Bref. J’ai couru la SaintéLyon 2016. Récit de course.

Bref. L’avant course c’est déjà la SaintéLyon.

  • Samedi 12:24. @Gare de Lyon à Paris. 

Je sors tranquillement du métro. Je porte mon sac lourd sur l’épaule gauche. Celui-ci me pèse. Il est rempli de toutes mes petites affaires que j’ai sérieusement préparées hier soir. Ma bouteille de Malto à la main, je monte les escalators centraux de la gare. J’aperçois les trains au départ. La course approche. Je rejoins un collègue au Montreux Jazz Café. Nous prenons un thé. C’est devenu une tradition avant chaque SaintéLyon.

 

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Nous nous dirigeons vers le train. Nos craintes s’expriment « Tu vois, moi ce qui me fait vraiment peur c’est le tronçon entre le deuxième et le troisième ravito ». Une femme, dernière nous, nous écoute. Elle s’immisce dans la conversation « Vous faites la SaintéLyon ? ». « Oui et vous ? ». « Oui, en relais ». Après quelques échanges, nous nous séparons. J’adore cette sensation lorsque je suis à Paris et que je croise un ou une traiteur/traileuse qui se lance dans la même aventure à des centaines de kilomètres de là. Je me sens moins seul. Je me sens moins fou.

Dans le train, mon grand jeu est de deviner qui participe à l’épreuve et quel temps il va faire. Lui, là bas, en jogging c’est un Solo 72. Ses joues creuses et ses cuisses fines laissent à penser qu’il va faire autour de 9 h. Les deux filles dans le fond du wagon qui rigolent, elles se sont des relais. Elles font fuir leurs doutes en vérifiant que l’organisation d’avant course qu’elles ont scrupuleusement mise en place suit parfaitement son rail. Le train avance. Nous rigolons. Ca chambre. Un de mes trois collègues participe à sa première SaintéLyon. Son stress me rappelle ma première SaintéLyon. Se lancer dans l’inconnu. Prendre toutes les informations de ceux qui ont vécu cette course pour minimiser le doute. Ses yeux sont ouverts. C’est une éponge qui absorbe toutes les informations. Je pourrais lui faire croire que dans la nuit, nous allons devoir traverser une rivière avec de l’eau à mi-cuisse, mais que cela ne sera pas le pire du trajet. Il me croirait. J’espère qu’il va terminer.

 

  • Samedi 14:56. @Gare de Lyon Part Dieu.

Nous sortons de la Gare. Les quelques marches qui descendent vers le métro nous laissent deviner la foule de trailers qui tentent d’acheter des tickets de Métro pour tous lyonnais. Des vendeurs à la sauvette ont monté un petit business. Etant donné, qu’il y a 5 minutes de queue pour utiliser les automates et que tout le monde à la flemme, ils vendent des tickets de métro aux trailers. Le trailer est méfiant. Il prend son mal en patience et utilise l’automate. Dans le métro, arrivés sur le quai, nous ne voyons aucun coureur. C’est étrange.  Nous nous sommes tromper de sens. Changement de quai et c’est reparti.

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Arrivés à la Hall Tony Garnier, l’arche SaintéLyon nous accueille. Au loin, le pont que nous allons devoir parcourir sur les derniers mètres de la course le lendemain. Vivement demain. Nous laissons nos sacs à la consigne.

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Délestés de nos sacs, nous entrons dans le salon. Des stands.. des stands et des stands. Je m’arrête chez CLIFF acheter une barre. White chocolate Macadamia nut, ma préférée. J’en ai déjà une. Mais on ne sait jamais. Je retire mon dossard auprès de deux jeunes femmes. Un petit sourire. Elles me souhaitent bonne course. Je leur souhaite bon courage. Nous récupérons le cadeau SaintéLyon de cette année. Une belle paire de chaussette customisée aux couleurs de la course. Nous traversons les stands des trails. Je regarde les petites pancartes blanches pour repérer des futurs défis. Pas de CCC et pas de Diagonale des fous en vue. En sortant du salon, nous passons à côté de la fameuse arche d’arrivée. Petit selfie oblige.

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Notre ticket pour le bus qui doit nous amener à Saint-Etienne pris, nous ressortons de la Halle. Nous nous dirigeons vers notre repère pré-SaintéLyon. Un restaurant italien qui fait de bonnes pâtes. J’en ai marre de bouffer des pâtes et du riz depuis une semaine. Mais bon c’est la dernière fois. J’y vais avec le sourire. Sur le chemin, nous nous arrêtons faire quelques courses. Saucissons, bouteilles d’eau, Coca, pistaches. Nous sommes équipés. En approchant de notre restaurant, nous remarquons que la devanture à changer. Notre restaurant est devenu un pub anglais. Tant pis pour les pâtes. La tentation de prendre une bière est grande. J’opte pour un diabolo grenadine. Sage décision. Le classico Espagnol Barça/Real et PSG/Montpellier accompagnent les quelques heures qui nous restent avant la course.

 

  • Samedi 19:10. @Abords de la Hall Tony Garnier.

