = 5 h 06 min
  • Ravito 3 : Km 55 – Chaville = 6 h 20 min
  • Ravito 5 : Km 67 – Domaine national de Saint-Cloud = 8 h 10 min
  • Arrivée : 1er étage de la Tour Eiffel = Objectif moins de 10 h !

C’est pas dégueu.. C’est pas foufou.. c’est modéré dirais-je.

 

  • 12 h 15 : La course démarre.

Vive le champ de patates. Les 500 premiers mètres sont clairement les plus dangereux de tout le parcours. Je suis sûr qu’il y a des personnes qui se blessent dessus. Le terrain est atroce. Cela part très vite. Il y a beaucoup de monde. Il faut être bien concentré pour surveiller les personnes autour de soi, ainsi que le sol sur les 50 cm devant. Mes appuis sont bons. Je ne ressens aucune douleur. Mes chaussures sont parfaitement lassées. Pas de jeu sur les petites courbatures. Juste assez pour que la cheville ne prennent pas trop cher.

Je double pas mal de coureurs. En doublant un petit groupe je les entends dire : » Oulaaaa, ça part fort cette année. D’habitude on ne se fait pas doubler sur le départ.. ». Je regarde ma montre. Je suis en 4 min 30 du kilomètre. Je me dis que c’est l’effervescence du départ. Je ne ralentis pas pour un fois. Je profite. Je dois être dans les 300 premiers.

Nous longeons le lac. Je prends le temps de regarder le paysage. C’est plutôt sympa cette base de loisirs. Ayant beaucoup péché étant plus jeune, je repère quelques coins qui pourraient être poissonneux. Pas le temps de penser aux carnassiers.. je retourne dans ma course. Je cours un peu plus vite que les personnes qui m’entourent. Je double pas mal sur les 5 premiers kilomètres.

Nous passons maintenant juste à côté du parcours de golf. Le pratice est remplis de balles de golf. Je pense au mec qui doit ramasser les balles. Pas cool. Sans trop m’en rendre compte j’avance encore vite. Je tourne en 4 min 30 / 4 min 40 du km. Je remarque la différence par rapport à l’année passée. J’ai de l’espace pour courir. Ce n’est pas le flot de coureurs qui se trouve à l’arrière du SAS de départ. C’est agréable.

Je trouve un petit groupe de 4 / 5 trailers qui avancent bien et qui doublent pas mal de coureurs. Je m’incruste dans le groupe. Je suis de près un gars en T-shirt + short avec une chevelure à la Gustavo Kuerten entourée d’un Buff. Ces jambes sont super affutées. Il semble très à l’aise. Je prends son aspiration jusqu’à la fin de la base de loisirs. Je ressens pour la première fois une ambiance de course que je n’ai jamais connue. Je crois que ça s’appelle « La compétition ». D’habitude, cela ne gène personne que je me mette dans les mollets. Là, je sens que ça le gène. J’ai limite l’impression de le faire chier. Pour m’excuser, je le double et prends le relais. Il tient mes mollets. C’est ma façon de m’excuser.

Première petite montée en direction du vélodrome. L’an dernier, j’avais marché à ce moment là. Cette année, je passe le monticule sans freiner. Ca passe tout seul. Comme sur le plat. J’ai acquis de l’expérience en course. Je le ressens. C’est très cool. Comme l’an dernier, j’applaudis la petite fanfare en face du vélodrome. Ce n’est pas le concert de muse.. mais ça reste fort sympathique.

 

Il y a peu de supporters sur les bords du chemin en ce début de course. C’est dommage. C’est si sympa d’être applaudi et encouragé. Je continue à bonne vitesse. Nous sommes au kilomètre 15. Je fais un check-up de mon état. J’ai l’impression d’être très frais et d’être parti il y a à peine 10 minutes. Mon genou ne me fait pas souffrir. Mon dos est ok. Mes pieds sont à bonne température. Tout est parfait. Je commence juste à avoir un peu chaud. Finalement, j’ai bien fait de ne pas prendre ma veste en plus.

J’ai peu de souvenirs de mon début de course. Je me rappelle que je me disais de ne pas me cramer non plus.. qu’au premier ravito, il y aurait encore 60 km derrière. J’hésite entre deux stratégies de course : (1) M’économiser jusqu’au km 50 et envoyer ce qui me reste sur les 30 derniers. (2) Envoyer au max tout le temps.. et me donner comme objectif le prochain ravito à chaque fois.

Je reconnais le tracé du dernier kilomètre avant BUC. On surplombe la ville. Ce passage est très agréable. On a le ravito en point de mire. Les supporters sont présents. Dans la ligne droite au dessus du cimétère des photographes sont postés en hauteur. Etonnement, ils ne prennent pas de photos.. ils applaudissent. Dans le virage sur la gauche, au fond de la ligne droite, il y a pas mal de monde. Pour la première fois, je ressens une différence dans les applaudissements. Nous ne sommes pas applaudis de la même manière à l’avant de la course. Je suis habitué à des applaudissement de soutien. Pas à des applaudissements de respect. Là ce sont plus des « Bravo pour la performance » que des « Tiens bon mon gars ». Cela me galvanise. Je viens taper dans les mains de quelques enfants sur le bord du chemin. J’adore ça.

 

  • 1er ravito : BUC – ECOLE PRE SAINT JEAN : 22.9 km.

Temps de course = 1 h 48 min 27 secondes. / Classement = 158ème au général. 

Je regarde ma montre. J’ai 30 minutes d’avance sur mon objectif. Je le sais. Je suis parti très vite. J’ai peur de le payer plus tard (mais je m’en fou). Je me sens super en forme. Je ne connais pas mon classement. Je pense être entre 250 et 400 ème. Le peu de monde au ravito me fait dire que je dois pas être trop mal.