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Nous entrons dans le car qui doit nous déposer à Saint Etienne. Je m’assoie à côté d’une femme qui semble très stressée par la course. Je n’engage pas la conversation car j’ai peur que son stress me contamine. J’ai jusqu’à présent dans cette journée réussi à ne pas penser à mon défis, à mon challenge. Je ne suis pas du tout focalisé. Je garde cet effort mental pour plus tard. Juste avant que le bus ne ferme ses portes, deux femmes devant moi se lèvent et fouillent dans leur sac. L’une s’écrie : »J’étais sûre de les avoir mis là dedans ! ». Elles ont perdu leurs dossards. Elles fouillent et re-fouillent leurs affaires. Pas de traces de dossards. Les portes du bus se ferment. Les gens autour de nous les conseillent. Je regarde sous leur siège, espérant pouvoir leur offrir une solution. Rien. Le bus démarre. Elles crient au chauffeur « Attendez ». Le bus s’arrête au feu rouge. Elles prennent rapidement leurs affaires et descendent. Pour elle, la course a déjà commencé. J’apprendrai plus tard, qu’elles ont bien récupéré leurs dossards. Sympa le coup de stress.

Sur le trajet qui nous amène à Saint Etienne, je ferme les yeux. Je commence doucement à penser à ma course. L’objectif que je me suis fixé est-il atteignable ? Quelle stratégie de course dois-je suivre pour tenir mes délais ? La tension monte. J’adore ce moment. Je fais le tour dans ma tête des quelques pensées que je vais pouvoir explorer quand ça ira mal. Des vacances entre copains en programmation… Les bonnes lignes que je vais pouvoir écrire sur mon blog… cette fille à laquelle je pense beaucoup… bref, pas mal de cartouches pour les moments de doute.

 

  • Samedi 20:28. @Gymnase de Saint Etienne.

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Nous nous installons dans le Hall A. L’ambiance de fin du monde que j’avais découvert l’an passé est toujours là. Des tas de trailers sont à même le sol. Couvertures de survie, tapis de sol, duvets.. tous les moyens sont bons pour trouver un peu de confort. Je prépare mes affaires : Tenue.. ok. Alimentation et électronique dans mes petits sacs de congélation.. ok. Puce LiveTrail.. ok. Profil de course.. ok. Je suis prêt. Il ne reste plus qu’à attendre. Je n’arrive pas à m’endormir. Je pense à la course. Je m’imagine en train de courir. Les quelques souvenirs de segments parcourus l’année précédente me reviennent en tête. Je me vois les parcourir. Je regarde le profil de course qu’un collègue m’a plastifié.

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Je me suis peut-être un peu enflammé sur les temps de passage aux ravitos. Je calcule et recalcule l’allure que je dois tenir sur chaque segment. C’est quand même très rapide. J’ouvre la porte à l’échec de mon défis. Ne pas faire moins de 10 heures ne serait pas dramatique. Je serai déçu bien sûr. Mais ce ne serait fondamentalement pas grave.

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22:40. Le speaker annonce le départ de la course dans une heure. Je me change. J’hésite à prendre mes guêtres. Les annonces météo précédentes prévoient une terre gelée. Je me dis que les portions boueuses seront très rares. Je décide de ne pas les prendre. Je sors du hangar pour vérifier la température. Ca meule sévère ! J’élimine définitivement l’option Short. Ca sera Legging + short fluo en bas. Double manches longues et veste Gore pour le haut. Buff autour du cou. Et bien entendu ma Casquette Verte visée sur la tête.

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Nous sommes à 35 minutes du départ de la première vague. Petit pipi et je laisse mon sac aux transporteurs. Je dis aurevoir à mes collègues. J’espère que la course va bien se passer pour eux. Je pense plus particulièrement à celui qui tente la course pour la première fois. J’espère vraiment qu’il va la finir. Ils me souhaitent bonne chance, me disent de « faire gaffe quand même ». En les quittant, j’en entends un me lancer « Tiens bon. Craque pas ! Tu peux le faire ! ». C’est la première fois, que l’on me souhaite de réussir mon défis et qu’on ne tente pas de me dire de faire attention. Cela me motive. J’arrive dans la ligne droite des SAS.

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Crédit photo : Instagram. @nathanael42

Je me faufille au plus proche de l’arche de départ. Je veux partir dans les premiers SAS pour ne pas être ralenti. Je me fais bloquer à 250 mètres du départ. Impossible d’avancer plus. Je m’arrête. Je gobe ma barre CLIFF. Ca y est. J’y suis. Je suis dans ma course. Je me concentre. Il va falloir courir. Rien que courir. Pas de place au repos. Pas de place à la détente. Je m’apprête à courir moins de 10 h. Ca va être difficile, mais je suis venu pour ça. La fatigue.. ah tu verras.. tu verras.. Les doutes.. ah tu verras.. tu verras.. La course c’est fait pour ça.. tu verras.. tu verras. Je verrais la peur surgir dans la nuit.. Je verrais mes jambes me dire non-merci.. tu verras.. tu verras.. Mes jusqu’au bout j’irai.. tu verras.. tu verras.. au mental, je tiendrai.. tu verras.. tu verras !

Bref. Ma SaintéLyon 2016. C’est partiiiiiiii !

 

  • Samedi 23:51. @Arche de départ. Saint Etienne.

Le départ est donné. Je suis au milieu du SAS. Je surveille mes pieds tout en avançant jusqu’à l’arche de départ. J’ai pris l’habitude de surveiller le sol sur les départs. Tous les sacs, bouteilles et autres déchets qui jonchent le sol sont d’un danger aussi grand que les cailloux que nous allons rencontrés sur les chemins de montagne. Je passe l’arche. Je ne peux pas me lancer à mon rythme sur les premiers 400 mètres. La foule est trop dense. Je tente de me glisser sur le côté pour rentrer dans mon rythme. Je me suis donné 1 h 45 minutes pour faire les 15.6 km qui me séparent du premier ravito. C’est rapide. Peu être un peu trop, mais c’est mon objectif.

Au bout d’un ou deux kilomètres j’entends des groupes de trailers parler entre eux. Je retiens quelques phrases : »J’y suis pas.. Part toute seule.. je vais te ralentir.. » « On part trop vite pour moi là.. je vais devoir freiner.. » « C’est pas super le décor de zone industrielle pour l’instant, mais tu vas voir dans 3/4 kilomètres on sort de tout ça ». Je suis obligé d’écouter les autres, car pour la première fois, je me lance dans un ultra-trail seul. Personne à qui parler. Je vais bien sûr sympathiser avec des inconnus sur le parcours. Mais je vais surtout être seul. Me parler à moi même. Me jauger. Me faire mes propres retours en live. M’analyser. Un gros travail sur moi est en prévision pour les 72 km à venir.

Je me refuse à penser tout de suite aux choses qui me font du bien. Je garde ça pour plus tard. Je remarque qu’en ville, j’adore courir sur les bandes blanches de la route. Lorsqu’elle est continue, je suis un vrai funambule. Lorsqu’elle est pointillée, je deviens un mathématicien qui calcule la foulée parfaite pour faire deux pas sur chaque bande. On s’occupe comme on peu.

Les sept premiers kilomètres se passent bien. Je cours à un bon rythme. Peu à peu, j’ai terriblement froid sur le haut du front. Ayant ma casquette verte et aucun buff à ce niveau là, le froid tape brutalement cette surface. J’ai l’impression d’avoir violemment heurté le bitume de pleine tête. Le froid me brule. Je me concentre pour oublier cette douleur en me disant que cela va passer. J’envisage de m’arrêter pour mettre un buff sous ma casquette. Mais s’arrêter, c’est casser le rythme, c’est perdre du temps. Je continue. Kilomètre 7. Nous quittons la ville pour entrer dans des sous-bois. J’enfile ma frontale. Au bout de quelques minutes, les piles ayant chauffé, mon front ne souffre plus. Joindre l’utile à l’agréable n’a jamais aussi bien fonctionné.

Les premières difficultés commencent. Quelques belles pentes se présentent devant moi. Je les franchis sans problème. Une sale bulle d’air coincée dans le haut de mon estomac me fait cruellement souffrir. Les liens de mon sac qui me serrent à ce niveau ne font qu’accentuer la douleur. Je deserre la tension de mon sac. Cela frotte un peu plus, mais au moins la douleur n’est plus insupportable. Je me concentre sur autre chose pour oublier le mal. Je serre mon poing droit et je régule mon souffle lentement afin que la douleur disparaisse. Cela marche un peu. J’espère que cela ne va pas s’intensifier. Je ne veux pas avoir à m’arrêter pour cela. Mon sac frotte déjà beaucoup et je ne peux pas plus le déserrer.

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Résultat du frottement de mon sac. 

Je me reconcentre sur ma stratégie de course. Quand c’est plat : Tu cours à un bon rythme. Quand ça descend, tu cours vite en faisant gaffe à ne pas tomber. Quand ça monte légèrement : Tu te forces à courir. Quand ça monte un peu plus : Tu passes en marche très rapide. Quand ça monte à bloc : Tu mets les mains sur les cuisses et tu ne t’arrêtes jamais. Ces quelques règles sont maintenant les miennes. Je les respecte.

Dans les premiers sous-bois, je suis étonné de trouver de beaux passages boueux. Le speaker avait annoncé un terrain pas très visqueux. Menteur ! Les milliers de coureurs avant moi ont du malaxer pas mal le sol car la boue est belle et bien là. Sur certain espace, le passage par la case gadoue n’est pas évitable.

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Deux options s’offrent alors. Première option : Suivre la file de coureur et éviter la boue en prenant le dévert et en ralentissant. J’opte pour cette option dans 90 % des cas. Deuxième option : Rien à secouer ! Je passe par la boue en accélérant. J’opte parfois pour cette option, car s’arrêter est plus douloureux que la centaine de mètres à regretter la boue et l’eau dans les chaussures.

 

  • Ravito 1 : Saint-Christo en Jarez : Km 15.6 / Temps de course : 1 h 38 min.