Je me dépêche de remplir mes gourdes. Pas très pratique de tenter de remplir des flasques flexibles avec des bidons rigides de 8 L qui ont un gouleau de 10 cm de large. J’ai les mains et les manches trempées. Tant pis. Je passe rapidement au ravito alimentaire. Il y a du fromage .. Hiiiiiiiiiiiiiiha ! Je demande au bénévole s’il a de la bière en rigolant. Il me répond d’un air sérieux : »Ah, non désolé. On n’a pas ça. Par contre, on a du rouge derrière si tu veux ?! »… Euh. Non merci. C’est sympa. Je repars. Saucisson, emmental et oranges dans les mains.

Je trottine sur 200 mètres après le ravito pour m’alimenter. J’ai choisi ma stratégie : Viser le prochain ravito sans penser à la suite de la course. Je repars de plus belle. Je double quelques coureurs. Pas des dizaines. Quelques coureurs me doublent. Globalement j’ai un ratio plutôt positif.

J’ai énormément de mal à me rappeler de cette partie de l’Ecotrail. Je suis complètement dans ma course. Dans ma respiration. Dans ma gestion de l’effort. Un vrai tableau de bord sur pâttes. Les indicateurs sont bons. Je continue. J’analyse vite ma situation en terme de ressources : A un moment ou à un autre, je vais manquer d’eau. Je passe en mode cactus.. en mode dromadaire. Quand j’ai soif : pas plus de deux petites gorgées. J’espère que cela va tenir.

On traverse quelques routes. Celles-ci sont sécurisées par des bénévoles super sympas qui nous encouragent. C’est vraiment cool à chaque fois. Je prête attention à tous les remercier. Je remarque que tout le monde ne le fait pas. Mon grand kiffe est de les faire rire. Mon approche est simple : en arrivant, je les remercie et leur souhaite « bon courage » ou « bon samedi » d’une voix sympathique, comme si je les croisais à la boulangerie du coin. Généralement, ils sont étonnés.. hésite 3 secondes.. et répondent « Bon courage à vous surtout ». C’est très con. Mais cela me fait sourire. Cela fait passer le temps. L’interaction humaine est plus rare à l’avant. Il faut bien en trouver là où on peut.

 

  • Vers le kilomètre 35.

Cela fait 13 km que j’ai quitté le dernier ravito. Je n’ai pas arrêté de courir. Le temps commence à être long. Je me retrouve seul assez souvent. C’est très différent de l’an dernier. Quand je double quelqu’un, je le dépose rapidement. Quand quelqu’un me double, il me dépose rapidement. Les états de forme jouent beaucoup. Globalement, je fais la course avec une trentaine de coureurs. On se double et se redouble en boucle en fonction des dénivelés.

Je suis plutôt mauvais dans les descentes. Bon sur les montées. Et très bon sur le plat. Ceux que je double sur le plat, me double sur les descentes. Et les montées font la différence pour mettre de la distance avec les autres. L’esprit de compétition est presque là. Je ne connais pas cette ambiance. Je me surprends à rentrer dans ce petit jeu.

 

  • Km 38.

Une personne de l’organisation remonte le parcours dans le sens inverse. Je l’entends au loin donner des chiffres. 135. 136. à mon passage 137. Je comprends qu’il s’agit du classement. J’hallucine complètement. Je pensais pas du tout être aussi bien au général. Je suis littéralement émerveillé. Quelle performance. Sur les centaines de mètres suivantes, je réfléchis. Je me dis. Wouah. C’est dingue. Je pourrais dire à la fin que j’ai été dans le TOP 150. C’est complètement ouf. Petit à petit, je m’ouvre la porte de l’espoir. Je me dis que si je ne perds pas trop de temps je dois pouvoir faire un TOP 300 à l’arrivée. Cela me motive énormément.

Je double une dizaine de coureurs. Je me mets à compter mon classement à chaque coureurs dépassés. 136. 135. 134. 133. 132. 131. Un me double. je rajoute 1 qui fait 132. Je redouble un autre. J’ôte 1 qui fait 131. J’en double deux. Arrrrrrrgh. Je commence à avoir du mal à gérer ma course, mon état de forme, mon alimentation, mes pensées et le comptage. Je continue le comptage à la grosse.

En haut d’une montée, un trailer en orange me rattrape. On marche quelques mètres. Il me dit : « C’est toi Casquette Verte ? » .. Ahah. C’est définitivment étrange d’être reconnu en course. C’est vraiment super sympa par contre. Ca ouvre la discussion. Il m’a dit être tombé sur mon blog via twitter. On parle un peu. C’est très cool. Ca fait passer le temps. Je le quitte en espérant le recroiser un peu plus loin.

J’arrive au kilomètre 40. L’an dernier j’avais quitté mon collègue à cet endroit. J’étais parti comme un fou pour rattraper mon retard. Cette année, j’ai plus d’1h30 d’avance sur mon temps de passage. J’en reviens pas. Je marche sur le pont qui traverse une voie rapide. Deux coureurs me doublent. Merde. Mon classement. Je repars. Je suis complétement pris au jeu du classement et de la compétition.

 

  • Km 41.

PA TA TRA. Première fois que cela m’arrive en course. Une énorme crampe se déclenche dans mon mollet gauche. Visuellement, c’est pas beau à voir. C’est clairement difforme.

J’ai cherché une photo sur internet pour illustrer (ATTENTION AME SENSIBLE !! SCROOOOOOLLEZ !!).

A gauche une illustration de mon mollet normal. A droite, ce à quoi il ressemblait.

7aa064c51d1d7d16bdf7621ca941ab13.jpg

 

Je m’arrete. Impossible de courir. Impossible même de marcher. Pendant 10 secondes, je me dis que tout est fini. J’hurle un gros PUTIN DE BORDEL DE MERDE D’ENCULE DE SA MERE SA SOEUR LA PUTE (désolé 😀 ). C’est pas poli. Mais ça fait du bien. Je pense de suite à revoir ma stratégie. Bon.. le classement, on oublie. Le temps, on oublie. On va tenter d’aller au prochain ravito et on voit après ce qu’on fait.

Je me masse. Mon muscle reprend petit à petit ça forme initial. Elephant mollet redevient mollet. J’ai bien flippé. Je repars tout doucement. Les décharges électriques dans le mollet sont présentes. En courant très lentement ça passe. J’équilibre en forçant sur la jambe droite. Cela fonctionne. J’ai perdu en allure, mais cela fonctionne.

J’ai bu toute l’eau que j’avais. Je sais que c’est le seul moyen pour que la crampe passe. Mais maintenant il me reste 4 kilomètres à faire et je n’ai plus de flotte. Le mental prend le relais du corps. J’y vais. Coute que coute. Cela doit passer. J’ai pas le choix.

Je redouble la quinzaine de coureurs qui m’ont dépassé pendant mon arrêt. J’en double même quelques uns en plus. J’y recrois. Et VLAN ! Deux kilomètres plus loin. Deuxième série de crampes. C’est le retour de Tchernobyl mollet. Je m’arrête à nouveau. Pour la première fois, je me dis que je risque de ne pas aller au bout. Si mon mollet se creuse tous les km jusqu’à la fin. J’ai 36 crampes qui m’attendent. Cela ne me ravit pas. Je m’insulte intérieurement.

Au loin un enfant avec sa maman me voit souffrir. Je l’entends dire « Maman.. Regarde le monsieur. Il a mal. Tu penses qu’il va abandonner ? ». La mère ne répond pas. Je relève la tête dans leur direction. Mon regard est celui d’un homme qui ne veut pas montrer qu’il a mal.. mais cela se voit quand même. Le petit me dit « Faut pas abandonner m’sieur. Faut pas abandonner !  » Je sers les dents. Ferme les yeux. Je repars en boitant. Merci gamin !!

 

Le kilomètre qui me sépare du ravitaillement est le pire de toute la course. Une seule chose me fait positiver. La bas, il y a de l’eau. Tiens bon. Comme d’habitude, je fais le con en arrivant au ravito. J’aime ça. J’ai réussi à les faire sourire. Cela me fait du bien.

Capture d’écran 2017-03-19 à 19.41.22.png

Capture d’écran 2017-03-19 à 19.41.59.png

Capture d’écran 2017-03-19 à 19.42.18.png

 

  • 2ème ravito : MEUDON – CHATEAU SAINT PHILIPPE : 46 km.

Temps de course = 4 h 08 min 21 secondes. / Classement = 118ème au général. 

Les jeunes qui s’occupent du ravito sont géniaux. Ils nous sautent dessus pour prendre nos gourdes et les remplir. Je leur donne mes gourdes. Pendant qu’ils les remplissent, je me tourne vers un autre qui a une carafe à la main. Je le regarde l’air de dire « Je vais te demander quelque chose de bizarre.. mais je te promets que c’est pour mon bien.. ». Je tends ma main vers sa carafe. Je lui lance un « Je peux ? ». Il me regarde dans les yeux.. il a compris. Il me dit « Allez-y monsieur ! ». Merci. Je prends la carafe et je bois un un bon 3/4 de litre cul sec. Le BON-HEUR. Je repars.

Je me rappelle bien de cette partie du parcours. On longe des murs dans un sens puis dans l’autre, et il y a aussi quelques belles montées. Si les crampes ne reviennent pas. Je peux tenir à bonne vitesse jusqu’au prochain ravito.

Les 3 premiers kilomètres sont difficiles. Je prends des décharges électriques dans le mollet gauche me disant « Attention gars.. tu vas trop vite.. si tu accélères je transforme ton mollet en steak trop cuit ». Je négocie avec les crampes. « Vous êtes encerclées.. sortez les bras en l’air.. nous pouvons discuter.. si vous me laissez aller à cette vitesse et longtemps.. promis je n’accélère pas ». Je ruse avec elles. Cela fonctionne. A force d’avoir compensé sur ma jambe droite, je commence à sentir les crampes venir de l’autre côté. Mais bordel. Mettez vous d’accord les gars.

Je revois au loin le trailer en orange qui m’avait reconnu. Je me rappelais pas qu’il m’avait redoublé. Il a l’air dans le malus. Je passe à côté de lui. Il s’alimente. Il me dit être dans le dur. Je l’encourage et lui dit un Tiens bon. Moi cela va mieux. Je me dis que c’est la loi. Chacun son tour de moins bien. Mon temps arrivera bien assez tot.

  • A peu près au km 54.

Sur les 7 km depuis le dernier ravito, j’ai trouvé un équilibre dans ma course pour ne plus avoir de crampes. Je n’envoie pas au maximum, mais j’avance bien. J’ai redoublé des trailers. Et pas que des personnes arrêtées. Je sais que je suis vraiment à l’avant de la course, car je commence à croiser des trailers sans sacs. Uniquement des ceintures à bidons. Les tarés. Je ne sais pas comment ils font. Ca doit être mieux puisqu’ils sont devant. Faudra que j’essaie un jour.

J’ai complètement arrêté de compter mon classement depuis 10 km. Je pense être entre 105 et 140. J’aimerais bien que quelqu’un me dise où j’en suis. Le ravito est proche. 700 mètres à faire. Un long faux plat suivi d’une belle montée. C’est tout droit. J’arrive à voir 7 ou 8 trailers devant. Ca fait bien longtemps que j’en ai pas vu autant d’un coup. Les supporters sont présents. Les crampes reviennent. Elles m’électrisent. Je sursaute. Voir cela devait être bien marrant. Les encouragements me poussent à aller au bout. Je continue à courir dans toute la montée. Je commence à adorer ces encouragements d’un genre nouveau pour moi. C’est galvanisant. L’impression d’être vraiment pas loin des premiers.

Juste avant le ravito, un organisateur donne le classement. 94. 95. 96 ! Au putin. Trop cool. Je suis dans le TOP 100 à l’arrivée d’un ravito ! YALLA j’ai envie de dire. Je pourrais le marquer dans mon CV. Puis, mon esprit de compétition reprend le dessus. Je suis au km 58. Il en reste 22. J’ai fait des dizaines de fois 22 km à l’entrainement. Je connais par coeur cette distance. Je dois pouvoir tenir. Et si cela tient, cela veut dire TOP 150 minimum à l’arrivée. Cela peut le faire.

Comme d’habitude, je fais le con en arrivant au ravito.. En vérité, j’ai le regard fixé sur les bonbonnes d’eau présentes dans le ravito.