J’arrive au premier ravitaillement. Je sens que je suis sur une meilleure allure que l’an dernier en voyant que beaucoup de relayeurs sont encore là. Je surveille mon objectif sur mon profil plastifié. Je suis dans les temps. J’avais prévu d’être là pour 1 h 45 min. Je monte les quelques marches qui me séparent de l’espace de ravitaillement. Celles-ci sont complètement gelées. Mes Salomon Speedcross 4 glissent comme sur la banquise. Je vais devoir faire attention sur les chemins et en descente par la suite.

Sous le chapiteau, je ne perds pas de temps. J’attrape une bouteille d’eau et je remplis rapidement mes deux bidons. Je repose la bouteille; remercie un bénévole et je file. Sur les 200 mètres de montée sèche après le ravito, je marche rapidement en avalant un gel et une pâte de fruit. A partir de maintenant, ce sera un gel tous les 10 km et 10 minutes avant chaque grosse montée. La bulle d’air dans mon estomac est toujours là. Je la ressens cette coquine. Elle me hante. Je ne la laisse pas prendre les rennes de mon ambition. En faisant un check-up de mes organes, je comprends vite que je n’arriverai pas à m’alimenter avec du salé. La moindre bouchée dans un tuc, un bout de fromage ou du saucisson serait punie par des nausées. Dommage, j’ai dans mon sac 20 petits batons de berger. Ils vont faire la balade jusqu’à Lyon avec moi, mais pas dans moi. Les quelques supporters à la sortie du ravitaillement lancent des « Bravos » « Alleeeez ». Je finis mon gel et je repars en courant.

Les 13 km qui me séparent de Sainte-Catherine ne sont pas les plus difficiles selon moi. Une belle montée au niveau du kilomètre 20 devrait abaisser ma moyenne, mais je dois bien courir sur cette section pour rester dans mon objectif. Je vise 03 h 05 au prochain ravitaillement. Soit 1 h 25 pour faire 13 km. Va falloir ne pas faiblir et envoyer sur le plat.

Dans un descente bitumée avec un beau pourcentage, deux kilomètres après le ravitaillement, j’ai l’impression que mes chaussettes ont glissé dans mes chaussures. J’hésite à m’arrêter pour les remettre. 300 mètres plus loin. En repassant sur un chemin de tracteur.. Spliiiiiiiiiiiiiitche ! Cette sensation de double peau sous mes pieds n’avait pas pour origine la glissade de mes chaussettes. Deux belles ampoules s’étaient formées entre mes gros orteils et leurs voisins ainsi que sur la pliure du gros orteil sur la paume du pied. Pied gauche.. pied droit.. pas de jaloux ! Chacun son ampoule. C’est très douloureux. Elles ont explosé l’une juste après l’autre. Ma montre biiiip le kilomètre 18. Il me reste 64 kilomètres à parcourir et les ampoules que j’ai aux pieds pourraient éclairer Lyon pendant la fête des lumières. Je me force à faire abstraction du mal. Je me concentre sur le halo de lumière que ma frontale forme dans la brume dense. Après quelques minutes, j’ai surmonté la douleur. Cela ne m’empêchera pas de courir sur le reste de la course.

Pendant 5 minutes, je me retrouve à l’avant d’un petit groupe. Je donne le rythme. Je sens que les trailers derrière moi ont accroché mes mollets. Je fais le vide de cette sensation d’être tiré en arrière et j’avance. Ma respiration forme de large nuage de fumée. Signe que le froid est bien présent sur cette portion non abritée. Nous sommes sur une petite route qui remonte. Une flèche indique la sortie de la route pour redescendre dans un chemin. Le trailer qui me suit me double et prend le relai sur les derniers mètres de la route. Il s’engage fort dans la pente à droite. Trop fort. Il est à deux mètres de moi quand son appui gauche glisse. Il se rattrape du droit. Malheureusement, sa vitesse le propulse sur un appui gauche forcé. Ce second appui lui est fatal. Zliiiiiiiiiiiiippe.. Sur le cul ! Je m’arrête pour l’aider à se relever. Ca va aller. Pas de bobos. Je repars devant. Le terrain est complètement gelé. Le froid a fait durcir la boue à tel point qu’en passant dessus la sensation de marcher sur une racine ou sur un caillou apparait. Chaque surface plane et légèrement en pente est devenue un danger. Je ne veux pas me faire mal. Je me concentre d’autant plus sur les 2 / 3 mètres devant moi afin de ne pas glisser.

 

  • Ravito 2 : Sainte-Catherine : Km 28.2 / Temps de course : 3 h 06 min.

En entrant dans le ravito, je commence à comprendre que mon corps s’épuise. Ma concentration et mon discernement ne sont plus parfaits. A force de me concentrer sur le sol devant moi, ma vision à 10 m / 15 mètres n’est plus très bonne. Je m’en rends compte car j’ai du mal à m’orienter dans le ravitaillement. Les panneaux sont pourtant assez grands, mais j’ai du mal. Après tout c’est normal. Je viens de faire 28 km en un peu plus de 3h. Je respecte presque mon objectif temps.

Comme dans le premier ravito, je ne perds pas de temps. Remplissage de bidons. Pas de place au salé. Je vois de beaux bouts de mandarine. Cela me tente bien. J’en prends une grosse poignée que je mange en repartant. L’acide et la fraicheur du fruit sont un délice. J’aurais du en prendre plus.

La portion dans laquelle je m’engage maintenant est celle qui me fait le plus peur sur le papier. Je me suis donné 1 h 55 min pour parcourir les 12 km qui me séparent de Saint Genou. Je pense que la réussite de mon challenge se joue en grande partie maintenant. Soit je tiens mon allure sur cette partie et ça passe. Soit je craque et la fin va être très difficile pour rattraper le temps perdu. Mes craintes sont grandes. D’autant plus que j’ai repéré qu’au km 34 une nouvelle difficulté qui n’était pas présente l’an dernier a été rajoutée. Pas de panique. Je relance plus doucement sans toutefois prendre mon temps.

Les calculs de temps s’arrêtent net sur un petit monotrace à la sortie de Sainte Catherine. Ce chemin étroit légèrement en pente est bordé d’un trou de 2 mètres sur la droite. Le fil barbelé qui arrêterait ma chute ne me rassure pas. L’image du coureur cycliste au tour de France qui est tombé dedans ne fait ni une ni deux dans ma tête. Le sol est complètement givré. J’irai plus vite avec des patins à glace. Je me concentre pour ne pas glisser. Un ESPECE D’ABRUTI me double par la gauche en me donnant un coup d’épaule. Je suis déstabilisé. Mon pied droit glisse vers le trou. Par réflexe, j’attrape du bras gauche un bout d’arbuste qui dépasse de la butée. Pendant un centième de seconde je me vois dans le barbelé. L’arbuste tient. Ouuuuuuf. Je reprends appui et je continue mon chemin.

Sur le faux plat montant entre le km 29 et 34, je me retourne fréquemment pour observer la belle chenille de lumière formée par les coureurs. J’hésite plusieurs fois à m’arrêter pour prendre une photo. C’est tellement beau. C’est tellement unique. J’aimerais tellement que mes amis, ma famille et mes proches puissent voir cela. Pour comprendre. Pour comprendre pourquoi cette course est sans aucun pareil.

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Crédit photo : medias.lequipe.fr

Ce fil de lumière me fait oublier la course. Mes jambes avancent toutes seules. Elles appliquent les règles que je leur ai précédemment fixées. Cette portion est pour mon corps moins difficile que ce que j’attendais.

 

  • Km 34. 3 h 52 min de course. La nouvelle difficulté de la SaintéLyon 2016.

Après quelques centaines de mètres sur un chemin de sous-bois se dresse tout à coup un virage sur la gauche.. droit dans la pente. En arrivant devant, je lève la tête pour regarder au loin. Je n’ai pas plier ma nuque dans cet angle depuis les Templiers. Imaginez une pente en fôret qu’un beau lacet de 1.5km vous ferait éviter et tracez y une droite partant d’un point A jusqu’à un point B 200 mètres plus haut. Vous y êtes. Et bien j’y étais.

Je me lance dans la montée. Depuis les Templiers, j’affectionne de plus en plus le dénivelé positif. Je suis plus performant sur ces portions. Je double énormément de personnes qui pourtant montent bien. Si je continue à m’améliorer sur cette technicité, je pense me faire un maillot blanc à point rouge. Le temps du grimpeur est arrivé. Mains sur les cuisses j’avance droit. Je double. Ma respiration est cadencée mais je ne surventile pas. Je suis très à l’aise. A la mi-montée, j’ai doublé une trentaine de trailers. Sur la droite un poste de secours. Le silence le plus total règne dans la montée. Les arbres ne sont plus éclairés qu’à mi-hauteur par les frontales des coureurs. Si Laz de la Barkley était apparu à ce moment là, cigarette au bec, avec un rire démoniaque cela ne m’aurait pas étonné. Deuxième partie de la montée, j’ai dans mes mollets une quinzaine de trailers qui ont pris mon rythme. Nous doublons le peloton. Je suis très fier d’aussi bien vivre cette difficulté. J’ai l’impression que ce passage va devenir mythique pour la SaintéLyon. J’espère tout du moins un jour, le retrouver.

En 12 minutes, j’ai bouclé l’ascension. Il est temps de relancer. Un beau plat et une grosse descente technique jusqu’à Saint-Genou. Etrangement, je n’ai aucun souvenir de cette partie. Ils ont disparu. Comme-ci rien ne s’était passé sur cette section. Pourtant j’en suis sûr j’ai du réfléchir.. j’ai du souffrir.. j’ai du vivre des sensations.. mais pas de traces dans mon esprit de quoi que ce soit qui sort de l’ordinaire. Un black-out mémoriel sans alcool.. qui l’eut cru venant de moi.

 

  • Ravito 3 : Saint-Genou : Km 40 / Temps de course : 4 h 36 min.

J’avais prévu d’arriver à 5 h du matin à ce ravito pour être dans les temps. J’ai 25 minutes d’avance. Je vais pouvoir me permettre de m’arrêter 4/5 min. Je remplis mes bidons d’eau. Je sors de mon sac de nouveaux gels et des pâtes de fruits afin de les glisser dans des poches plus accessibles. Je profite de ce petit temps d’arrêt pour prendre une photo et un selfie.