Capture d’écran 2017-03-19 à 19.44.07.png

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.44.23

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.44.42

 

  • 3ème ravito : CHAVILLE – PARC MARE ADAM : 57.8 km.

Temps de course = 5 h 16 min 58 secondes. / Classement = 96ème au général. 

Je fonce sur les bonbonnes d’eau. Dans un geste d’une élégance canine, j’ouvre un robinet et glisse ma bouche en dessous. Gluuuurp Gluuuurp Gluuuurp.. Je pense avoir encore bu 3/4 de litre cul sec. Que cela fait du bien.

Dans la montée qui précéde le ravito, j’avais repéré au loin le trailer avec les cheveux de Gustavo Kuerten. Celui avec qui j’avais couru au tout début de la course. Il a l’air un peu plus fatigué qu’au départ. Je le regarde et lui dit : »Ca va être dure les 10 derniers sur le bitume pour finir ». Il me regarde et me réponds « Tu rigoles ? On va enfin pouvoir accélérer. ».. O-KEY..Mec.. faisons comme ça. Je me demande si je suis vraiment à ma place. Autour de moi une dizaine de trailers. Que des machines bâties comme des athlètes. J’ai l’impression de faire touriste. Mais peu importe. Je suis là. Ca doit vouloir dire que oui, je suis à ma place.

Je repars du ravitaillement. Pour la première fois, je regarde derrière mois pour compter le nombre de trailers. Je commence à penser au résultat. J’ai l’image dans la tête d’une échappée dans le tour de france. 100 fois je me vois devant la télé dire au coureur : « Mais regarde pas derrière !! Ils vont te rattraper. Avance bordel ». Cette phrase résonne en moi. Je repars de plus belle.

J’ai peu de souvenirs des 12 km jusqu’au ravito du parc de saint cloud. Je me rappelle juste avoir remarqué que le parcours à changer. On se fait un peu plus balader dans le parc. C’est pas plus mal. Je suis venu m’entrainer ici il y a 1 mois et demi. Je connais presque tous les chemins. J’adore ce tronçon. Beaucoup de navigation en sous bois et les quelques lignes droites sont belles. Il fait encore super jour. Je n’ai pas besoin de ma frontale cette année. Elle aura fait le voyage pour rien. Tant mieux.

J’adore la dernière montée avant le ravitaillement du parc de Saint Cloup. Un tout droit en pente. Je la monte en courant. Les jambes sont à nouveau là. Je prends une ou deux décharges électriques sur le haut de la montée, mais les supporters présents me motivent à fond. Je sens que je peux réaliser quelque chose d’impensable pour moi. La façon dont les bénévoles et supporters applaudissent et encouragent est fabuleuse. J’ai l’impression d’être un athlète. C’est kiffant.

Pour changer, je fais l’idiot en passant l’entrée du ravito.

Capture d’écran 2017-03-19 à 19.46.42.png

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.47.00

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.47.18

 

  • 4ème et dernier ravito : DOMAINE NATIONAL DE SAINT CLOUD : 69.5 km.

Temps de course = 6 h 36 min 03 secondes. / Classement = 90 ème au général. 

Je ne perds pas de temps dans le ravitaillement. Je remplis mes gourdes. Fonce chercher des pâtes de fruits.. oh. Tiens du fromage. Et c’est du comté en plus. GAVAGE !!! Je repars.

En sortant du ravitaillement, je pars avec un autre coureur. Les crampes semblent l’attaquer sévère. Son coach sportif est à côté de lui. Je lui demande notre classement. Il me dit 88 ou 89. A ce moment là, par réflexe, je regarde derrière moi. Je compte au moins 7 trailers au ravito. Va falloir tenir. Je repars comme un guedin.

Sur les chemins qui me font sortir du parc de Saint Cloud je commence à me parler à moi même. Depuis 15 km, je me retrouve souvent seul. Personne devant. Personne derrière. Je suis obligé de me concentrer pour suivre les rubans qui balisent le parcours. La nuit tombe. Ma vue est très fatiguée. Cela commence à être difficile physiquement. Sur tout le tracé, je me suis très peu arrêté et je n’ai quasiment pas marché. Je pense que sur les 6 h 45 derrière moi, j’ai du bien courir pendant 6 h 25. Ca fait pas mal pas quand même. Mais au fond de moi, je le sais. Je ne dois absolument pas craquer si je veux taper un TOP 100. J’ai peur que des tarés du finish me rattrapent sur le bitume.

En sortant du parc. Je suis complètement déboussolé. Pas de supporters. Pas de bénévoles. J’ai du mal à trouver mon chemin. La folie commence à monter en moi. Vas y mon grand. Réfléchis pas. Avance. Ca peut le faire. Fonce.

Je descends l’escalier à gauche du pont pour rejoindre les quais. J’insulte les marches (et m’excuse auprès d’elles). Tout cela à haute voix. Les personnes (normales) autour ne comprennent pas. Pas le temps d’expliquer que je cours depuis 70 km et que « oui, j’ai de bonnes raisons pour en vouloir à ces marches ».

J’entame les quais. Je connais par coeur cette portion. Je vois un trailer au loin. Je le rattrape. Nous courrons un peu ensemble. J’ouvre la conversation. Il sourit et prononce des phrases courtes. Nous ne dialoguerons pas beaucoup. Nous espérons juste que nous n’allons pas devoir monter la dernière difficulté dans Issy-Les-Moulineaux. Pas de bol, en arrivant à son niveau, le bénévole qui nous fait traverser nous lance un sympathique « C’est en face. Là. Là où ça grimpe. » EN-JOY.

Je me lance dans la montée. Je la monte moitié en courant, moitié à marche rapide. Je suis à l’aise. Enfin, j’ai mal de partout musculérement parlant. Mais la tête est là. Au top. Elle tient bon. Elle guide mes pas. Je commence à y croire de plus en plus. Il doit me rester 7 ou 8 km.