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Dans ma tête, les 32 kilomètres qui me séparent de l’arrivée vont être longs, mais bizarrement, j’ai l’impression que le plus dur est fait.

Sac qui me cisaille en place sur le dos. Ampoules sous les pieds. Douleur dans les genoux. Tout le monde est là ? On est reparti. Je me suis donné 1 h 45 min pour effectuer les 12 prochains kilomètres. Ma stratégie de course n’est plus du tout globale. Elle est séquentielle. Je ne pense pas à ce qui va se passer après le prochain ravito. Je me fixe des challenges sur des portions et non globalement. Cela trompe les perceptions de mes organes et je pense que cela me permet d’aller plus vite. Petit à petit la stratégie fait son nid !

En dehors de deux montées, cette portion est plate ou en descente. Je commence à faire dans ma tête la comparaison entre la SaintéLyon et les Templiers. La grande différence est que (ironiquement pour les personnes qui ne font pas de l’ultra) la SaintéLyon est très roulante. On peut globalement courir 80 à 90 % du temps. Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. J’en viens à préférer les montées aux plats et aux descentes. En montée, j’ai l’impression de me reposer. Oui, musculairement cela travaille. Oui, cela tire sur les cuisses. Mais cela n’use pas l’endurance fondamentale. Dans les plats, je m’oblige à envoyer.. dans les descentes : c’est pareil. Mais en plus je dois faire attention. Chaque appui est de plus en plus douloureux avec les kilomètres qui s’accumulent.

Heureusement, avec la fatigue mentale, sur les portions où il faut courir mon cerveau trouve que la solution la plus simple est de me mettre dans les mollets d’autres coureurs. Je m’explique. Dans un ultra, au bout d’un certain moment, je n’arrive plus trop à réfléchir, mon esprit est ailleurs. Je cours à la troisième personne. Je ne cours pas. Mon corps court. Moi je l’observe courir. Pour se faciliter la tache, mon corps se glisse 2 / 3 mètres derrière un autre coureur. Mon regard scrute uniquement ses appuis. Il peut m’arriver de ne pas relever la tête pendant 10 à 15 bonnes minutes. A chaque instant qui passe mon cerveau travaille. Dans le premier quart de seconde, mes yeux identifient si l’appui du coureur qui me précède est bon. S’il est bon, dans le quart de seconde suivant mon cerveau décide de suivre son pas. Si par contre, le message envoyé à mon cerveau est que l’appui n’est pas bon, dans le quart de seconde suivant, je cherche une autre solution plus confortable. Et ce schéma se répète des dizaines de minutes durant. Aaaah la course.. quelle aventure.. quelle découverte.. quelle dynamique de l’esprit pour avancer.. mon cul sur la commode, ouais ! Mon schéma bête et méchant fonctionne bien. Tellement bien, que si je devais vous redessiner tous les mollets que j’ai suivis je pourrais le faire là, maintenant, tout de suite, et je suis sûr que les propriétaires se reconnaitraient.

Petit check-up sur mon état de forme. A part les pépins avec mon sac et mes ampoules, tout fonctionne. Je commence à avoir mal en descente mais c’est tout à fait normal. Je m’imagine pour la première fois atteindre mon objectif moins de 10 h. Je me dis qu’avec le super temps que j’ai fait sur les 47 premiers kilomètres, je ne peux pas, je n’ai pas le droit de m’arrêter. Je pense au film Forest Gump. Lorsque Forest traverse le pays en courant. Il n’a de cesse, à chaque point d’étape, de se dire  » Puisque j’étais déjà aller aussi loin, autant courir jusqu’à …. ». Cette phrase s’incruste en moi. Puisque j’ai aussi bien couru sur les précédents segments, autant courir de même sur les prochains !

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Crédit photo : Film Forest Gump. 

Il n’est pas loin de 05 h 40 du matin, quand je commence à me rendre compte que ma frontale est en fin de vie. Les piles sont usées. La lumière est faible. Je dois redoubler d’efforts pour pouvoir faire les bons choix en descente comme sur le plat. Les coureurs autour de moi sont des vrais phares. A certain moment, les rayons de lumière sont si intenses que j’ai l’impression que c’est une moto qui arrive. J’opte pour la stratégie de rester à proximité d’autres coureurs pour tous les passages techniques quitte à devoir sortir de mon rythme de course en accélérant ou en ralentissant. Je préfère bouleverser mon endurance que me prendre un gadin à cause d’un caillou ou d’une racine mal anticipé.

Je pense être plutôt bien classé. Je dois bien être dans les 2000 premiers. Si je crois cela c’est car je double pas mal de coureurs et je ne me fais doubler que rarement. Les seuls personnes qui me doublent ne portent pas de sacs. Se sont pour la plus part du temps (je l’espère pour mon ego) des relayeurs. Leurs foulées n’est pas celle de quelqu’un qui a 50 bornes dans les pattes. Dès que j’entends « Attention Droite » « A Gauche ». Petit regard dans l’angle mort. Clignotant. Vas-y, passe bonhomme.

En arrivant à Soucieu, sans le savoir, je suis bien dans le TOP 2000. A 20 km de l’arrivée je suis très exactement 851 ème. Mais ça.. Je ne le sais pas encore. Je fais l’idiot. J’espère qu’une caméra filme. C’est le cas.

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  • Ravito 4 : Soucieu en Jarrest : Km 52.2 / Temps de course : 6 h 11 min.

J’ai 40 minutes d’avance sur mon objectif. Je ne suis pas sous pression. Cela va me permettre de continuer sans trop y réfléchir. Dans le gymnase, c’est le même tintouin qu’à chaque ravito. Bouteille d’eau > Bidons > Clémentines et c’est reparti.

En sortant du gymnase, je marche à côté d’un homme d’une bonne quarantaine d’années buvant un thé bien chaud. La fumée sort de son verre. Je lui dis « Ca fait du bien ? ». Il me répond « Un délice ». Nous échangeons sur nos états de forme. RAS. Il me demande si c’est ma première SaintéLyon. Je lui réponds que non, et que c’est étrange pour moi car en 2015 il faisait grand jour lorsque j’en étais au même niveau d’avancée. Je lui fais part de mon objectif moins de 10 h. Il réagit un peu étonné en me disant « Ah, mais là mon garçon, tu es parti pour faire 9h ! ». Intérieurement, je suis très fier. Mais je ne le montre pas. Je feins d’être étonné. Je ne veux pas me résoudre au fait que c’est fait. Que c’est bon. Que la course est déjà terminée. Il me reste 20 kilomètres à parcourir et puisque j’ai aussi bien couru sur les précédents segments, autant courir de même sur les prochains ! Décidément, Forest Gump ne veut pas me lâcher.

Globalement, les 10 km qui me séparent de Chaponost sont plats ou en descente. Merde ! Je vais pouvoir courir. Alors, qu’est ce que je fais ? Ben je cours. Kilomètres après kilomètres, mon esprit divague. Je commence à avoir des hallucinations. Je me surprends plusieurs fois à imaginer sur le chemin ou sur les côtés des animaux. Ah tiens, un renard. Oooh, un sanglier. Ce ne sont que des pierres ou des souches immobiles. Mais mon cerveau n’a plu la force de certifier. Alors, dans ma tête, tous ces animaux, par un gros raccourci synaptique, je les ai croisés.

Devenant gaga, je me force à sortir de ma folie. Pour cela, je m’offre enfin toutes ses pensées que je me suis gardées. Il y en a une qui marche mieux que d’autres. Je pense à une fille. A cette fille. Y penser, c’est me dire un gros truc. Quand je cours, j’aime être sauvé de ma gagaitude par elle. Si je cours, c’est pour qu’elle me sauve. Faut qu’elle fasse que ma course soit supportable. Faut que je ne sois plus déprimé. Faut que je ne sois plus un individu. Je veux qu’elle me sorte de moi. Je veux qu’elle m’enlève de moi. Je veux qu’elle me libère de moi. Je ne veux plus supporter plus rien. C’est elle qui doit me supporter. Je veux qu’elle me fasse un miracle. Je veux qu’elle soit miraculeuse. Faut qu’elle me sorte de moi. Qu’elle me sorte de ma douleur de courir. Malheureusement, sur le long terme, ce n’est pas possible. Personne ne peut me sortir de moi.. et je replonge dans ma folie. Entre temps, j’ai avancé. La stratégie a marché ! Merci miraculeuse.

Avec ses pensées, j’avance. Sur mon visage, mes traits d’habitude si enthousiastes ont été remplacés par ceux de la douleur et de la fatigue. A un croisement de rue, un bénévole lance un « Allez tiens bon. C’est magnifique ce que tu fais ! Bravo. ». Je l’ai entendu 100 fois cette phrase sur tous les trails et courses que j’ai fait. Mais, vraiment je ne m’en lasse pas. Cela me motive. Cela me donne du baume au coeur.. du baume à courir. Je pleurs rarement. Mais lorsque j’entends des phrases comme cela, l’émotion me monte aux yeux et c’est par pure pudeur que je ne verse pas une larme de bonheur.

Ces 10 kilomètres sont passés tout seul. J’approche du ravito. J’ai repéré la caméra. Comme d’habitude je fais le con.

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  • Ravito 5 : Chaponost : Km 61.9 / Temps de course : 7 h 11 min.

J’ai plus d’une heure d’avance sur l’objectif que je m’étais fixé pour ce dernier ravito. Je calcule que je peux faire moins de 9 h en ralentissant un peu. Et si je me chauffe je peux approcher les 08 h 30 min de course à l’arrivée. Pas le temps de finir mes calculs. Bouteilles de Cristaline. Remplissage de bidons. Poignet de clémentines et c’est reparti.

Je me rappelle en détail du dernier segment. C’est parfait. Cela va me permettre de gérer mon effort. Je me dis que je dois pouvoir le faire en courant sans m’arrêter. Je me lance.