Tout en bas de la descente, avant de rejoindre les quais, un collègue du boulot m’attend. Il m’avait dit qu’il serait peu être là. C’est super cool. J’y croyais pas vu l’heure. Il est avec ses potes. Je lui tape dans la main en courant et je lui dis un « Je m’arrête pas hein… ». Il court avec moi pendant 700 mètres. Un vrai bonheur. Cela fait du bien de parler. Je rigole un peu avec lui. Je lui parle de la bière que je vais boire après. On parle de notre collègue qui est toujours en course et loin derrière. Il m’encourage. Me donne mon classement et me dit que certains trailers qu’il a vu passer avant paraissent moins en forme que moi. Cela me motive. J’apprendrais plus tard, qu’en réalité pendant notre conversation je tenais des propres presque incohérents.. J’ai posé 4 fois la même question à 30 secondes d’intervalle. Bref.. mieux que l’escatasy.. le trail ;).

Mon ami me quitte. Je traverse un pont pour rejoindre l’ile juste à côte de Boulogne. Il fait nuit. Je regarde au loin derrière moi. Pas de trailer. Je file. Je me retrouve sur l’ile. Ce n’est pas éclairé. La nuit est sombre. Je vois très mal. Et en plus ça sent l’animal.. je suspecte la présence de canassons dans le coin. Je manque de me perdre trois ou quatre fois. Je m’énerve un peu. Je reviens à la raison en me disant que de toute façon c’est forcement tout droit pour sortir de l’ile. Je repère un trailer au loin devant. Cool. C’est le bon chemin.

En sortant de l’ile. Quelqu’un me saute dessus. « Il est làààààààà. Boucheix ! ».. Un camarade d’école de commerce me saute dessus. Il a vu le LiveTrail passé sur Facebook, et habitant pas loin il a décidé de passer me voir. Il a l’air super content pour moi. Ca me fait du bien de le voir. On discute pas mal sur le chemin. Je commence à pousser des cris de douleur. Les muscles se figent. Il est mort de rire. Cela me fait rire aussi. On parle boulot. C’est sympa. Je pense que j’ai pas du être très cohérent dans mes propos mais ça m’a fait du bien. En me quittant juste après microsoft, il me lance un « T’es un champion ! Lache rien ! ». Ces paroles résonnent dans ma tête. Je continue.

Je tiens la corde à 50 mètres d’un trailer qui me précède. Cela dure 1km. Au niveau de Beaugrenelle. Je craque un peu. J’ai besoin de marcher. Je marche. Je me fais rattraper par un trailer. Un second. Puis un troisième. Celui-ci ralentit et me dit.. « Aller repart ! C’est pas fini. Tu peux le faire.. Aller ! Repart !  » Il m’a chauffé. Je repars dans la douleur mais je repars. Je me mets dans ses mollets. Cela fonctionne. On fait bien 2 kilomètres ensemble. On parle de tout et de rien en rapport avec la course. C’est sympa. Il me largue dans la montée du pont de la maison de la radio. Je le remercie. Il me dit de tenir en s’éloignant.

Sur le pont, je regarde derrière moi. Deux frontales sont à 100 mètres. Bordel. Cela ne s’arrêtera donc jamais. Ca serait trop con de ne pas terminer dans le TOP 100 à cause des 2 derniers kilomètres. Je tiens. Les douleurs sont terribles. Le mental a pris complètement la main sur le corps. Je pourrais avoir une jambe en moins, je courrais quand même.

Je travers l’ile à la petite statue de la liberté assez rapidement. Je gravis les marches pour atteindre le pont de Bir-Hakeim. La tour Eiffel est grande maintenant. J’y suis ! Je plonge sur les quais. 300 mètres plus loin, les touristes applaudissent. Quel kiffe. Ca sent les crêpes. Je remonte les escaliers à droite pour atteindre le pont. Beaucoup de supporters. Cela fait du bien. Je traverse comme un fou la route. C’est le bordel absolu entre les touristes, les taxis, les vendeurs à la sauvette et les coureurs. Les bravos.. les applaudissements sont dingues. Petit passage sur le champ de mars. Les encouragements sont hallucinants. Mes crampes reviennent. Je beugle littéralement. Quel moment de fou.

Au pied de la tour Effeil, je rencontre LA PREMIERE FLAQUE inévitable de toute la course. Osef, je passe complètement dedans. Je suis bien éclaboussé. Limite ça fait du bien. Dernier virage sur la droite. Beaucoup de supporters. Je tape quelques mains. C’est le kiffe.

Je prends mon ticket pour la montée. Et là, je me dis. Putin ! Je suis en train de le faire. Je fais le TOP 100 d’une grande course. Je fais le TOP 100 de l’ECOTRAIL DE PARIS.. C’est fou ! Je suis au bord des larmes de joie. Deux trailers devant moi.. un trailer derrière.. je reprends mes esprits. Aller, plus qu’un étage à monter. On craque pas.

Impossible de monter en courant cette année. Je vais au plus vite que je peux. Mon regard se perd dans l’enchevêtrement de metal au dessus de ma tete. Je vise le premier plafond.. je vise l’arrivée.

Capture d’écran 2017-03-19 à 19.49.32.png

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.50.23

Petit regard vers le bas.. « Je suis suivi.. c’est pas le moment de lâcher mon coco ! » Je repars nez dans les marches.

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.50.42

Ayé. J’y suis ! Je l’ai fait.

Un tapis rouge. Une arrivée. Je me remets à courir. Et c’est maintenant une tradition. Je balance mon 360 d’arrivée. HiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiHAAAAAAAAA ! C’est fait !

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.53.15

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.53.30

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.53.45

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.53.55

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.54.11

Capture d_écran 2017-03-19 à 19.54.27

Capture d’écran 2017-03-19 à 22.56.29.png

Ps : La bouche ouverte sur la dernière, c’est la crampe dans la jambe gauche qui s’exprime à la réception. Hashtag un amour de crampe.

  • Résultat de ma course : 

Distance : 80.4 km

Temps de course : 07 h 44 min 36 sec. 

Allure moyenne : 10.38 km/h.

Classement général : 91ème. 

Classement homme : 88ème. 

Classement dans ma catégorie (Senior Homme) : 47ème. 

Je m’approche de la dame aux médailles. Je suis bien déboussolé. Voir, complètement désorienté. Elle me tend la médaille. Comme un idiot, je tente de la prendre à la main. Elle me fait un signe de la tête « Non.. Non.. mon petit.. Ta tête idiot .. pas tes mains.. ». Je souris niaisement. Lui tend ma tête. Elle y glisse la médaille, me félicite et me prend par le bras. Un vrai petit tuteur. Elle me demande plusieurs fois si cela va. Je pense que je devais avoir l’air bien bien atteint. Elle m’amène à la remise de T-shirt. Me redemande si ça va. Je la rassure avec une blague « Comme une samedi soir à Paris ». Elle me re-félicite et repart à sa remise de médaille. Merci madame pour votre bienveillance.

Je regarde l’écran. 91 ème… INCROYABLE !!! Je laisse mes bras tomber sur le bord de mes jambes. Ma tête se penche vers l’arrière. J’ouvre la bouche l’air de faire un Huuuum. Je suis là, bouche ouverte, vers le ciel, regardant la Tour Eiffel au dessus de moi. Je suis bien. Incroyablement bien. Je m’assois par terre. J’ai besoin de faire le point. Une bénévole vient me voir. Ca va ? Tu veux quelque chose à boire ? Je lui demande de l’eau. Elle est super sympa. Elle prends ma gourde et va la remplir pour moi. Franchement, être devant, ça a des avantages ! Merci madame.

Je reste un moment par terre. Un photographe ou journaliste (j’ai pas pris le temps de lui demander sa carte figurez-vous ^^) d’Endurance Trail Mag (http://www.trails-endurance.com) me demande s’il peut faire un portrait. Mais.. tellement mon gars.. Je kiffe ce moment.. Tu fais ce que tu veux ! Je tente de sourire. Mais je suis trop épuisé. Elle va être belle cette photo ^^. Il me demande une phrase pour décrire la course.. Je suis complètement perdu.. Je dis ce qui me passe par la tête « C’est parti super vite.. cette course est vraiment incroyablement roulante ! On peut courir sur 80 km c’est dingo. Ah oui.. Merci aux bénévoles. » Ca n’a aucun sens.. mais c’est tout ce que j’arrivais à penser à ce moment là.

Je me rassoie. Le trailer qui m’avait reconnu pendant la course vient d’arriver. On débrief notre course. C’est cool. C’est son premier EcoTrail. Il a fait un temps canon ! C’est très prometteur pour lui. On fait un selfie (d’ailleurs si tu lis ces quelques lignes, je le veux bien 😉 ). On se relève. Je pars prendre de l’eau. Et là, je me rends compte qu’il y a de la bière.. DIRECT MON GARS !! Remplis moi la gourde. Je pars prendre ma petite photo pour instagram et je demande à un autre trailer de me prendre en photo.

unnamed-17.jpg

17353671_10155223326168987_6914499905619172325_n

Je commence à avoir froid.. très froid.. mais j’ai ma bière donc ça va. Je file dans l’ascenseur. L’ascenseur le plus drôle de toute l’année. Mettez sur le monument le plus connu au monde un groupe de touristes joyeux de découvrir Paris et un groupe de trailers crampés. Faites les monter dans le même ascenseur et observez. Mieux que la gène dans un ascenseur. L’incompréhension totale. Les touristes ne comprennent pas. C’est qui ces mecs en fluo qui puent ? Les agents de Tour Eiffel sont obligés d’expliquer ce qui se passe aujourd’hui dans pleins de langues différentes. C’est vraiment drôle comme moment.

unnamed-14

Je ressors de la tour Eiffel. Mes jambes commencent à refroidir. La marche est de plus en plus difficile. J’ai terriblement froid. Mon corps tremble dans tous les sens. Il faut marcher 400 mètres pour aller chercher nos sacs et se mettre au chaud. C’est l’ENFER ! Les vendeurs ambulants auraient du choper le filon et vendre des plaides ce soir là. Il y en quand même un qui m’a proposé d’acheter un laser tour Eiffel qui clignote. Toi. Mais alors toi. T’es un champion. Un champion du monde. Tu as bien ciblé ta clientèle. C’est tout à fait le moment. Figure toi que j’en ai rêvé toute la journée. C’est exactement ce qu’il me faut. Là. Maintenant… Un laser tour eiffel .. ALLO !! Je le suspecte d’être cousin avec le distributeur de prospectus de l’entrée du salon vendredi.

Sur le chemin. Je me dis qu’en octobre pour la diagonale des fous. Il faudra tout simplement repartir dans l’autre sens, faire les 80 km.. en rajouter 10 de plus.. et 8700 m de D+.. FA-CILE. FITN (Fingers in the nose). En faisant le point sur mon état. Mentalement, ça va super bien. Physiquement, je suis encore capable de courir. Cela me donne de l’espoir pour octobre 🙂

Je récupère mon sac, et je file dans les vestiaires pour me changer. J’entre dans le vestiaire. C’est un HAMAAAAAAAM là dedans. Déjà, va y que tout le monde se trimballe à poil. A la limite, ça, ok. J’accepte. Mais la chaleur là dedans. Pas tenable. Je décide d’enfiler mon jogging et mon pull sur mes affaires sales et je file. Petite bière à l’extérieur. Je consulte mon téléphone. Réponds aux messages de félicitations. Ca fait du bien.

unnamed-7.png

unnamed-8.png

 

Je pars manger un morceau. Les pâtes bien chaudes avec un kilo de parmesan passent crème. Et en plus il y a du flan. C’est ça que c’est bon ! (Ok.. Sur la photo, ça fais pas rêver. Mais en vrai c’était très bon. Et puis quand tu as couru 80 km. Des pâtes.. c’est de pâtes.. Un flan c’est un flan.. Du brie c’est du brie..