A la sortie du ravito, sans discuter je me mets dans les mollets d’un coureur. Il avance bien. Je reste 3 minutes derrière lui. Je sens peu à peu qu’il faiblit. Comme si un accord tacite s’était installé entre nous deux. Je passe devant et je prends mon relais. Nous avançons comme cela pendant 20 minutes. Nous n’avons pas échangé le moindre mot. Le silence valait acceptation. Je prends tes mollets.. tu prends mes mollets et on avance. Nous nous quittons sans avoir échangé un regard. Pourtant, trailisquement parlant, nous avons énormément échangé.

Je suis en bas de la dernière difficulté. La montée de Sainte-Foy. Un beau dénivelé qui ne finit pas, tout bitumé. Je mets mes mains sur les cuisses et je monte droit dedans. Mes mains sont ouvertes sur le dessus de mes cuisses. Mon majeur est posé militairement sur la couture de mon short. A chaque pas, mon majeur frotte de haut en bas, puis de bas en haut cette couture. Plus le frottement est long, plus le dénivelé est fort. J’ai appris à analyser ma montée grâce à ce frottement. C’est presque sexuelle comme sensation. Si l’on faisait des analyses, je suis sûr qu’en montée mon circuit de la récompense fonctionne à plein régime. Et vas y que je t’envoie de la dopamine.

Derrière descente dans le parc avec les structures en bois. Je regarde ma montre, 08 h 14 minutes de course. Si je me dépêche, je dois pouvoir terminer sous les 08 h 30. Traversée des barres d’immeubles. Descente des fameux escaliers qui piquent. Passage au bord du Rhône qui pue. Remontée sur le quai. Panneau indiquant l’entrée dans Lyon. Première traversée de pont. Deuxième traversée de pont. Les émotions commencent à monter. Pas de larmes. Pudeur oblige. Les supporters sont de plus en plus présents. Comme l’an dernier je lance un dernier sprint. Je longe la Halle Tony Garnier. Je ne repère pas la caméra.. dommage j’en avais une bonne à lui montrer.

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J’entre dans la Halle. Les supporters sont présents. Les cris me font du bien. Comme d’habitude, je le sais, sur la ligne, je vais le lancer. Mon beau 3 6 d’arrivée.

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Ayé. Terminé. Je m’effondre sur le tapis bleu. Je suis à genou. Les mains plaquées contre le sol. Ca c’est fait. Je me bascule sur le côté. Je respire. Assis sur le sol. Je veux me souvenir de ce moment. Je prends une photo. J’aimerais sourire plus franchement, mais la fatigue m’en empêche.

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Je suis fier de ce que je viens de réaliser. Mon objectif était de finir en moins de 10h. J’ai réussi. Je l’ai fait ! Avant la course, j’ai un moment pensé que cet objectif était peu être un peu trop dur à atteindre. Je l’ai explosé.

Résultat : 08 h 25 min 13 sec. 

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Classement général : 680 ème. 

Classement dans ma catégorie : Senior Homme : 368 ème. 

Vitesse moyenne de déplacement : 9 km/h.

Allure moyenne de déplacement : 6.5 min/km.

En finissant je me suis dis. Bon l’an prochain, je reviens pas. Cette perf’ je ne pense pas pouvoir l’améliorer. Je préfère rester sur ce bon souvenir. Mais après mon retour à Paris, une bonne nuit de sommeil et un bon grec avalé…

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…après seulement 24 h. Je suis déjà tenté. Je suis déjà tenté d’y retourner. SaintéLyon 2017 à nous deux. Objectif : Faire mieux que 08 h 25 min 13 sec !

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5 réflexions sur “Bref. J’ai couru la SaintéLyon 2016. Récit de course.

  1. Bien beau récit de ton expérience, merci de l’avoir fait partager. Je regarde un peu tes temps et tu as une belle marge de progression devant toi. Avec des temps semi et marathon à 1h47 et 3h50, tu peux viser bien moins sur ta prochaine Sainté (je suis sur que tu guettes déjà les prochaines inscriptions). Si on ronge un peu sur tes soucis d’ampoules, de sac et de bulle à l’estomac, tu peux déjà prévoir 1h de moins pour l’an prochain maintenant que tu as une meilleure idée de tes temps. 7h29 c’est mon temps l’an passé avec un temps de 3h15 au marathon et 1h27 au semi, j’ai donc bon espoir pour toi.
    Et si je vois une casquette verte me doubler l’année prochaine, en espérant ne pas être les yeux rivés sur les mollets, j’espère que tu seras dans tes temps et que tu te feras plaisir.
    (dernier conseil: si tu veux accrocher un temps, place toi dans le premier sas pour éviter la foule, les ralentissements, les ravitos blindés,…)
    (ps: faut vite que tu parles à cette fille!)
    Meilleurs Vœux pour 2017.
    +++XIII+++

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    1. Bonjour XIII. Merci pour tous ces bons conseils ! Je pense effectivement pouvoir encore gagner un peu temps avec une année d’entraînements en plus dans les pâtes.. après tout dépend de la météo. Les deux dernières années étaient très propices à la réalisation de SUPER chrono.. Un peu de neige ou de pluie pourrait pas mal freiner la progression. En tout cas, je note bien de partir dans le premier SAS l’an prochain. Je pense déjà gagner 15 / 20 min comme cela. J’espère t’y retrouver 😉
      Très bonne année 2017 😉

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