unnamed-15.jpg

En attendant mon collègue qui est encore loin (pas encore à St Cloud), je discute avec Arnaud, rencontré à ma table. Il a un dossard doré. Cela veut dire qu’il a fait tous les EcoTrail de Paris depuis la création de la course. Il les a tous terminés. Lui et son camarade (rencontré pendant la course après 20 ans sans se croiser.. improbable mais vrai) me pose la traditionnelle question : »Mais tu as quel âge ? ». Je leur donne mon âge. 25 ans. Le regard est paternel. Je leur donne mon classement du jour. 91ème. Le regard est différent. Je parle pendant une heure avec Arnaud. C’est très intéressant. Il a fait 3 fois l’UTMB, a participé à presque toutes les courses les plus emblématiques. C’est une source de motivation. Il me glisse un beau défis pour les années à venir. UT4M. Cher Arnaud. Promis, j’y irai.

unnamed-16.jpg

 

Vers 00h. Je ressors. J’écoute le message de mon collègue sur mon téléphone. Il me l’a laissé juste après avoir vu que j’étais arrivé. « Alex… Je viens de voir ton temps. Espèce de gros **** 7 h 44 .. mais t’es un ouf. Mais t’es un ouff quoi. Je suis même pas au 55ème moi. Bon aller bise. Tu m’attends. Tu me gardes une bière ».. ahahahahahahaha. Je suis mort de rire. Et dire que c’est lui qui m’a mis à la course. Il y a deux ans, je galerais à tenir son allure sur 5 km. Les temps changent 😉 Merci RONI !

Je pars en direction de la tour eiffel pour l’accueillir. Je félicite les trailers qui arrivent. Certains sont vraiment dans des états assez critiques. C’est sympa à voir. 00h25. Je vois celui qui m’a reconnu dans le bus. Il a l’air au bout de lui même. Il me dit qu’il a vomi ses tripes, que c’était l’enfer. Je suis heureux pour lui. Il est allé au bout. Félicitations gars. 00h42. Je repère au loin la foulée de RONI. Il l’a fait. YALLA ! Je le félicite et lui dis de manière arrogante de « se grouiller un peu quand même ».

La tour eiffel s’éteint. Et vient plonger dans le royaume de la nuit cette belle journée. Je suis très très très fier de ma performance. J’y aurais jamais cru. J’ai un peu du mal à y croire encore. Un TOP 100 sur une course comme l’écotrail c’est incroyable pour moi. Cela me fait beaucoup réfléchir maintenant. Qu’est ce que je dois faire ? Laisser cette performance tout en haut et ralentir un peu l’entrainement. Ou tenter de continuer à progresser quitte à échouer. C’est ma crainte du lendemain. Est-ce que je vais encore réussir à progresser ? … 24 h plus tard. J’ai déjà résonné. Je préfère avoir des remords que des regrets. OBJECTIF : FAIRE MIEUX. FAIRE PLUS. Qui ne tente rien n’a rien. Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors, ils l’ont FAIT ! 

 

Maintenant repos pendant quelques jours. On se retrouve sur le marathon de Paris tranquillou dans 3 semaines.

Casquettement Verte. La bise. 

 

Publicités

J – 7 avant mon EcoTrail 2017 (80 km – 1500 D+) : Objectif – de 10 h !

Vendredi qui vient : c’est récupération des dossards pour l’EcoTrail de Paris 80 km. J’ai envie de dire : EN…FIIIIIIIIIIIIIIIIIIN ! C’est pas trop tôt. Un peu plus de 3 mois sans course officielle. Je commençais à trouver le temps long.

ImgTrace25794

Bon, par contre, je n’ai vraiment, mais alors vraiment pas l’impression de me lancer dans un 80 km samedi prochain. En plus, connaissant le salon où l’on récupère les dossards, je sais que cela ne va pas me mettre dans l’ambiance. Vous savez, cette étrange ambiance qui précède les courses. Pesante.. Présente.. Latente.. cette tendre pression qui monte lentement. Cette sensation d’y être.. Mais pas encore. L’interdiction de décevoir rodant dans l’arrière de nos pensées. Toutes ces émotions que l’on rencontre lors des salons d’avant course (style Templiers ou SaintéLyon). Et bien là. Je sais que rien de tout cela n’arrivera avant d’être dans le RER C, le matin de la course, entouré de centaines de trailers. Tous, un peu surpris de devoir se lancer.

denivele_80km-001.jpg

Je ne dis pas que je préfère, ou que j’aime lorsque je suis conditionné à l’avance. C’est juste une sensation différente. Cette fois, mon corps ne va pas être prévenu de ce qui va lui arriver. J’ai un peu l’impression qu’il va se faire piéger. Je vais lui mettre tarif. Sans l’avoir prévenu. Sans round d’observation. Pas de sommation.. BAM.. tu l’as voulu.. t’y voilà ! Aaaaaaaaaaah.. ça va être bien !

MES OBJECTIFS POUR CETTE ANNEE :

Depuis avril dernier, je n’ai cessé de m’entrainer. J’ai beau chercher dans le grand répertoire de mes souvenirs.. je crois bien qu’il n’y a pas une semaine passée sans courir.

 

Avec le recul, c’est plutôt pas mal quand même. Ca fait un sacré nombre d’heures chaussures de course aux pieds. C’est limite impressionnant.. voir flippant.. bon.. surtout flippant !

Je suis assez surpris par moi même à vrai dire. J’ai enchainé les Templiers fin octobre, puis la SaintéLyon début décembre. Et depuis, pas tellement de repos. Une fin d’année 2016 régulière et un plongeon dans 2017 solide ! Du repos ? Maintenant ? Là tout de suite ?… Etrangement mon corps n’en demande pas. On verra en mai.

Quand l’été fut venu.. Le trailer… Se trouva fort dépourvu… lorsque la fatigue apparut..

Ne fablons pas de malheur ! Je croise les doigts ! Ca va tenir ! Tranquille ! Je m’en donne les moyens.

Depuis ces deux courses qui ont clôturé 2016 en beauté, j’additionne un entretien physique (hors course) assez fréquent et un entraînement Running/Trail sérieux. A raison de 4 sorties par semaine et de bonnes grosses sessions de gainage, je me conditionne comme il le faut.

Résultat de l’opération : Physiquement, je suis prêt. Je ressens à chaque foulée le dynamisme de mes jambes. C’est assez étonnant comme sensation ! L’impression qu’à tout moment, je peux me lancer, sans calcul, dans une course sans fin.. vers l’infini.. C’est apaisant. Rassurant. Motivant.. de savoir que dans mon équation je n’ai plus tellement d’inconnu !

Si tout était parfait, cela serait trop simple… Il me faut bien de quoi râler.. de quoi m’autocritiquer pour m’améliorer.. ainsi.. et sans exagération aucune, je me trouve certainement un peu trop lourd. C’est pas bien méchant. Simplement deux, trois kilos de trop. Rien de dingue ! Ok. Mais deux ou trois kilos, rapportés à 80 km ça fait des dégâts. Je sais d’avance qu’ils vont me faire souffrir sur les 20 derniers kilomètres du parcours. Je vais me les trainer. Sur mes genoux et mes cuisses ils vont nonchalamment s’appuyer. Peu importe. Ca m’apprendra à ne pas contrôler mes pulsions boulimiques.

L’année passée, j’avais relié la ligne d’arrivée en 10 h 18 min et 25 secondes. C’était ma 1ère participation. Je m’en étais plutôt pas trop mal sorti. J’ai le souvenir d’avoir fait les 40 premiers kilomètres avec un collègue. Je m’étais économisé en restant à son rythme. A mi-course, je m’étais lancé réellement, sans retenu. Remontant les coureurs me devançant. A bloc. Jusqu’au bout. Une sacrée deuxième partie de course avalée en 4h 50 min sur 40 km.

Capture d’écran 2017-03-11 à 12.09.49.png

Ma stratégie est différente cette année. « Assez rapide » mais surtout « constant » sont les deux maitres mots. Cette année mon objectif est « simple » : Faire mieux que l’an dernier et atteindre le 1er étage de la Tour Eiffel en MOINS DE 10 H. C’est réalisable. C’est atteignable. Uniquement si je me concentre sur ma course.. Si je ne laisse pas les douleurs physiques prendre le dessus sur le mental et surtout si je ne cours pas en fonction des personnes qui m’entourent. ALLER… on y croit. Ca peut le faire !

Je vise les temps de passage suivants aux ravitos :

  • Ravito 1 : Km 22 – Buc = 2 h 20 min
  • Ravito 2 : Km 45 – Meudon = 5 h 06 min
  • Ravito 3 : Km 55 – Chaville = 6 h 20 min
  • Ravito 5 : Km 67 – Domaine national de Saint-Cloud = 8 h 10 min
  • Arrivée : 1er étage de la Tour Eiffel = Objectif moins de 10 h ! 

L’autre objectif : NE PAS SE BLESSER ! D’autres courses arrivent à pas de géant. A commencer par le marathon de Paris, dans 3 semaines. Je ne voudrais pas m’en priver pour quelques secondes bêtement grappillées. Donc performance OUI.. mais sécurité avant tout.

Pour me suivre en live cela se passe ICI>> http://ecotrail.livetrail.net

  • Coureur : BOUCHEIX
  • Dossard : 110

Capture d’écran 2017-03-11 à 12.18.59.png

Casquettement Verte ! La bise.

 

 

 

Casquette Verte au rendez-vous de la Diagonale des fous 2017 (167 km / 9700m D+) – Grand Raid de la Réunion.

Petit message pour annoncer une nouvelle pleine de fooooooolie ! Je ne m’y attendais pas.. Je ne pensais pas que dès la première tentative cela marcherait.. Je n’ai jamais eu tellement de chances aux tirages au sort.. mais la nouvelle est belle est bien tombée à 11 h 30, heure de la métropole :

J’AI … ETE … TIRE … AU SORT … pour la DIAGONALE DES FOUS 2017 !!!

Capture d’écran 2017-03-06 à 20.44.27.png

Je vais pas vous mentir. Je vais pas me la jouer : « Ok. C’est bien. Mais il va falloir beaucoup de travail maintenant ».. Je suis juste tellement.. mais tellement HEUREUX ! Je suis littéralement SUREXCITE ! C’est complètement dingue. Je n’y crois toujours pas. Mais pourtant si. C’est fait. Ce 19 octobre, je me lance dans le Grand Raid de La Réunion. Incroyable ^^

Capture d_écran 2017-03-06 à 20.44.52

Bon. Ok. Je suis un peu en avance sur mon calendrier. C’était mon objectif 2018 (voir l’article Objectif Diagonale des fous 2018…) pas 2017. Mais attendre encore une année de plus, ça aurait été trop simple.. ou plutôt trop compliqué.. trop calculé.. trop sage.. pas assez imprévisible.. trop linéaire !

Capture d_écran 2017-03-06 à 20.47.40

En m’inscrivant à l’édition de cette année, j’ai voulu sortir de ma zone de confort. Celle-ci même dans laquelle je commençais à lentement me reposer. J’ai voulu rompre le sort de la monotonie. Briser les cycles. Me mettre en danger. J’ai voulu ajouter un peu de folie pour avancer. Une pincée de culot, d’audace et beaucoup de motivation. Voilà ce qu’il me fallait ! Ca y est ! C’est fait. Dans 7 mois, j’y serai ! C’est complètement fou ^^ Il va me falloir quelques jours pour redescendre sur terre ! Avec Thomas Pesquet, nous sommes maintenant deux français en orbite ! Houuuuston .. We got le Grand Raid 😀

75584_10155173536618987_9184541676566368688_n.jpg

Je vais partager ici ma prépa’ physique.. mentale.. mes moments de doutes.. de certitudes.. La découverte de cette aventure qui me tend les bras. C’est parti pour quelques mois fantastiques. Ca va être bien. Ca va être très bien !

Vous pouvez aussi suivre mon aventure sur :

-> Mon Instagram : @Cheixbou

-> Mon Twitter : @a_bchx

-> Ma page Facebook : @Casquette Verte

En attendant, pour ceux qui ne connaissent pas et qui ont un peu de temps (1 h) devant eux : La Diagonale des fous, ça ressemble à ça :

Casquettement Verte ! Bise.